L’Ecole Normale Supérieure de Paris organise un Mois de la S.-F. du 2 au 2o mai 2oo6. D’après le programme provisoire du mois, on risque bien d’y retrouver des noms comme Pierre Bordage, Sylvie Denis, Roland C. Wagner ou notre visqueusement adulé H. P. Lovecraft, avec notamment une interprétation opéra rock de sa Couleur tombée du ciel. Avec également des projections de films, des séances de jeu (sick !) et autres tables rondes sûrement trucculentes, sinon sérieuses, sur la « S.-F. et les sciences physiques », « -et les sciences du vivants », « -et les sciences humaines », sans parler de conférences sur les thèmes divers des « Aberrations temporelles dans la littérature de science-fiction », de « La science-fiction entre discours et lectures » ou encore de « Science-fiction et modernité littéraire ».

Manifesto
Le mois de la science-fiction à l’ENS se propose d’offrir un espace de diffusion et d’approfondissement de la connaissance de la science-fiction, qui permette au public de saisir toute la richesse de ce genre, souvent réduit à ses expressions les plus sommaires. Les connaisseurs y trouveront l’occasion d’approfondir leur culture.
 
Sont prévus trois types d’événements :
1. Des activités de recherche : deux approches seront principalement adoptées, une approche littéraire et une approche philosophique. Alors que les journées d’études et les conférences les distingueront clairement, les tables-rondes seront l’occasion de les croiser en ouvrant la réflexion sur les diverses composantes disciplinaires de la science-fiction : littérature, philosophie, sciences.
2. Des événements culturels qui présenteront la science-fiction dans ses différentes formes d’expression (littérature, illustration, cinéma, théâtre, musique, etc.)
3. Des activités organisés par les élèves de l’ENS. Mois “off”.

Merci Laurence, via nooSFere.

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Wouhou ! J’ai enfin trouvé une bonne raison pour me relocaliser au Japon et définitivement me défaire de mes r00ts en forme d’AOC fromagères avec ce pays où les apparitions d’OVNI ou de spectres sanguinaires sont aussi rares qu’une vidéo bien compressée racontant la difficile miction d’un ragondin vert de rage.
Je viens en effet de découvrir qu’?? ? a eu compilé une anthologie de nouvelles japonaises traitant du Mythe de Cthulhu et que margin.notes nous apprend que ces deux volumes existent désormais en traduction anglaise :

??????? > Night Voices, Night Journeys

??????? > Inverted Kingdom: Lairs of the Hidden Gods

Décidément, H. P. Lovecraft et son horrible tronche de Profond ne sont pas loin de devenir l’emblême putride de ce blogue aux ambitions inavouables.

Merci margin.notes.


Le calmar géant de Vingt mille lieues sous les mers, illustration de l’édition originale Hetzel

Hier, Hervé, dans son commentaire sur mon article traitant des Cthulego, s’étonnait que des parents puissent polluer l’esprit de leurs enfants en y déversant des monstruosités tentaculaires d’origine lovecraftienne. Pour ne pas trahir sa pensée, je le cite :

« (…) le plus zourff à l’ouest dans cette histoire c’est qu’aucun des joueurs de lego (entre 4 et 12 ans environ ?) n’aura jamais lu HP. c’est donc le paternel ou la maternelle qui va bourrer le pôv crâne fragile des bambins avec cette mythologie Niarg Chtulu Nyarlatotep. Et je me demandais si c’était moins pire que la télé. »

Petite précision : il n’y avait pas besoin d’attendre les Cthulego pour que les enfants se rincent l’œil dans l’encre délétère des pieuvres. Durant ma pré-adolescence, à l’époque où je jouais encore aux Lego qu’on disait « techniques », l’école (et aussi une part de curiosité typique des myopes boutonneux) me fit découvrir quelques-uns des fondateurs du genre fantastique. Je lus Verne, Hugo, Ovide, Homère, sans me douter qu’un jour, je finirais dans un bouquet de tentacules lovecraftiens.


