Morceaux choisis de Nippon 2007
06.09.2007
Ce week-end, à Yokohama, dimanche succédait péniblement à samedi.
Les premières conférences s’éveillaient vers dix heures, au ralenti. L’affluence encore maigre en disait suffisamment sur la soirée de la veille.
Dès la fin de la cérémonie des Hugos, les room parties (fêtes de chambre?) commençaient à chauffer à petit feu pour peu à peu s’engorger d’une foule résignée à célébrer le fandom science-fictif. De toute évidence, les couloirs et chambres de l’hôtel Intercontinental n’avaient pas été conçues pour accueillir telle assemblée, d’où la température rapidement insupportable, qu’on nous invitait à calmer à coup d’alcool fort. Du sake, dans les chambres nippones (la majorité), ou de l’akvavit, dans le coin suédo-norvégien.
Trop de monde, trop d’alcool, trop de fans bruyants et trop peu d’auteurs.
Malgré les effectifs statistiquement internationaux, la foule était en réalité assez nettement scindée en deux groupes: les japonais, et les autres. La barrière linguistique était encore une fois à l’oeuvre, malheureusement. C’était par ailleurs déjà le cas durant les conférences, rarement bilingues, ce qui aura empêché à maintes reprises les curieux de découvrir les recoins obscurs de la SF nippone, débattue en long et en large, mais sans sous-titres.
J’espère de tout coeur que les organisateurs de la WorldCon 2009 à Montréal (félicitations!) y prêteront une attention toute particulière!

Room party sur tatami.
Ce matin-là, donc, pour se mettre l’eau à la bouche, une conf’ discrète en compagnie entre autres de Pat Cadigan, Jire E. Goezen et Takashi Ogawa (traducteur de Bruce Sterling), sur le thème du cyberpunk vu par différentes cultures. En l’occurrence, le Japon, l’Allemagne, les USA et l’Angleterre.
On en retiendra surtout le constat assez frustrant des deux critiques germaniques qui, sans trop simplifier, qualifient la science-fiction allemande contemporaine de daube commerciale, s’inspirant largement des succès anglo-saxons sans jamais même approximer de loin de leur qualité. Une manière peut-être de rattraper le retard acquis durant la Guerre Froide, lorsque le cyberpunk était snobé au profit de classiques venus de l’Est, en grande partie en raison de la qualité lamentable des traductions de l’anglais.
Au Japon, en revanche, le cyberpunk avait rapidement attiré l’attention. Un engouement directement lié au boom technologique qui avait marqué la société en parallèle, ce même boom qui a fait du Japon une culture plus “futuriste” que bon nombre de romans de science-fiction contemporains.
Les grands écarts entre nos différentes cultures expliquent facilement les approches très différentes qu’ont chaque milieu vis-à-vis de la science-fiction. Et plus intéressant encore, chaque pays possède sa propre perception des SF étrangères, souvent assez éloignée de celle des auteurs eux-mêmes.
Petite note pour ceux qui affectionnent cette discussion récurrente: oui, les américains sont parfaitement au courant de l’amour inconditionnel et relativement unique des francophones pour Philip K. Dick. Ou du moins, Pat Cadigan l’est.

Takashi Ogawa, Pat Cadigan, Jire E. Goezen, un autre allemand aux cheveux verts, et une traductrice.
Chaque conférence crée sa propre dynamique, son propre esprit, en fonction de son thème, de ses invités et de son public.
Celle débattant de l’intégration de la science et de la religion dans la SF&F, par exemple, dégageait un sérieux à traumatiser un théologien en deuil. Une discussion riche, profonde et complexe, enrichie par les avis divergents de ses participants: Robert C. Wilson, clairement trop intelligent, ou Lisa C. Freitag, d’une intensité tragicomique assez effrayante.
L’occasion unique d’entendre des suggestions assez surprenantes, comme celle de “lire la Bible comme un roman de SF” (Wilson); ce qu’il a fait, et de conclure que ce n’est pas de la très bonne SF, trop incohérente et compliquée.
L’occasion, aussi, d’observer une espèce de substrat concentré du public de cette WorldCon, entre la religieuse extrémiste du fond des USA, le couple obèse mais discret qui écoute attentivement en prenant soin de ne pas s’en mêler, et un espèce d’engagé fanatique, borderline autiste, qui alimente et enrichit le débat de propos parfaitement incohérents.
Un sujet évidemment polémique que les auteurs dissèquent avec cet outil inattendu qu’est la science-fiction, démontrant une fois de plus la puissance de cette littérature de l’imaginaire conjectural. Mais un outil néanmoins compliqué, qui emporte le débat sur la limite très fine entre épiphanie et absurdité.

