Morceaux choisis de Nippon 2007
06.09.2007
Ce week-end, à Yokohama, dimanche succédait péniblement à samedi.
Les premières conférences s’éveillaient vers dix heures, au ralenti. L’affluence encore maigre en disait suffisamment sur la soirée de la veille.
Dès la fin de la cérémonie des Hugos, les room parties (fêtes de chambre?) commençaient à chauffer à petit feu pour peu à peu s’engorger d’une foule résignée à célébrer le fandom science-fictif. De toute évidence, les couloirs et chambres de l’hôtel Intercontinental n’avaient pas été conçues pour accueillir telle assemblée, d’où la température rapidement insupportable, qu’on nous invitait à calmer à coup d’alcool fort. Du sake, dans les chambres nippones (la majorité), ou de l’akvavit, dans le coin suédo-norvégien.
Trop de monde, trop d’alcool, trop de fans bruyants et trop peu d’auteurs.
Malgré les effectifs statistiquement internationaux, la foule était en réalité assez nettement scindée en deux groupes: les japonais, et les autres. La barrière linguistique était encore une fois à l’oeuvre, malheureusement. C’était par ailleurs déjà le cas durant les conférences, rarement bilingues, ce qui aura empêché à maintes reprises les curieux de découvrir les recoins obscurs de la SF nippone, débattue en long et en large, mais sans sous-titres.
J’espère de tout coeur que les organisateurs de la WorldCon 2009 à Montréal (félicitations!) y prêteront une attention toute particulière!

Room party sur tatami.
Ce matin-là, donc, pour se mettre l’eau à la bouche, une conf’ discrète en compagnie entre autres de Pat Cadigan, Jire E. Goezen et Takashi Ogawa (traducteur de Bruce Sterling), sur le thème du cyberpunk vu par différentes cultures. En l’occurrence, le Japon, l’Allemagne, les USA et l’Angleterre.
On en retiendra surtout le constat assez frustrant des deux critiques germaniques qui, sans trop simplifier, qualifient la science-fiction allemande contemporaine de daube commerciale, s’inspirant largement des succès anglo-saxons sans jamais même approximer de loin de leur qualité. Une manière peut-être de rattraper le retard acquis durant la Guerre Froide, lorsque le cyberpunk était snobé au profit de classiques venus de l’Est, en grande partie en raison de la qualité lamentable des traductions de l’anglais.
Au Japon, en revanche, le cyberpunk avait rapidement attiré l’attention. Un engouement directement lié au boom technologique qui avait marqué la société en parallèle, ce même boom qui a fait du Japon une culture plus “futuriste” que bon nombre de romans de science-fiction contemporains.
Les grands écarts entre nos différentes cultures expliquent facilement les approches très différentes qu’ont chaque milieu vis-à-vis de la science-fiction. Et plus intéressant encore, chaque pays possède sa propre perception des SF étrangères, souvent assez éloignée de celle des auteurs eux-mêmes.
Petite note pour ceux qui affectionnent cette discussion récurrente: oui, les américains sont parfaitement au courant de l’amour inconditionnel et relativement unique des francophones pour Philip K. Dick. Ou du moins, Pat Cadigan l’est.

Takashi Ogawa, Pat Cadigan, Jire E. Goezen, un autre allemand aux cheveux verts, et une traductrice.
Chaque conférence crée sa propre dynamique, son propre esprit, en fonction de son thème, de ses invités et de son public.
Celle débattant de l’intégration de la science et de la religion dans la SF&F, par exemple, dégageait un sérieux à traumatiser un théologien en deuil. Une discussion riche, profonde et complexe, enrichie par les avis divergents de ses participants: Robert C. Wilson, clairement trop intelligent, ou Lisa C. Freitag, d’une intensité tragicomique assez effrayante.
L’occasion unique d’entendre des suggestions assez surprenantes, comme celle de “lire la Bible comme un roman de SF” (Wilson); ce qu’il a fait, et de conclure que ce n’est pas de la très bonne SF, trop incohérente et compliquée.
L’occasion, aussi, d’observer une espèce de substrat concentré du public de cette WorldCon, entre la religieuse extrémiste du fond des USA, le couple obèse mais discret qui écoute attentivement en prenant soin de ne pas s’en mêler, et un espèce d’engagé fanatique, borderline autiste, qui alimente et enrichit le débat de propos parfaitement incohérents.
Un sujet évidemment polémique que les auteurs dissèquent avec cet outil inattendu qu’est la science-fiction, démontrant une fois de plus la puissance de cette littérature de l’imaginaire conjectural. Mais un outil néanmoins compliqué, qui emporte le débat sur la limite très fine entre épiphanie et absurdité.