Scylla, bas-relief du Ve siècle avant J.-C., collections du British Museum

En bref, voici quelques mines (marines) que ces dignes auteurs posèrent à la surface de mon enfance : dans l’Odyssée (chant XII), Homère met en scène une créature tentaculaire, la fameuse Scylla (??????). Dans ses Métamorphoses (IV, 687-740), Ovide nous décrit les exploits de Persée face à un monstre marin serpentin. Victor Hugo, dans Les travailleurs de la mer (chap. II), édifie une créature terrifiante et poulpesque. Jules Verne, dans ses très célèbres Vingt mille lieues sous les mers (chap. XVII), terrifie des générations de bambins à coups de tentacules de calmar géant.


Hydre contemporaine (Hydra Vulgaris). Illustration : droits réservés

Alors, quand H.P. Lovecraft publie en 1926 The Call of Cthulhu, il n’invente rien, en tout cas pas du point de vue mythologique, psychanalytique ou morphologique. Ses prédécesseurs avaient déjà méticuleusement dragué le fond des océans, laissant la cyclopéenne R’lyeh à la portée de son écriture frénétique (dont l’encre, je n’en doute pas, se composait de mélanine et de mucus, comme celle des pieuvres).

Alexandre Hougron, du lycée de Sèvres, dans un excellent article paru sur le site de l’Académie de Versailles (et dont je me suis inspiré), nous présente ainsi cette filiation :

« Dans l’Antiquité gréco-latine, le monstre serpentin ou tentaculaire est plutôt associé à la primordialité à travers l’Hydre de Lerne, les Géants (dont les jambes sont serpentines). On retrouve aussi l’image serpentine dans les Gorgones ou dans Echidna (fille de Gaïa), ce qui permet de dévoiler la dimension érotique des créatures anguilliformes ou tentaculaires, bien soulignée par Roger Caillois, par exemple dans son étude La Pieuvre. Au moyen âge, le Serpent et le Dragon viennent prendre la suite des Hydres et Dragons antiques également sur ce plan, car le serpent de la Genèse est aussi de plus en plus associé à la fin de l’époque médiévale avec la luxure.
 
La créature poulpeuse englobe en fait le serpent au plan mythique car elle cumule l’aspect anguilliforme avec ses tentacules et le monstre dévorant avec son bec acéré. C’est le moyen âge qui contribue à dissocier leur symbolique (la pieuvre étant plus païenne, du côté du Chaos, le serpent, plus chrétien comme emblématique du mal).
 
À y regarder de plus près, il existe un célèbre exemple de créature poulpeuse et dévorante : Scylla chez Homère au chant XII de L’Odyssée. Hugo puis Verne récupèrent cette figure qu’ils associent d’ailleurs volontiers à l’Hydre pour en faire une image de ce qu’il y a de plus abject et terrifiant dans la Nature. Mais Hugo greffe sur elle la symbolique luciférienne prêtée au serpent par le christianisme. »
 
(Alexandre Hougron, Lycée de Sèvres, La figure du monstre dans la littérature et au cinéma : monstre et intertextualité, site Internet de l’Académie de Versailles).


Une hydre inspirée de la fameuse Bête que je promenais innocemment
sous mon bras en me rendant au catéchisme…

Alors, Hervé, bien digérés, ces fruits de mer ? ;-)


Image capturée sur Brickshelf (photo : droits réservés)

À l’instar de notre grand Aurochs qui se préoccupe de nos chères têtes (pas si) blondes, je me devais de rappeler que l’enfance n’est rien d’autre qu’une innocente Île du docteur Moreau, qu’un candide laboratoire où chacun se crée les monstres et autres ectoplasmes de ses vieux jours. Avant le goûter, le petit Howard Phillips aurait adoré se détendre en compagnie de médusants Lego. Après l’Appel de Cthulhu en dévédé, les cafignons Cthulhu et les Deep Ones d’Innsmouth sur pécé, les Xénos sont enchantés de vous présenter les Lego Cthulhu ou, plus précisément, les Cthulego (tout droit sortis d’un esprit aussi inconnu qu’enfiévré). Avant de dégainer vos bocaux de Nutella, rêvez donc d’entendre un soir votre progéniture vous demander des Cthulego pour son anniversaire :

Cthulego Rises!
 