Un robot fan de science-fiction.
Ailleurs et plus tard, un auditorium bondé accueillait l’interview de Ted Chiang, la star à la biblio aussi flamboyante que rachitique. Son interlocuteur, un physicien japonais, n’a pas manqué pas de le relever, plusieurs fois, dans un anglais laborieux. En fait, Chiang semblait avant tout s’excuser d’un succès qu’il n’avait pas demandé, cherchant lui aussi des mots qu’il doit préférer écrire qu’expliquer.

Beaucoup de japonais et un seul Ted Chiang.
La Masquerade conclusive était, pour tout dire, plutôt décevante. Forcément, dans un pays où se côtoient à tout bout de champ des femmes en kimono et des écolières habillées en soubrettes avec des cheveux roses et des pupilles de vampires, il ne suffit pas de se coller trois plumes sur les joues pour faire original. On retrouvait bien quelques design style anime japonais, mais au final, ce n’était guère plus impressionnant qu’un dimanche comme les autres sur le pont de Harajuku. Ou des soirées dans clubs tokyoïtes.

Ou pourquoi les paysans japonais ont peur des robots.

Ou ce qui arrive quand on joue trop à la poupée.
Une petite consolation suivait toutefois le court défilé: un quatuor de ninjas de démonstration, s’affrontant à l’épée, au double-sabre, au bâton, bref toutes les armes que vous avez vues dans les deux derniers Tarantino, auxquels certains membres de la troupe ont d’ailleurs participé.

Les tortues n’ont qu’à se rhabiller.
La convention terminée, on peut regretter une organisation aussi impeccable qu’impersonnelle, dans un espace n’invitant pas vraiment à la rencontre et l’échange. On aurait aussi espéré une mise en avant plus fière de la science-fiction japonaise et des débats anglo-nippons plus flamboyants. Mais comme on le sait, le mieux est l’ennemi du bien, et Nippon 2007 l’était tout à fait, bien. Et très intéressante, tant par ses débats originaux que ses rencontres uniques et inattendues. Si vous n’en avez pas encore assez vu, rendez-vous sur notre galerie Flickr de Nippon 2007!
Reste maintenant à déguster le butin du week-end, dont le flambant neuf recueil “Speculative Japan: Outstanding Tales of Japanese Science Fiction and Fantasy”.

Quand Star Trek rencontre la tradition nippone… je vous laisse imaginer la progéniture. Un(e) futur(e) fan de SF!
Nippon 2007 en images
03.09.2007

Nippon 2007 dans toute sa grande splendeur. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
Il doit désormais être de notoriété publique que deux joyeux drilles de l’équipe des Xénos ont rejoint les hordes anonymes de geeks et de nerds pour cette orgie S.-F. qu’est l’annuelle Worldcon. Pour la première au Japon (et en Asie), les organisateurs ont choisi le site de Minato Mirai à Yokohama pour se vautrer dans cette typique ambiance cyberpunk qu’ont pas mal d’endroits au Japon.

