Diantre. Encore un coup de morgenstern dans les gencives. J’ai honte de devoir me l’avouer mais j’ai bien l’impression d’être un petit physique. Plus la force d’encaisser des enclumes dans la rate.

Depuis l’enfantement de ce blog et la découverte de ces deux empaffés rachidiens en parka qui osent publier leurs nouvelles gratuitement en ligne, mes post-neurones ont affairé leurs petits doigts boudinés d’orgueil et farfouillé dans ma boîte magique pour un ressortir de la dextre le lapin de l’envie, de l’excitation et de l’expectance. C’est donc après La Lune seule le sait que je me suis lancé à l’assaut du premier roman de Cory Doctorow, Down and Out in the Magic Kingdom.

Et quelle ne fut pas ma surprise: Down and Out a eut exactement le même résultat que Neuromancer, les quasi infranchissables Grandes Dixences de la technologie gibsonienne en moins. Au menu: guilis divers et obscènes, épais épanchement baveux sur le menton, suivi de très près par un assèchement buccal caractéristique de l’excès d’enthousiasme et le besoin de partage, terminé en queue de poisson par l’apparition du syndrome N en public.

On est bien d’accord, l’idée de Singularité était déjà très ancrée dans les classiques de la littérature cyberpunk, mais avec Down and Out j’ai découvert un genre tout à fait nouveau pour moi, plus rafraîchissant qu’une séance de mizugyô ou qu’un cours en braille sur l’usage des ligatures dans LaTeX2e (sic).

Et, on me croira ou non, ce genre aurait même un nom: postcyberpunk, pendant germain gaucho-utopiste du cyberpunk. En survol: les personnages y sont censément plus sociables et socio-conscients que leurs cousins du cyberpunk, et la technologie, plutôt que d’avoir un effet aliénant sur l’individu, y constitue les fondations mêmes de la société (”technology is society“).

Aversion conteuse et défaillance neurale obligent, l’histoire résumée se trouve donc ici (beware: grandioser spoiler ahead).

Sinon pour les courageux: transhumanisme à discrétion. Au plat du jour d’après Chaos:

    Implants cérébraux permettant de communiquer et de se connecter au web par wifi rendant obsolète l’utilisation de terminaux physiques
    Téléphones sub-vocaux
    Economie post-pénurie
    Bornes à backup pour protéger toutes ces données précieuses stockées dans votre rachid
    Pseudo-immortalité et jouvence à la carte grâce au clonage et surtout aux sus-mentionnés backups qui permettent de réinjecter son soi-moi-sous/surmoi dans un corps sur mesure tout frais sorti du four
    Modifications corporelles du tonnerre (doubles articulations, peau métallisée, etc.)
    Passez votre chemin, sonnantes et trébuchantes! Voici venu le temps du Whuffie, monnaie virtuelle basée sur la réputation et l’image de soi qu’ont les autres, consultable en permanence par tout le monde et qui fluctue en fonction des actions d’une personne

Rien à ajouter.

Ende -

C. Doctorow > Down and Out in the Magic Kindgom” /><br />
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Down and Out in the Magic Kingdom
de Cory Doctorow
Éditeur : Tor (5 décembre 2003)
Format : Poche – 208 pages
ISBN : 076530953X

Homepage
Download (le nombre de formats à disposition titille du bout des orteils la réponse à tout)


Mis à jour 20050818 @ 1348

Quelques nouvelles de Doctorow à lire en ligne:

    Beat Me Daddy (Eight to the Bar)
    Visit the Sins
    0wnz0red
    Truncat
    Liberation Spectrum
    Anda’s game
    i, robot
    Unwirer (avec Charles Stross)
    Jury Service (avec Charles Stross)

sans oublier ce qui se trouve sur son site craphound.com.