Un robot fan de science-fiction.
Ailleurs et plus tard, un auditorium bondé accueillait l’interview de Ted Chiang, la star à la biblio aussi flamboyante que rachitique. Son interlocuteur, un physicien japonais, n’a pas manqué pas de le relever, plusieurs fois, dans un anglais laborieux. En fait, Chiang semblait avant tout s’excuser d’un succès qu’il n’avait pas demandé, cherchant lui aussi des mots qu’il doit préférer écrire qu’expliquer.

Beaucoup de japonais et un seul Ted Chiang.
La Masquerade conclusive était, pour tout dire, plutôt décevante. Forcément, dans un pays où se côtoient à tout bout de champ des femmes en kimono et des écolières habillées en soubrettes avec des cheveux roses et des pupilles de vampires, il ne suffit pas de se coller trois plumes sur les joues pour faire original. On retrouvait bien quelques design style anime japonais, mais au final, ce n’était guère plus impressionnant qu’un dimanche comme les autres sur le pont de Harajuku. Ou des soirées dans clubs tokyoïtes.

Ou pourquoi les paysans japonais ont peur des robots.

Ou ce qui arrive quand on joue trop à la poupée.
Une petite consolation suivait toutefois le court défilé: un quatuor de ninjas de démonstration, s’affrontant à l’épée, au double-sabre, au bâton, bref toutes les armes que vous avez vues dans les deux derniers Tarantino, auxquels certains membres de la troupe ont d’ailleurs participé.

Les tortues n’ont qu’à se rhabiller.
La convention terminée, on peut regretter une organisation aussi impeccable qu’impersonnelle, dans un espace n’invitant pas vraiment à la rencontre et l’échange. On aurait aussi espéré une mise en avant plus fière de la science-fiction japonaise et des débats anglo-nippons plus flamboyants. Mais comme on le sait, le mieux est l’ennemi du bien, et Nippon 2007 l’était tout à fait, bien. Et très intéressante, tant par ses débats originaux que ses rencontres uniques et inattendues. Si vous n’en avez pas encore assez vu, rendez-vous sur notre galerie Flickr de Nippon 2007!
Reste maintenant à déguster le butin du week-end, dont le flambant neuf recueil “Speculative Japan: Outstanding Tales of Japanese Science Fiction and Fantasy”.

Quand Star Trek rencontre la tradition nippone… je vous laisse imaginer la progéniture. Un(e) futur(e) fan de SF!
William Gibson > Neuromancer
31.08.2007

Une petite merveille pour finir la semaine en beauté. Une version audio de Neuromancer de William Gibson passée sur les ondes de la BBC les 11 et 18 octobre 2003 :
Vous pouvez l’écouter en ligne ou télécharger les 2 épisodes ici et là.
Merci Posthuman Blues.
Infest Wisely, podcast vidéo en 7 épisodes
09.06.2007