Le centre de conférences Pacifico Yokohama avec les courbes généreuses de l’hôtel Intercontinental en arrière-plan. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Une autre vue du Pacifico Yokohama et de l’Intercontinental. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
En fait, en parlant de hordes, je devrais plutôt parler de petites bandes, car, comme tout le monde s’y attendait certainement, le centre de conférences Pacifico Yokohama ne débordait malheureusement pas de visiteurs, dû notamment au fait que Nippon 2007 était justement au Japon et que la plupart des fans, ainsi que quasi tous les lauréats des divers prix Hugo d’ailleurs, ont financièrement boudé la chose du bout de leurs nez trop éloignés du rêve. L’avantage fut que les auteurs présents étaient bien plus accessibles qu’on aurait pu le penser :

Les Xénos bavant autour d’une table de rêve. De gauche à droite: flou artistique, Robert Silverberg (sic !), Patrick Nielsen Hayden (éditeur), Alice (compagne de Cory Doctorow), Cory Doctorow (auteur-bloguer-altruiste), Charlie Stross (auteur), Theefer (collaborateur des Xénos) et Hau Ruck ! (collaborateur des Xénos, invisible et derrière son vieux DMC-FX9).
Sinon, empêtrés dans les mailles extrêmement serrées du truculent programme, nous avons eu la chance de suivre 2-3 discussions très intéressantes dont voici quelques extraits filmés d’une main tremblante d’émotion :
Is science fiction necessary? (montez le son et sortez votre méthode d’anglais, c’est de la faute au DMZ-LX9)
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
Discutant du rôle de la S.-F. et de son avenir, on retrouve de gauche à droite: Inge Heyer, la remplaçante de Peter Heck (auteur) dont j’ai complètement oublié le nom, Robert Charles Wilson (auteur, lauréat du Hugo 2006 pour le meilleur roman avec Spin) et Paul Cornell (auteur et source principale des éclats de rire de cette discussion). Vous aurez également remarqué en passant un exemple effarant de la camaraderie qui existe entre les fans et leurs idoles. Cet ancêtre du fandom qui se lève pour ajuster le nom de Robert Charles Wilson est tout simplement émouvant. Merci Nippon 2007.
Mundane or Transcendent? (1ère partie)
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
Mundane or Transcendent? (2e partie)
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
Là, le sujet, et surtout son énoncé, était un tantinet plus précis et geeky que le précédent, avec de gauche à droite Patrick Nielsen Hayden (éditeur), Charlie Stross (auteur geek par excellent), Cory Doctorow (auteur-bloguer-altruiste) et Robert Silverberg (auteur-légende old school mais qui a bien tenu la route). Le débat a tourné autour de la S.-F. « mondaine », qui essaie de décrire un futur proche le plus réaliste et plausible possible et la S.-F. « transcendante » qui se consacre à un futur beaucoup plus éloigné avec de nombreux éléments fantastiques moins proches de notre réalité. Avec les occasionnels apartés sur Robert A. Heinlein (?*!!).

42. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
On signalera en passant que la Worldcon est également un haut lieu de la mode mondiale.

Le cosplay permet aux moins jolis d’entre nous d’être aussi pris en photo. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
Les Hugo Awards
La cérémonie de remise des prix Hugo s’est avérée un chouya bizarre car aucun lauréat, si mes souvenirs ne me jouent pas de mauvais tours, n’était présent à Yokohama. Même pas Vernor Vinge, réceptacle du Hugo du meilleur roman pour Rainbows End. Heureusement que Georges Takei, Ultraman et ses potes étaient là pour nous redonner des guilis dans le slip.
- Meilleur roman : Rainbows End, Vernor Vinge
- Meilleure novella : A Billion Eves, Robert Reed
- Meilleure novelette : The Djinn’s Wife, Ian McDonald
- Meilleure nouvelle : Impossible Dreams, Tim Pratt
Voici la liste complète des Hugo 2007.
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007
Sinon, pour conclure, Arte pense apparemment faire un sujet (date encore inconnue) sur la Worldcon pour son émission Tracks vu que les deux reporters qui s’étaient dépêchés sur place ont interviewé vos deux serviteurs sur le parvis de Minato Mirai, en cette belle nuit de 1er septembre. On verra bien l’horreur du résultat :