The villainous Lord Sinister and his evil henchmen have kidnapped professor Brixton-Smyth to find the lost gold. But in their haste they have awoken the sleeping monsters of the Cthulego Mythos! Lord Sinister and his men have two ways to escape, by land or by sea! Meanwhile Johnny Thunder rushes to help from his massive Zeppelin “The Avontuur”.
 
Can they escape the zombies?
What awaits them at the boat?
Who is the mysterious stranger with two swords?
Is the Bi-plane friend or foe?
Who is Dr. Who?
 
And can Johnny Thunder save the day? Of course he can! He’s the hero!!!

Soit dit en passant, thanks Pam, thanks Boing2.


Une image issue de la conception de Call of Cthulhu par Bethesda Softworks

Dans leurs eaux profondes, au large d’Innsmouth (cette cité qui émerge en plein Atlantique tel un navire sombrant), Ceux des Profondeurs attendent. Enfin, c’est ce que l’on dit, car personne n’a pu prouver leur existence. Leur apparence ? Mi-humains, mi-poissons, pas vraiment des sirènes, plutôt des crapauds pustuleux. De très gros batraciens baveux. Si, d’aventure, vous voulez en découdre avec ces bestioles, dans un univers emprunté aux hallucinations du Maître de Rhode Island, sachez qu’il existe une sécrétion logicielle digne d’un cours de répétition, une gâterie de nerd qui coûtera la bagatelle de £ 30 ou de € 36 à votre cerveau de silicone. Son doux nom ? Call of Cthulhu — Dark Corners of the Earth. Attention, rien à voir avec le film dont nous parlait jadis notre Administrateur, le grand Auroch… Ça vous intéresse, vous en voulez encore ? Allez, voilà pour votre soif :

“Call of Cthulhu — Dark Corners of the Earth is a first-person horror game that combines intense action and adventure elements. You will draw upon your skills in exploration, investigation, and combat while faced with the seemingly impossible task of battling evil incarnate. (…) The technology powering Call of Cthulhu has provided Headfirst with the means to present an incredibly detailed and accurate depiction of the sights and sounds of this unique 1920’s New England setting. A diverse range of cutting edge special effects is utilized to ensure both unprecedented levels of realism and an exact portrayal of your mental degredation.”

Alors, ce soir, des cuisses de grenouilles pour l’apéro ?

Encore plus de fanfreluches pour vos achats sanglants du Solstice:

Les cafignons Cthulhu
Cafignons Cthulhu

Parfaits pour éviter la débattue les journées de fricasse.

Le bûcheron transformiste
Bûcheron transformiste

Attention, un miquelet peut cacher un gros méchant loup.

Et si on schneuque un peu, le site d’Entertainment Earth cache encore plus de fontaines de jouvence à bave comme ces autres jouets lovecraftiens, et alii.

A quand la panosse USS Enterprise pour astiquer la péclette?

Slurp, ou bien.

Merci en bien, Boing Boing.

« ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn »

La H.P. Lovecraft Historical Society a créé une adaptation filmée, et muette, de la fameuse nouvelle du visqueux Profond H.P. Lovecraft, The Call of Cthulhu.

Ce film de 47 minutes n’existe malheureusement que sous forme de DVD à commander sur le site (voir ci-dessous), mais l’extrait mis à disposition sur le site est excellent. J’adore le côté rétro et les décors de carton et papier mâché.

The Call of Cthulhu – an HPLHS Motion Picture

The Call of Cthulhu

At last, the stars are finally right…
 
The H.P. Lovecraft Historical Society presents its all new silent film of The Call of Cthulhu. The famed story is brought richly to life in the style of a classic 1920s silent movie, with a haunting original symphonic score. Using the “Mythoscope” process — a mix of modern and vintage techniques, the HPLHS has worked to create the most authentic and faithful screen adaptation of a Lovecraft story yet attempted.
 