Photo © No Media Kings & Filmquake, 2007
Après Stranger Things, un nouveau podcast vidéo de science-fiction a vu le jour le mois passé : Infest Wisely. Basé sur un scénario de Jim Munroe, cette série cyberpunk en sept épisodes a comme point de départ l’apparition d’une nouvelle technologie permettant de prendre des photographies avec les yeux et… de guérir le cancer. Mais ça ne s’arrête pas là : les premières personnes à avoir adopté ce nouveau type de rinçage d’œil se voient gratifiés d’aptitudes imprévues. Trois épisodes ont été à ce jour publiés. Comme nous sommes charitables, vous trouverez ci-dessous la bande annonce du film. Bon vidéopodcast.
Hyperspécificité
30.08.2006
William Gibson nous sert un intéressant propos sur la façon qu’ont les auteurs de S.-F. de décrire des objets/technologies n’existant pas dans notre réalité et la quantité de détails à apporter ou non à ces descriptions :
Molly’s Mirrorshades; Zeiss-Ikon Eyes
[…] With Molly Millions‘ “implanted” glasses, though, I could never dream up a sufficiently convincing way to imagine them being attached. Were they “implanted” in skin, muscle, bone, all of these? How would any of these impact on the mobility of her features? What would the seam between skin and mirror look like? […]
FLURB > A Webzine of Astonishing Tales
28.08.2006

Voici un nouveau webzine de l’étrange, compilé dans la frustration par l’illustre Rudy Rucker, écrivain de S.-F. et de science aussi.
Hi, I’m Rudy Rucker, editor of Flurb.
Recently Paul Di Filippo and I wrote a story called “Elves of the Subdimensions.” I wanted to put it in my soon-forthcoming SF story collection, Mad Professor, which meant there wasn’t time to place our story in a printed magazine. So Paul and I tried a couple of SF webzines, and horrors, the fuddy-duds turned us down! Our tale was maybe too…astonishing.
And then I had a revelation that, if all I want is a Web publication of a piece, there’s no reason to go through the same painful “submission” (how apt a word) process that is standard for ink on paper zines. Thing is, if I want to see something on the Web, then why not do it myself?
So I decided to start Flurb and present the kinds of stories I like to read. Hip, witty, deep, unafraid. […]
NYC2123:Dayender > Chapitre Final
29.06.2006
Le sixième et dernier volet de NYC2123:Dayender vient de paraître. Disponible comme d’habitude en format PSP ou web.

nyc2123.log
Chapitre 1 > [PSP] [HTTP]
Chapitre 2 > [PSP] [HTTP]
Chapitre 3 > [PSP] [HTTP]
Chapitre 4 > [PSP] [HTTP]
Chapitre 5 > [PSP] [HTTP]
Plus d’infos sur le blogue de NYC2123:Dayender.
Ogawa Takashi, traducteur (notamment de Bruce Sterling), éditeur, critique et agent japonais de l’éminent Locus Magazine, présente via le site de The Japanese Literature Publishing and Promotion Center un petit papier sans prétention aucune sur la nouvelle génération d’écrivains de S.-F. japonais. Et même si j’en suis ressorti un peu ébranché, embrassé par la gentille vacuité de l’article, le bougre m’a bien donné envie de découvrir Ogawa Issui.
A New Generation Of Japanese SF Writers (traduction française babélisée)
Rémi Sussan > Les utopies posthumaines
09.03.2006
J-F S. de l’excellent blogue Au-dessus de Chiba vient de présenter un essai de Rémi Sussan, Les utopies posthumaines : Contre-culture, cyberculture, culture du chaos, qui, ma bonne foi, m’a l’air tout à fait tiptop pour le gaga d’échangisme p2p, de posthumanisme et de singularité que je suis.
Site officiel : Les utopies posthumaines

Les utopies posthumaines : Contre-culture, cyberculture, culture du chaos
de Rémi Sussan
Éditeur : Omniscience (17 octobre 2oo5)
Format : Broché - 288 pages
ISBN : 2916097015
Mis à jour 2oo6o310 @ 1119
Notre commentateur préféré me signale avec une fine justesse mon manque de rigueur et l’existence de plusieurs commentaires/interviews en relation avec Les utopies posthumaines :
Le Cafard Cosmique
Interview
Critique
Merci Hervé.
NYC2123 > Chapitre 5
22.02.2006
One Trilogy to Rule Them All
12.02.2006
Voici l’indispensable et jusqu’ici manquante comparaison des trois grandes, récentes, trilogies de S.-F./Fantasy généreusement proposée par l’éminent et très sérieux Dr. Albert Oxford, PhD sur son site Pointless Waste Of Time :
C’est le meilleur diurétique/laxatif du moment. Pire que la combinaison café Delizio+Euronews (bis) du matin.
« Ils sont fous ces Anglais. »