Les Xénos au quasi complet, heureux avec Cory Doctorow (tout à gauche, Hau Ruck ! au milieu et Theefer à droite).
Retrouvez toutes les vidéos des Xénos à Nippon 2007 ici.
William Gibson > Neuromancer
31.08.2007

Une petite merveille pour finir la semaine en beauté. Une version audio de Neuromancer de William Gibson passée sur les ondes de la BBC les 11 et 18 octobre 2003 :
Vous pouvez l’écouter en ligne ou télécharger les 2 épisodes ici et là.
Merci Posthuman Blues.
Baleine, Poulpe et autres monstres
16.05.2007
En 2003, après quelques faillites à répétition, les éditions Baleine se faisaient racheter par le Seuil. L’année suivante, un seul titre paraissait chez le maladif mammifère marin qui, au travers de la collection du Poulpe, avait lancé auparavant un joyeux (mais inégal) renouveau du polar francophone (aucun auteur n’étant édité deux fois au sein de cette série qui mettait en scène le fameux Gabriel Lecouvreur).
La semaine passée, lors de notre passage aux Imaginales, nous découvrions des bouches de MM. Heliot, Lebeau et Mauméjean que les éditions Baleine lançaient ce mois une nouvelle collection : Le Club Van Helsing (CvH ; il s’agit, vous l’aurez compris, du nom de ce professeur hollandais vampirocide inauguré par Bram Stoker).
Chacun des ouvrages du CvH réveillera un ancien monstre d’origine légendaire, littéraire ou cinématographique, lequel se verra combattu, comme dans un thriller fantastique, par un chasseur appartenant audit CvH. À l’instar des séries étasuniennes, les ouvrages sortiront par saison. Du coup, cinq bouquins à dix euros chacun débarquent ces jours dans les étals de nos libraires favoris (et donc défavorisés) :
- Gold Gotha, Guillaume Lebeau
Mickey Monster, Denis Bretin et Laurent Bonzon
Question de mort, Johan Heliot
Les Griffes de l’ennui, Jean-Luc Bizien
En Lettres de feu, Maude Tabachnik
Cela dit, inutile pour l’instant d’arpenter la Toile, car à l’heure où tombe ce cyberpapier, ni le site des éditions Baleine, ni la page du Club (coquille vide), ni même l’adresse du Seuil (en travaux) ne présentent lesdits ouvrages. Si votre libraire sent le moisi, armez-vous donc de gélules d’ail, d’un AK-47 à balles d’argent et… de patience.
Une petite merveille audio pour vos feuilles verdoyantes, chers fidèles. Jacques Dufilho lisant Le Monstre sur le seuil de H. P. Lovecraft (le fichier audio n’offre malheureusement que la première partie du texte). Et le mieux, c’est quand même bien les efforts que le pôvre Jacques fait pour tenter de prononcer les topo/patronymes correctement en anglais. Et il est beau son accent à Jacques. Je vous recommande tout particulièrement son fascinant « Miskatonic » :
Le Monstre sur le Seuil - H.P. Lovecraft - Jacques Dufilho