This extraordinary motion picture is now available on DVD. The DVD also features a making-of documentary, high-fidelity and Mythophonic audio, special features, and intertitles in twenty-four languages.
 
Audience Award – Best of Show
Jury Award – Best Short Film
2005 HP Lovecraft Film Festival!
 
Order your DVD now!

J’avais déjà présenté un projet similaire dans un précédent papier.

Non, non et non Landru, il ne s’agit pas de tentacle hentai porn du tout!

A Shoggoth on the Roof est tout simplement une comédie musicale dans l’univers bucolique de H.P. Lovecraft, père de ce bon vieux gluant Cthulhu (prononcez /k???u?lu?/, /k?????lu?/, ou /k??t???lu?/) et ses aminches, les Grands Anciens.

Shoggoths are protoplasmic entities of mutable form and are considered to be among the most frightful entities of the mythos. They look like gigantic amoebae made of tar with glowing eyes floating on the surface. The shoggoths are terrible things to behold—even the Mad Arab, Abdul Alhazred, writer of the Necronomicon, was terrified by the mere thought that they might have existed at all on Earth.

A Shoggoth on the Roof

Maléfique

31.07.2005

Vendredi dernier, au cours d’une frénésie de zapping spasmodique appuyée d’un ennui post-ccna bien traumatique, je suis tombé par hasard sur Maléfique, un film bien malade diffusé comme Film de minuit sur la TSR, qui m’a littéralement aplati sur ma natte de tatami.

A classer plutôt dans l’horreur fantastique que dans la SF pure, l’histoire est celle du journal intime d’un ancien détenu aux pouvoirs occultes trouvé par les quatre protagonistes du film et censé contenir des formules magiques permettant de jouer au passe-muraille. Un scénario somme toute assez classique. Par contre, c’est par son ambiance torturée, glauque, poisseuse, pisseuse, malsaine et presqu’étouffante (la quasi totalité du film se passe dans une cellule de prison) que le film m’a happé. Une sale impression de cauchemar sans début ni fin et l’effacement progressif de la limite entre notre réalité et celle du mauvais côté des choses – un style très lovecraftien – ont causé un afflux sanguin un peu gamin dans mon short. Le nom de Yog Sothoth est d’ailleurs clignement contenu dans certaines formules prononcées par ces prisonniers inconscients.

Les personnages, stéréotypiques sans abus, en rajoutent d’ailleurs encore une bonne couche: un transsexuel haltérophile et protecteur d’un taré congénital omnivore (il a même mangé sa petite soeur de 6 mois), un intellectuel sodomite par choix et dont la vie a brusquement changé après 2 minutes de lucidité et l’auteur du journal qui s’injectait des placentas frais en intraveineuse pour rajeunir.

Couronne sur la cerise: une chouette fin assez inattendue et qui rendrait presque triste.

Maléfique
Film d’Eric Vallete (2002, F, 90′) avec Gérald Laroche (Carrère), Philippe Laudenbach (Lassalle), Clovis Cornillac (Marcus), Dimitri Rataud (Pâquerette), Didier Bénureau (Picus)
Prix du Jury – Festival de Gérardmer 2003

Maléfique
Maléfique
Maléfique
Maléfique

Bande annonce, extrait et interview ici.

Synopsis
Une cellule. Quatre détenus. Carrère, jeune chef d’entreprise accusé d’escroquerie. Marcus, 35 ans, transsexuel en cours de métamorphose. Pâquerette, 20 ans, attardé mental. Lassalle, 60 ans, intellectuel, meurtrier de sa femme. Derrière une pierre de la cellule mystérieusement descellée, ils découvrent un livre : le journal d’un détenu, Danvers, qui occupait ce lieu au début du siècle. Ce journal renferme des formules aux pouvoirs magiques qui permettraient de s’évader… Mais depuis la découverte du livre, des phénomènes étranges et inquiétants se multiplient dans la cellule. – Fantastic’Arts