Einstein’s Theory of Relativity states that one object only has certain qualities when in relation to another. Thus, a headless man is only headless in comparison with an equivalent headed specimen. This is why the headless man’s mass will be transformed into energy should he be sent back in time at a velocity greater than light, whereas the headed man’s will not.
In the same manner, a film can only be said to be “good” or “bad” when in quantifiable comparison to other films. A visit to any fan message board will prove this to be amply true:
LegolasPhan@ringbearer.net: hahaha!!11 rotk DESTROYED matrix revlutions fagzs 11 oscer nominations how many did u get LOL
sithsmiter@aol.com: EPISODE3IS GONG2ROXR YR opea.mdauieozzz!!!11 spzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
As you see, even the illiterate know that when weighing the quality of the great sci-fi/fantasy trilogies they must always contest with each other as it is physically impossible for any fan to state that he enjoyed The Matrix: Revolutions unless he equally disapproved of Return of the King and thus has means for comparison.
Contrary to uneducated popular belief, however, we can measure which of the popular sci-fantasy (or “geek”) trilogies is superior through a defined set of scientific criteria that are very real and quantifiable (i.e., Harrison Ford’s performance in the original Star Wars trilogy scored a 8.4 on the Segal Revised Charisma Scale, Elijah Wood scored only a 2.6) and such methods we have employed herein. Let us begin.
nda : à cause de ces conneries, j’ai été jeté dans les bras du compromis et ai bien contre mon gré ajouté une catégorie Fantasy à ce blogue.
Renaissance
11.02.2006
Incroyable ! En tentant presqu’vainement de me réveiller à coups lancinants d’Euronews ce matin, j’ai été littéralement étonné (et je pèse mes mots) par un sujet traitant de la première mondiale du polar cyberpunk français d’animation Renaissance, présenté dans le cadre d’Imagina, festival européen de la création de contenus numériques.
Mon étonnement teinté d’incontinence est probablement le fruit incestueux de la triplette cyberpunk+esthétique noir-blanc du tonnerre+ressemblance hystérique avec la BD autant cyberpunk NYC2123. On y retrouve exactement le même type de travail épuré du noir-blanc exacerbé où les tons de gris sont aussi rares que des beignets aux prostates de pastenague nourries exclusivement au plancton liophylisé. Maman !
Ca sort en salle le 15 mars 2oo6.
2054. Dans un Paris labyrinthique où chaque fait et geste est contrôlé et filmé, Ilona Tasuiev, jeune scientifique jalousée par tous pour sa beauté et son intelligence, est kidnappée. Avalon, l’entreprise qui emploie Ilona fait pression sur Karas, policier controversé, spécialisé dans les affaires d’enlèvement, pour retrouver au plus vite la disparue.
Karas sent rapidement une présence dans son sillage. Il n’est pas seul sur les traces d’Ilona, et ses poursuivants semblent prêts à tout pour le devancer.
Retrouver Ilona devient vital : la jeune femme est l’enjeu d’une guerre occulte qui la dépasse. Elle est la clef d’un protocole mettant en cause le futur du genre humain. Le protocole Renaissance….