Merci Under Vhoorl’s Shadow.
La liste des finalistes pour les Locus 2oo7 a été publiée ici vendredi dernier. Que de beau monde au balcon de notre dada préféré. Ouf, le genre est sauvé.
Blindsight, Peter Watts (Tor)
Carnival, Elizabeth Bear (Bantam Spectra)
Farthing, Jo Walton (Tor)
Glasshouse, Charles Stross (Orbit; Ace)
Rainbows End, Vernor Vinge (Tor)
[…]
Merci Boing2.
12oo mots dans la Nature
20.03.2007
En 2oo0, la revue scientifique anglaise Nature avait publié en ses pages de courts (12oo mots) textes de science-fiction et a recommencé à nous remettre ça en 2oo5 sans pouvoir s’arrêter du tout. Et, ô cerise sur la crème, la dream team de The Science Fact & Science Fiction Concatenation a réussi à s’arranger avec l’über dream team de Nature et nous offre maintenant avec une candeur certaine des version gratuites-en-ligne de trois textes de Futures par saison, retenu par le maigre filet de leurs doigts certes grêles mais forts quand même.
On y retrouve (avec lubrifiant) un Charlie Stross absolument nerdilarant, Ted Chiang dans un numéro de funambule sur la volonté, Eileen Gunn en amie des bêtes, et alii.
Futures > Introduction
Futures > SF Stories Index
Merci The Infinite Matrix.
Archives Lovecraft
18.03.2007
The Temple of Dagon vient d’annoncer la réouverture de sa section contenant des nouvelles, poèmes et autres écrits du Grand Maître poissonneux lui-même. Une vraie orgie de délices putrides :
Merci Under Vhoorl’s Shadow.
Thom Brannan > Twilight
19.02.2007
Une brève perle de mythologie contant avec brio le retour bien malheureux de nos amis amphibiens les Profonds :
The siren song started, and all seven men turned to face the sea in the twilight. Silver, ever the calm one, took a step to the side to allow the six men to see unobstructed.
Ruth Nestvold > Exit Without Saving
11.01.2007
Ruth Nestvold (LiveJournal) nous sert, via Futurismic, une histoire aussi brève que quasi post-singularité et très post-cyberpunk sur le thème du changement de genre, de l’upload de l’esprit humain et nous surprend avec de rocambolesques rebondissements. Dommage que l’histoire ne continue pas. Ca finit un peu en queue d’uroboros érigé tout droit.
Et apparemment, le texte fera partie de l’anthologie Science Fiction: The Best of the Year, 2007 Edition. Ca c’en est une de bonne nouvelle.
Sinon, je suis sûr que ça plaira au pâle bleu qui vient de nous joindre dans la gigue infernale des Xénos et nous en dit déjà bien long sur ce dont il est capable, le bougre.
Merci Boing2.
StarShipSofa ou le divan galactique
29.12.2006

