Doctorow au L. A. Times Festival of Books
21.05.2007

Illustration © L.A. Times Festival of Books, 2007
Cory Doctorow a eu la bonne idée — cette nuit — de déposer sur Internet Archive l’enregistrement d’une conférence donnée au Los Angeles Times Festival of Books le 28 avril : « Science Fiction: The Road From Here to There ». Les intervenants : Kage Baker, écrivain de science-fiction, de fantasy et d’horreur ; Cory Doctorow, fameux écrivain canadien de science-fiction et grand libérateur des droits d’auteur sur Internet ; John Scalzi, romancier et nouvelliste de science-fiction et de littérature générale.
Cette table-ronde était dirigée par par Harry Turtledove, historien et nouvelliste, maître de ce que l’on a appelé l’alternative history. Chacun des invités a pu parler, à sa manière, et généralement avec beaucoup d’humour, de sa vision du futur et de son usage dans l’écriture science-fictive.
Nous avons notamment retenu cette tirade du volubile Cory Doctorow :
Pour écouter cette conférence, cliquez sur le petit lecteur ci-dessous, d’ac’ ?
Merci Boing2
Archives Lovecraft
18.03.2007
The Temple of Dagon vient d’annoncer la réouverture de sa section contenant des nouvelles, poèmes et autres écrits du Grand Maître poissonneux lui-même. Une vraie orgie de délices putrides :
Merci Under Vhoorl’s Shadow.
La critique ou l’art de faire envie
08.02.2007
J-F S. la qualifie de « bijou », nous nous risquerons même à parler de torrent de guilis. Une critique pareille, il nous en faudrait aussi parfois sur les Xénos :
Le grand détournement [critique de L’Odyssée de Klark d’Alexis Aubenque]
Du pur boeuf entremêlé, aussi fin que devrait l’être la mousse d’une bonne bière, sous la plume d’Arkady Knight. Et promettez-moi de ne pas vous arrêter avant la fin.
Un incommensurable merci au faste Au-dessus de Chiba pour cette perle. Notre gratitude est telle que votre serviteur aura même omis l’utilisation de l’usuel tag small pour cette génuflexion.
Doctorow, pour ceux qui n’auraient pas pigé
09.11.2006