Renaissance
Un film de Christian Volckman
Concept visuel original
Marc Miance
Histoire originale
Matthieu Delaporte & Alexandre de la Patellière
Scénario & dialogues
Matthieu Delaporte & Alexandre de la Patellière
Patrick Raynal & Jean-Bernard Pouy
Studio d’animation : Attitude Studio
Sortie : 15 mars 2oo6
Durée : 1h35
Georges Panchard > Forteresse
16.12.2005
L’autre jour, emmitouflé dans un froid presqu’paternel, je cassais le bout de gras avec notre Olifant capuchonné, comme nous le faisons souvent en ces périodes de disette sociale. Au moment fatidique du supplément de ricotta, notre monde féru de réfection s’est confortablement enveloppé d’une gaine de fumerolles soufrées pour sonner l’halali et nous annoncer une autre de mes déclarations d’amour au Patron, par le biais d’une théorie totalement infondée sur la littérature SF francophone. Vous aurez reconnu là, sans ciller, le symptôme de ma dantique aiguë, dard de mon incompétence.
La pente m’a donc gentimment poussé en direction du grand vide lorsque j’ai affirmé que la particulière flamboyance du français langoureusement enlacée à son panache rendait tout à fait impossible l’écriture d’une nouvelle de cyberpunk dans la langue de M. G. Dantec.
J’ai immédiatement compris ma monumentale erreur lorsque j’ai vu le visage de notre Olifant se déformer affreusement et arborer du coin de ses lèvres les armoiries grimaçantes d’une pointe d’ironie dont le goût bileux restera à jamais gravé entre mes papilles grisonnantes. En gros, je n’étais pas loin de m’accoupler avec l’ennemi. A peine avais-je donc fini ma phrase que je contemplais déjà du ras du sol la pelure de banane que je m’étais moi-même glissé sous les pieds:
« Et Forteresse dans tout ça? Hein?
— Forteresse, comment ça “Forteresse”? »
Bref, j’avais beaucoup de peine à me suivre, même dans les virages, jusqu’à ce que la lumière ne m’éblouisse de ses bras rassurants.
« Mais bien sûr ! Sapristi, quelle nouille je fais ! C’est Forteresse, le pavé cyberpunk helvétique de Georges Panchard !
— Ah ben ouais ! J’y suis maintenant ! », me répondis-je presqu’déçu en bien.
Tout ça pour dire que G. Panchard a réussi à faire avec Forteresse ce que peu d’auteurs francophones ont atteint dans ce domaine: écrire un roman de cyberpunk roots dans un style aussi bien nerveux que dynamique et merveilleusement technique, sans tomber dans la confiture au lait restée ouverte trop longtemps et dont il faut casser la croûte superficielle pour en atteindre le miel. Du pur cyberpunk francophone, en fait. Avec une géopolitique mondiale follement repensée sur des bases très contemporaines, des inventions technologiques aussi déjantées que plausibles et une intrigue qui finit par vous prendre par le cotson et vous y tatoue un “je t’ai bien eu, petit” dans les toutes dernières pages. Une cascade de maestria.
Ca manque quand même un peu de scènes de cul torrides, mais là, c’est personnel.
Ouf.
Sinon, t’as vu comment j’ai réussi à éviter de devoir faire une critique dans les règles de l’art? Très houdinique comme gars. Fier de moi, et loin d’être déçu.
Adrian Clayborne est le chef de la sécurité de Haviland Corporation, une des plus importantes compagnies de la planète. En 2039, Clayborne est informé que l’Union des États bibliques américains a décidé d’assassiner Brian Mannering, le puissant président de Haviland, dans sa forteresse andalouse de Castell One, un des sanctuaires high-tech les mieux protégés du monde. Il ignore tout des modalités de l’opération, mais il connaît son nom de code : Ghost. Fantôme. Lorsqu’il apprend qu’un système offensif indétectable vient d’être dérobé dans un laboratoire suédois, que ce système a été baptisé Fantôme par son concepteur, et qu’un mercenaire allemand qui a déjà travaillé pour l’Union est impliqué dans l’affaire, il fait le rapprochement. Mais quelle relation cela peut-il avoir avec le suicide, deux ans plus tôt, d’un modeste peintre d’Oklahoma City, spécialisé dans l’imagerie biblique, et obèse comme quatre-vingt-neuf pour cent de ses compatriotes ? Un thriller haletant dans un avenir dur, noir et brillant. A lire deux fois.