Tony Smith et Ciaran O’Carroll dans leur canapé stellaire ; image © The StarShipSofa, 2006
Un Ami, qui dans une autre existence pourra sans doute consacrer plus de temps à la xénobiophilie, nous a signalé un blogue pas — mézalors pas du tout — piqué des hannetons ni de la maleguigne.
Initiative née de l’amitié de deux amateurs de science-fiction, Tony Smith et Ciaran O’Carroll, The StarShipSofa présente environ tous les dix jours un fichier sonore (mp3) auquel il est possible de s’abonner par podcasting. À chaque mouture, nos deux trublions galactiques nous présentent, sous forme de conversation au coin d’un bar (ou plutôt d’un sofa), l’un de leurs auteurs favoris.
Au menu, à ce jour : Ursula K. LeGuin, Iain M. Banks, Roger Zelanzy, Robert Sheckley, Douglas Adams, Harlan Ellison, L. Ron Hubbard (si si), Joe Haldeman, Robert Silverberg, Henry Kuttner, Philip K. Dick, Stanislaw Lem, Cordwainer Smith, Algis Budrys, John Brunner et Alfred Bester — nothing less.
Il arrive aussi à nos deux batoilles de papoter autour de l’un de leurs films favoris, notamment Capricorn One et Dark Star. Avertissement : prévoyez du temps libre, virez les gamins et l’épouse empressée, car l’épisode sur Philip K. Dick ne dure pas moins de… trois heures. Du beau travail à découvrir sans plus tarder, entre la crise de foie du réveillon et la gueule de bois du jour de l’an. Blast off!
Wayne Barrow > Bloodsilver
26.12.2006
L’excellent (et tout bientôt plus prolifique que les Xénos) blog Au-dessus de Chiba (à une encablure de la maigre masure de votre serviteur par ailleurs) nous présente une petite gâterie bien alléchante dans son dernier papier : Bloodsilver, un roman western steampunk vampire uchronique de M. Wayne Barrow, qui méritera sans aucun doute bien plus que toutes nos attentions.
Et traduit par Johan Heliot et Xavier Mauméjean, nos apôtres francophones du steampunk, c’est pas peu dire.
On nous reprochera bien sûr de présenter un bouquin que nous n’avons même pas encore lu, mais apparemment ça en vaut bien la peine, et les Xénos comme liste de commissions, c’est quand même bien pratique, hein?
Roland C. Wagner > La saison de la sorcière
21.11.2006
En fait, ça faisait quelques lurettes déjà que le Grand’Œuvre de Roland C. Wagner me tentait du bout de ses doigts inlassablement vrillés sur le mulot.
Et là, après la lecture de La saison de la sorcière, je ne sais quoi vous dire. J’ai des sentiments très divers sur ce bouquin, pensées que j’ai de la peine à mettre en forme pour ce papier, d’où le choix abject de lister lesdits sentiments sous forme de liste, non numérottée, la liste. Voici donc mes billevesées tripales sans analyse aucune :
- J’ai bien aimé l’ouvrage dans son ensemble. Je l’ai lu sans anicroche, très prestement.
- L’histoire est assez, voire très, délirante, et dans un sens plutôt positif. C’est même rafraîchissant, je trouve. Personnellement, je n’avais rien lu de similaire avant, mais une fois encore, le verso de mes über-oreilles de Dumbo sont loin d’avoir perdu leur humidité et ne feront donc jamais office de référence.
- Je n’ai pas vraiment été attaché par les personnages que j’ai ressenti parfois un peu fades, mais peut-être qu’ils sont là juste pour servir de plus hautes sphères de l’histoire, un peu comme les bidasses-héros d’une guerre mondiale à l’échelle du monde entier.
- Les guilis dans le slip n’étaient pas au rendez-vous. Sans toutefois que mère Déception n’y perde son chat.
- Le côté rock et les références musicales ont canalisé certaines de mes pensées (les encore saines) en direction de Norman Spinrad, auteur que j’adore presqu’toujours. On y retrouve le ton engagé et rebelle un peu punk dudit N. S.. Pas étonnant que R.C.W. s’adonne au préfaçage de certains ouvrages traduits de Spinrad.
J’aimerais donc beaucoup lire les réactions/commentaires/analyses de ceux d’entre vous qui avez également lu La saison de la sorcière et en êtes sortis indemnes sous toutes les faces. Et par-dessus tout, j’aurais besoin des lumières de nos adeptes pour guider mes pas borgnes entre les méandres restant de l’œuvre de M. Wagner.
Et voilà, j’ai tellement perdu les pédales que je ne vous ai même pas présenté l’histoire de la Sorcière. Je vais de ce pas me pendouiller au bout d’une corde de remords ectoplasmiques en me passant Hey! (Rise Of The Robots) des Stranglers.
Sinon, si vous préférez le sérieux aux Xénos quelque peu délirants ces derniers temps, M. Wagner nous parle lui-même, et très bien en plus, de son bouquin via son blog :
La rançon du succès
Une leçon de modestie
La Chine a envahi la Mongolie, la France est occupée par les Etats-Unis, une guerre civile sans précédent menace l’Inde, lorsqu’une vague d’attentats à peine croyables bouleverse la planète. Un ptérodactyle géant arrache le Tout Eiffel, des statues de Mao ravagent Pékin, un Godzilla dévaste le port de Yokohama et des soucoupes volantes auraient procédé à des abductions dans l’Arkansas. Face à ce terrorisme surnaturel, la communauté internationale se lance dans une chasse aux sorcières d’un nouveau genre, enrôlant de force tout ce que la planète compte de magiciens potentiels. Le futur n’est plus ce qu’il était, et ce n’est décidément pas la bonne saison pour sortir de prison.
Roland C. Wagner
C’est avec un humour tantôt grinçant tantôt désopilant, que Roland C.Wagner s’attache, depuis le début des années 1980, à dénoncer les dérives de l’impérialisme au travers textes engagés comme La saison de la sorcière, pax Americana ou plus récemment L.G.M. Ce qui ne l’empêche ni de rêver à des mondes lointains (Le chant du Cosmos, Les aventuriers des étoiles), ni de s’amuser (Les futurs mystères de Paris).