Cory Doctorow à table, à l’heure du dessert, aux Utopiales 2006
Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de se rendre aux Utopiales de Nantes et qui, du coup, n’ont pas pu suivre la conférence donnée par Cory Doctorow le dimanche 5 novembre à la Cité des congrès, il semble nécessaire de résumer les propos tenus par notre cher auteur de science-fiction canadien.
Avant toute chose, rappelons brièvement comment est venue au monde l’une des créatures les plus subversives du monde éditorial anglophone :
Nostr’homme est né le 17 juillet 1971 à Toronto, dans une famille d’enseignants trotskistes. Enfant déjà, Cory milite contre les armes de destruction massive et pour Greenpeace. Il s’emploie ensuite à mettre sur pied un centre consacré à la paix et à la justice sociale dans l’île de Grindstone, sur le fleuve Saint-Laurent. Il achève ses études secondaires dans sa ville natale puis fréquente quatre universités sans y obtenir de diplôme. Il travaille alors quatre ans à Londres pour l’Electronic Frontier Foundation (institution militant pour la liberté dans les médias électroniques) avant de s’installer à Los Angeles et de se consacrer (presque) entièrement à l’écriture romanesque. En janvier 2003, il publie son premier roman, Down and Out in the Magic Kingdom, lequel inaugure la licence Creative Commons. En septembre de la même année, Doctorow sort un recueil de nouvelles, A Place So Foreign and Eight More, sur papier, puis partiellement sous format électronique (et licence Creative Commons). Deux romans suivront, l’un en 2004, Estearn Standard Tribe, et l’autre en 2005, Someone Comes to Town, Someone Leaves Town ; ces ouvrages sont également disponibles dans leur intégralité — et gratuitement — sur Internet.
Dimanche dernier, aux Utopiales, la conférence donnée par Cory Doctorow reprenait en partie les idées décrites dans un article publié en juillet 2006 dans Locus Magazine : « Science Fiction is the Only Literature People Care Enough About to Steal on the Internet ».
L’auteur y retrace tout d’abord l’évolution des mentalités vis-à-vis de la musique. Les interprètes d’autrefois avaient perçu d’un mauvais œil l’avènement de la radio, média qui avait mué la production musicale en phénomène industriel. Septante ans plus tard, Napster allait prouver qu’il serait désormais impossible de forcer les récalcitrants à payer leur musique grâce au réseau d’échange poste-à-poste.
Doctorow rassure les artistes eux-mêmes : Internet permet aux musiciens d’atteindre une audience jusqu’alors inégalée, et cela à très peu de frais, favorisant du même coup une grande diversité musicale. Il rappelle aussi que le but du droit d’auteur est avant tout de décentraliser les bénéficiaires d’une création artistique. L’égide des papes et des princes a précédé le copyright, mais l’apparition de ce dernier a permis à la créativité d’être financée. Internet n’est qu’une nouvelle étape sur le chemin de la décentralisation — stade qui sera favorable à certains artistes et défavorable à d’autres. Pour Doctorow, la vraie question consiste à se demander si cela permettra de multiplier les acteurs de la production culturelle.
Reste à savoir quels seront les avantages d’Internet pour les écrivains et les amateurs de science-fiction. C’est là que Doctorow intervient : selon lui, la science-fiction est « le seul genre littéraire pour lequel les gens sont prêts à voler sur la Toile ». Comme lui, certains auteurs profitent des affinités entre S.-F. et Internet — Doctorow a publié tous ses romans sous licence Creative Commons, ce qui autorise ses admirateurs à partager librement son œuvre. Le premier roman de Doctorow aurait ainsi été téléchargé 650000 fois depuis son site personnel et édité six fois (!) sur papier.
Selon Doctorow, la diffusion électronique de livres augmente de façon évidente les ventes de leurs versions imprimées (le plus grand danger pour un écrivain de S.-F. étant de rester dans l’ombre, mais certainement pas d’être l’objet de piratages). En cela, le futur sera fait d’échanges entre artistes et public ; à l’ère d’Internet, les relations personnelles constituent une valeur difficilement remplaçable. Doctorow conclut ainsi :
Pour en savoir plus, rendez-vous sans plus tarder sur le blogue créé par Cory Doctorow, le fameux Boing Boing (que nous avons maintes fois cité sur les Xénobiophiles) ou sur Craphound, le site personnel de l’écrivain.
Alors, convaincus ?
Hyperspécificité
30.08.2006
William Gibson nous sert un intéressant propos sur la façon qu’ont les auteurs de S.-F. de décrire des objets/technologies n’existant pas dans notre réalité et la quantité de détails à apporter ou non à ces descriptions :
Molly’s Mirrorshades; Zeiss-Ikon Eyes
[…] With Molly Millions‘ “implanted” glasses, though, I could never dream up a sufficiently convincing way to imagine them being attached. Were they “implanted” in skin, muscle, bone, all of these? How would any of these impact on the mobility of her features? What would the seam between skin and mirror look like? […]
Ô toi, Charlie Stross !
27.04.2006
Pour ceux qui osent parfois le trempage du bout de leurs doigts boudinés dans la raie fessière de cette folle aventure qu’est l’écriture (S.-F. et alii), Charlie Stross nous offre via son blogue un excellent papier sur les différentes formes qu’un auteur peut donner à la narration d’une histoire et nous explique pourquoi celle conjuguée à la deuxième personne peut être tiptop et innovante si on évite certains pièges. Très enrichissant.
Conjugate characters, not verbs
[…] Writing is the nearest thing to telepathy we have discovered (to steal a leaf from Stephen King’s On Writing). It’s a technique we use for serializing a stream of consciousness, freezing it for posterity, and injecting it into other human heads whereupon, by some process we don’t fully understand, it is unpacked and hopefully creates a structural cognate of the original author’s conscious experience in the reader’s mind. Alas, it’s also a piss-poor substitute for real telepathy (whatever that would feel like): you never read the same story the same way twice, and no two readers ever read it quite the same way. The structural cognate that a book gives rise to in the reader’s mind is intimately dependent on the state of that mind, and human minds evolve over time. […]
[…] If the first-person telepathy module is a bunch of electrodes in the brain of one actor, feeding us their stream of consciousness, and the third-person telepathy module is a brain-sucking mosquito bouncing around the actors, the second-person telepathy module is an alien mind control parasite that gloms onto you, sticks its electrodes into your brain, and tells you what to think. It’s got amazing potential for fine-grained insight into the guts of a story — after all, the second person is the most immersive viewpoint — but it’s a very hard tool to use without tickling the reader into noticing it. Alien mind control parasites tend to be one of those things that make most humans go “eek!” and run away very fast, and the same is true of this story-telling mode. […]
A la demande exprès de C. Doctorow via Boing Boing, voici un tantinet de pub gratuite pour l’atelier d’écriture pas gratuit organisé par Clarion, qui ne nous concerne que de doublement très loin puisque destiné à des proto-écrivains anglophones et localisé outre-atlantique.
Je vais de ce pas me laisser pousser les cheveux et devenir altruiste. Et faudra que j’arrête un jour de lire ces conneries pleines d’utopies postcyberpunk et d’économie post-pénurie.
The Clarion Foundation is the charitable organization that oversees the legendary Clarion science fiction writers’ workshop, and it’s seeking your help in the form of donated banner-space on your site.
I’m on the Board of the Foundation, a new nonprofit, and we’ve just produced our first-ever marketing campaign with the generous volunteer assistance of Grad Conn, my friend and old business-partner. The campaign consists (modestly) of the badges you see below, and a landing-page with some information on signing up to the workshop, which runs for six weeks every summer — it’s going to be in East Lansing, Michigan again this year.
We’re looking for websites that are willing to help us run the campaign by donating some space to host one of these badges (they’re in two standard sizes, 150×150 and 150×58) in a prominent place between now and the application deadline on April 1. Even if you can only run it for part of the time, or in rotation, we’d appreciate your help.
Clarion has trained hordes of talented writers, from Bruce Sterling to Octavia Butler, from Kelly Link to Nalo Hopkinson. I’m a graduate and had the good fortune to teach the program last year as well. Attending Clarion is a life-changing experience for many, a watershed moment that helps writers understand what is needed if they are to succeed, and that gives them the tools to achieve success.
Help us out if you can: inline one of the images below and link it to http://www.theclarionfoundation.org/ads/landing/. You’ll be helping to guide the careers of the writers who’ll be entertaining you in a year or two.
Thanks!
HOWTO de l’écriture SF et fantastique
18.11.2005
Pour les exhibitionnistes de déchets nasaux qui se sentent jeunes et aspirent à une certaine célébrité, voici un guide gratuit et, merci ô Grand Chambellan du Bonheur Binaire, en ligne 24/7 mis à disposition par la flamme communautariste du magnanime auteur de SF Jeffrey A. Carver:

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