Forteresse
de Georges Panchard
Éditeur : Robert Laffont (17 février 2005)
Collection : Ailleurs et demain. classiques
Format : Broché - 378 pages
ISBN : 2221104099
XLII - exliibris
NYC2123 > Chapitre 4
13.12.2005
Une analyse personnelle de Ted Wallingford, spécialiste de la VoIP, des prédictions socio-technologiques de Neuromancer, l’un des textes fondateurs du mouvement cyberpunk par William Gibson:
Neuromancer’s Predictions, 21 Years Later
[…] Since the birth of Cyberspace in the early eighties, graphics ware has grown to create immersive, life-like 3D environments. Skeptics of the realism of today’s graphics systems need only turn off the lights and play the first level or two of Doom 3 to be convinced. This grotesque, horror-filled game is proof of the immersive, emotionally deep nature of today’s video games. Perhaps that’s why Doom 3 has been hailed as the scariest game of all time. Now, to apply Neuromancer’s fictitious human interface technology: the “consensual hallucination”. Imagine that the creepy sounds, dark 3d enclaves, and physical trauma of combat with Doom’s horrific, gut-sucking demons was transmitted directly into the player’s nervous system using electrodes rather than using a color monitor and speakers. The experience would be not just immersive, but downright terrifying. […]
Ted Wallingford - O’Reilly Network.
Merci /patternHunter [/ph]
NYC2123 > Chapitre 3
01.11.2005
Le troisième volet de cette BD cyberpunk dont je parlais l’autre jour est enfin paru. Disponible en format PSP et web:

NYC2123 > BD cyberpunk en ligne
28.09.2005
NYC2123 est une BD cyberpunk destinée à la base à être lue sur PSP, mais qui est également à disposition online pour les pôvres du crédit. Pour l’instant, seuls les deux premiers chapitres, sur un total de six, sont disponibles. La sortie du 3e semble être prévue pour 200510.
Au sommet du tiptop, c’est vraiment très réussi et réinvente un peu le genre ou, surtout et plutôt, le remet au goût du jour. Ce qui, une fois encore, me ramène au teasing panchardique, mon propre chantre à moi perso du renouveau cyberpunk, en français suisse, faut-il encore le préciser.
Pour la note, le premier chapitre a subi 30.000 downloads, et c’est publié sous une licence CC.