La saison de la sorcière
de Roland C. Wagner
Éditeur : J’ai Lu (4 Juillet 2oo6)
Collection : Science-fiction (JL8071)
Format : Poche - 222 pages
ISBN : 2290325589
XLII - exliibris
Sinon, RCW nous signalait via son Gomeux Disparate que plusieurs de ses textes étaient à disposition, gratos, sur le ouèbe, notre ami dans la lutte contre les DRM :
Merci pour tout.
Cthulhu mechandising > de pire en pitre
17.09.2006
Deux nouvelles aussi fraîches qu’une livre de thon en direct live du monde commercial mais putride de notre idole :
Parfums (spécial Toussaint) > La collection Lovecraft :
D’Al Azif à Y’ha-nthlei, en passant par Azathoth, Cthulhu et la musique d’Erich Zahn, toutes les pierres d’angles du Mythe y sont représentées. Simply mad !
A Picnic in Arkham: The Lovecraft Collection
It was a terrible, indescribable thing vaster than any subway train – a shapeless congerie of protoplasmic bubbles, faintly self-luminous, and with myriads of temporary eyes forming and un-forming as pustules of greenish light all over the tunnel-filling front that bore down upon us, crushing the frantic penguins and slithering over the glistening floor that it and its kind had swept so evilly free of all litter.
An amorphous, radiant, incandescent scent. Ever changing, protoplasmic and primordial: white amber, green coconut meat, iris, palmarosa, Chinese peony, lime, water lily, snowdrop, muguet, lemongrass, osmanthus, wisteria, glassy musk, and hinoki.
Littérature pour enfants :
Enseignez la fatalité de notre vie de mécréants à la merci des Grands Anciens à vos chères têtes blondes aux ambitions déjà vaines grâce à :

My First Necronomicon is designed to introduce the dark, unspeakable knowledge of the Elder Gods Yog Sothoth and Cthulhu to the beginning reader. The book does so by employing large print, bold color schemes (primarily black and blood red), and engaging pictures of Cthulhu dreaming dark designs in his crypt outside of time, before rising and consuming the souls of happy, smiling, doomed mortals. Alhazred wrote the book because he felt that the children’s books of the time were boring, and did too little to promote insanity and evil.
James P. Kelly, auteur notamment de Burn, novella podcastée en lice pour le Prix Hugo 2oo6, nous raconte l’histoire post-singularité (?!#) du cerveau de M. Westphall dissecté en direct par un medbot dont les différentes partitions, et même les collègues, montrent un intérêt bien trop poussé pour leur patient et en pâtissent quand même un peu à la fin.
Ce n’est pas vraiment transcendant, ni source de guilis r00ts, mais l’idée est originale et m’a surtout donné vraiment envie de récupérer le podcast de Burn, publié d’ailleurs aussi gratuitement en ligne sous moults 4 formats. Merci bien Creative Commons.
Barry Westphall Crashes the Singularity

[…] “Where is he?” says the medbot, as all its partitions but V freeze on the anomalous images. “Back, go back.” By now most of the world’s intelligence collective has joined the session. V continues to manipulate the needles sunk in Westphall’s exposed cerebrum as the sensorium shows him putting an empty plastic glass on the bedstand of Room Seven at the Armadillo Lodge at 11:36PM.
A nanosecond later, he disappears from 2002. And instantly reappears in 2196. […]
N.B. Jim Kelly tient également la rubrique On The Net sur Asimov’s Science Fiction.
Hyperspécificité
30.08.2006
William Gibson nous sert un intéressant propos sur la façon qu’ont les auteurs de S.-F. de décrire des objets/technologies n’existant pas dans notre réalité et la quantité de détails à apporter ou non à ces descriptions :
Molly’s Mirrorshades; Zeiss-Ikon Eyes
[…] With Molly Millions‘ “implanted” glasses, though, I could never dream up a sufficiently convincing way to imagine them being attached. Were they “implanted” in skin, muscle, bone, all of these? How would any of these impact on the mobility of her features? What would the seam between skin and mirror look like? […]
Sur les recommandations de notre commentateur le plus assidu, j’ai commandité le dévolu de mes impitoyables mirettes pour scruter les billets d’humeurs d’Henri Bademoude, rubrichroniqueur à la trempe rompue de la Yozone, haut lieu de la S.-F. francophone. Et ouf alors, parce que c’est de la bonne ! Une verve bien honnête, sans chichis ni retenue, qui nous brosse, nous aux Xénos, dans le sens du poil.
Délices et Daubes, c’est le bac à sable privé de M. Bademoude, où il partage ses expériences de lectures, tantôt jets de bile/venin, tantôt quasi dithyrambes., à coup d’un ou deux bouquins par papier.
Moi j’aime. Et j’aimerais même vraiment que la Yozone se mette aux flux RSS.
Henri Bademoude, notre chroniqueur à l’humeur décapante, dit, en toute franchise et sans aucune diplomatie, ce qu’il a pensé de ses dernières lectures.
N.B. : Euh, avertissement à l’attention des vrais critiques littéraires : le dos de la cuiller de M. Bademoude est à peine entamée. Et lui, il lit ces bouquins avant d’en parler.
Merci Hervé.
Le dernier Tim Powers sur la sellette
29.08.2006
Marrante cette opinion d’un scientifique sur Three Days to Never, le dernier opus de Tim Powers :
Tim Powers, Three Days to Never [Library of Babel]
Ça parlerait de voyage dans le temps, d’Einstein, de Chaplin et du ????? ???????? ????????? ???????. Bigre.
… au fait, qui l’a déjà lu ? Hein ?
Sinon, en son temps, moi, The Anubis Gates ça m’avait quand même bien fait sautiller d’un pied sur l’autre dans un élan d’excitation réfrénée.
Merci Uncertain Principles.
FLURB > A Webzine of Astonishing Tales
28.08.2006

Voici un nouveau webzine de l’étrange, compilé dans la frustration par l’illustre Rudy Rucker, écrivain de S.-F. et de science aussi.
Hi, I’m Rudy Rucker, editor of Flurb.
Recently Paul Di Filippo and I wrote a story called “Elves of the Subdimensions.” I wanted to put it in my soon-forthcoming SF story collection, Mad Professor, which meant there wasn’t time to place our story in a printed magazine. So Paul and I tried a couple of SF webzines, and horrors, the fuddy-duds turned us down! Our tale was maybe too…astonishing.
And then I had a revelation that, if all I want is a Web publication of a piece, there’s no reason to go through the same painful “submission” (how apt a word) process that is standard for ink on paper zines. Thing is, if I want to see something on the Web, then why not do it myself?
So I decided to start Flurb and present the kinds of stories I like to read. Hip, witty, deep, unafraid. […]
Et sans plus attendre, voici des nouvelles fraîches du front du prix Hugo en différé de la L.A.con IV :
SCI FI Wire
Locus Online News
Liste des nominés
Ce qui tombe extrêmement bien, car la prochaine lecture sur ma liste sans fin est Darwinia, du même R.C.W..
Pour la petite histoire, voici les commentaires pré-verdict du malheureux Charlie Stross, qui méritait bien mieux que ça pour son extraordinaire Accelerando.
Et pour ce qui est de la session suivante de la WorldCon qui aura lieu à Yokohama, les Xénos espèrent bien pouvoir vous faire envie de l’intérieur de la conférence vu que votre serviteur sera déjà bien ancré sur place.
The Website at the End of the Universe nous signale avec prouesse l’existence d’une série de photos de la L.A.con IV qui en fera pâlir d’envie plus d’un(e).


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