Merci Boing Boing.
Beyond Cyberpunk!
27.09.2005
Pour ceux à la mémoire desquelles la monosyllabe «mac» rappelle une ligne de produits ressemblant tous à un gros étron post-ingestion de barium (et non à un ? de graisse), la douce mélopée de HyperCard pourrait titiller un autre coin obscurantiste de mémoire.
Donc, avant la possibilité de partager monts et veaux sur le réseau, des petits malins au goût raffiné avaient publié un guide hypertexte sur le cyberpunk, via moultes floppies et cd-roms. Une savante combinaison homogène de grande générosité, d’altruisme et d’âge a poussé ces bienfaiteurs de l’humanité à publier leur opus sur le web:
Beyond Cyberpunk! The Web Version
When we began Beyond Cyberpunk! (BCP), there was no such thing as the World Wide Web. Hypermedia programs like Apple’s HyperCard were the only way to inexpensively deliver hypertext with linked sounds, images, and animation. We saw in HyperCard the opportunity to create a compendium of all this cybercultural output. We wanted to map the territory, but to do so in a way that allowed the user to explore her own links and interests. We tried to cram in as much material as we could, covering everthing from high-brow crit theory to sci-fi lit and films to the wired worlds of hackers/crackers and the zine publishing scene which was starting to move into cyberspace. The result was a 5.5 megabyte “connect-the-dots” cyber-manifesto. In 1993, we followed up the first BCP stack with a one-disk update.
Maurice G. Dantec > Les racines du mal
18.09.2005
Là, du coup, ça va être quand même difficile de faire une critique des Racines du mal de M. G. Dantec, vu le manque d’enthousiasme, voir l’ire ou encore le courroux dans le dos, qui ont subreptiscement semé d’écorchantes embûches mon caillouteux chemin vers la page 768 de ce pavé.
Pourtant, c’est une fois encore sur les conseils autrement très avisés du Lucain à particules que je me suis jeté crocs ouverts sur le sus-dit ouvrage. Et à mon grand regret, je m’y suis cassé ces fameux crocs en bromure de silicium qui ont longtemps fait la fierté de générations de Hau Ruck!. Quoique, réflection faite, je vais être tout à fait honnête: les crocs, je ne me les suis que fissuré. Mais c’était quand même vachement douloureux et ça n’a pas arrêté de lanciner comme si des nains s’amusaient à faire du tape-cul entre les fissures.
Pour faire bref, le bouquin est soufflant durant la première centaine de pages, cent vingt-quatre pour être précis, réunies dans un même élan entre la bibliographie (un étrange mélange hétérogène de T. Leary, B. Idol, Nietzsche et d’Y. Coppens) et la deuxième partie, Machine contre machine, au sein de la première partie intitulée Le dernier homme. Jusque là, pas de SF en vue, juste du malsain, de la folie et des alienazis partout.
Le reste est certes chouette si on considère le bouquin comme un roman policier un tantinet futuriste (traque de tueurs en série très vilains, qui ne méritent que des coups de règles en alu sur le bout des doigts, avec une intelligence artificielle améliorée simulant un esprit humain schizophrène et mimétiste). Mais si, comme moi, on s’attendait à un bon thriller cyberpunk et qu’on a le slip facilement secoué par la technologie découlant normalement de ce genre, l’enthousiasme laisse très vite sa place à un ennui profond enflé encore davantage par l’écriture franchement médiocre de l’auteur. J’ai plusieurs fois essayé d’expliquer ce qui me dérangeait dans le style de Dantec, notamment à un Lucain dépité perché dans ses hauteurs horlogères, et j’ai échoué à chaque tentative, me vautrant dans les injures faciles les plus variées.
En fait, tout en étant parfaitement conscient que le bouquin date déjà de l’époque de ???????????, je crois que sa technologie et surtout la crédibilité dont manque cette technologie sont les facteurs putréfiant de mon enthousiasme. Ca pourrait être un problème d’écriture, ou alors peut-être que Dantec ne considérait pas vraiment cet aspect comme étant un pilier important de son bouquin. L’impression globale que ça me donne est un sentiment avorté de manque d’intérêt, comme si l’auteur s’était dit un dimanche matin sur la terrasse du Pain Quotidien: “Oh ben tiens! Comme je viens de lire Neuromancien et Schismatrice en français et que j’essaie d’arrêter le LSD et que j’aimerais bien renouer avec les racines ethniques du grand-père de la cousine du fils du boulanger et apprendre les rudiments de la ????????, je pourrais me mettre à l’écriture et faire un policier futuriste.”
Un peu comme si un Japonais avec un diplôme de français de l’ELCF avait décidé de traduire les deux chefs-d’oeuvres fondateurs du cyberpunk en français. On comprend ce qu’il veut dire mais ça reste fade, traduit avec les pieds et rageant de platitude.
Et merde, j’en ai vraiment marre de me forcer à écrire cette daube!
Un grand merci à G. Panchard et sa Forteresse pour me remonter la morale et arrondir les angles de ma colère. Lui, c’est un bon copain de la muse des dithyrambes.
Pardon pour tout.

Les racines du mal
de Maurice G. Dantec
Éditeur : Gallimard (1999)
Collection : Folio policier
Format : Poche - 768 pages
ISBN : 2070407756
XLII - exliibris
Cory Doctorow > i, robot
18.09.2005
i, robot est une excellente nouvelle cyberpunk de C. Doctorow, publiée en ligne en juin dernier par le zine The Infinite Matrix: une enquête policière en plein conflit entre l’Eurasie et l’UNATS (United North American Trading Sphere), avec en toile de fond une intéressante réflexion sur le diktat hypocrite des trois lois de la robotique d’Isaac Asimov. Sans parler du mini-concept derrière le titre de la nouvelle.
“Last spring, in the wake of Ray Bradbury pitching a tantrum over Michael Moore appropriating the title of ‘Fahrenheit 451′ to make Fahrenheit 9/11, I conceived of a plan to write a series of stories with the same titles as famous sf shorts, which would pick apart the totalitarian assumptions underpinning some of sf’s classic narratives.”

Robot sculpture by Howard Waldrop
Photo Eileen Gunn
Dossier Steampunk
01.09.2005
Le que-je-viens-de-découvrir portail SF LeFantastique.Net a un excellent dossier sur le steampunk, ses origines, sa présence dans la littérature francophone et, bien entendu, une spéciale The Difference Engine.


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