China Miéville - Perdido Street Station
Perdido Street Station © Gordillo, 2004

Presque jamais jusqu’ici je n’avais dévoré un livre aussi lentement et avec autant de délectation. Jamais ! D’habitude lorsque le 5/6 sur l’échelle des guilis est atteint j’essaie de finir le bouquin aussi rapidement que possible, mais là, avec Looking for Jake, faramineux recueil de nouvelles de China Miéville, musculeux pape du new weird et trop à gauche pour être honnête, je suis tombé de haut, un peu comme Humpty Dumpty dans la chanson ; sauf que je n’avais ni armée ni chevaux royaux pour tenter de me ramasser à la cuiller, juste une boîte de kleenex pour effacer les traces de mon embarras.

En gros, j’ai dû mettre un bon tiercé de mois pour uploader la totalité du tome dans mon cerveau encore trop peu posthumain, juste parce que je n’avais jamais envie que ça se termine, tant la texture, l’atmosphère et les idées de ces textes étaient délectables. Essayez de vous imaginer une raisonnable peufnée de g?y? champur? accompagnée d’un magnum de sh?ch? de patate douce (ou d’awamori pour les plus solides). L’analogie est parfaite. A part peut-être que si on tentait d’ingurgiter du China Miéville, on risquerait bien de se trouver nez à nez avec un relent/mélange âcre de poussière, de graisse de machine, de terreau humide dans la bouche et une forte impression de décalage.

Ô malaise-guili, quand tu nous tiens par la queue du derrière de la next door girl, ça devient carrément de la folie. Aïe.

Après avoir goûté à China Miéville, on en reveut, on en a des cauchemars de milieu de régime dissocié. Et c’est les détails qui en pâtissent. Attention au spoiler, je viens de glisser.

Details
Crackle © alankin

Quatrième de couverture
Step into a London ravaged by unearthly creatures at once utterly alien and chillingly familiar. In China Miéville’s award-winning novella ‘The Tain’, we learn the reason for the invaders’ terrible revenge. In addition to ‘The Tain’, this superb collection contains thirteen short stories, of visionary cityscapes and urban paranoia, ghosts, monsters and impossible diseases. Several of the stories are published here for the first time including one in comic-strip form, illustrated by Liam Sharp.

China Miéville > Looking for Jake
Looking for Jake and other Stories

de China Miéville
Éditeur : Pan Books (Août 2oo6)
Format : Poche – 32o pages
ISBN : o-33o-43418-7

J-F S. la qualifie de « bijou », nous nous risquerons même à parler de torrent de guilis. Une critique pareille, il nous en faudrait aussi parfois sur les Xénos :

Le grand détournement [critique de L'Odyssée de Klark d'Alexis Aubenque]

Du pur boeuf entremêlé, aussi fin que devrait l’être la mousse d’une bonne bière, sous la plume d’Arkady Knight. Et promettez-moi de ne pas vous arrêter avant la fin.

Un incommensurable merci au faste Au-dessus de Chiba pour cette perle. Notre gratitude est telle que votre serviteur aura même omis l’utilisation de l’usuel tag small pour cette génuflexion.

Ruth Nestvold (LiveJournal) nous sert, via Futurismic, une histoire aussi brève que quasi post-singularité et très post-cyberpunk sur le thème du changement de genre, de l’upload de l’esprit humain et nous surprend avec de rocambolesques rebondissements. Dommage que l’histoire ne continue pas. Ca finit un peu en queue d’uroboros érigé tout droit.

Exit Without Saving

Et apparemment, le texte fera partie de l’anthologie Science Fiction: The Best of the Year, 2007 Edition. Ca c’en est une de bonne nouvelle.

Sinon, je suis sûr que ça plaira au pâle bleu qui vient de nous joindre dans la gigue infernale des Xénos et nous en dit déjà bien long sur ce dont il est capable, le bougre.

Merci Boing2.

Hmmm. The Atrocity Archives… ? Pfff. Charles Stross… ? Ça ressemble à une vieille choucroute mal réchauffée qui aurait sauté l’étape de la réfrigération, non ? Et en fait c’est bien de ça qu’il s’agit : notre Tifnord bien-aimé s’était déjà attiré les foudres vengeresses de notre plus fidèle commentateur en parlant des Atrocity Archives de C. Stross sans avoir daigné au préalable caresser ce Grand’Œuvre de ses mirettes encore bien humides derrière les oreilles. Tout ça pour flatter votre serviteur dans le bon sens. Ah l’amitié, la fourbe.

Mais que fichtre fait la police dans cette blogosphère ?! Car nous sommes bien en face de ce que votre bovin expat’ aime à considérer comme une horde farouche de guilis dans le slip. Et pas des moindres : je parle bien de ceux à deux mains appliqués de l’intérieur (de bas en haut par habitude) que toute vessie adulte abhorre loin au-delà des montagnes du cauchemar que se plaît à fabriquer la faible imagination humaine pour passer le temps.

Le papier de notre Héraut du Permafrost étant bien plus touffu qu’une vache maigre apeurée dans un coin sombre d’un parc anglais les sabots enfoncés dans une herbe mi-haute glacée de rosée pré-matinale, je ne vais pas vous la refaire en changeant de main.

J’avais simplement envie de partager mon enthousiasme sans limite pour quasiment tout ce que nous pond ce nerd de la S.-F. hybride auquel j’ai déjà vendu mon âme pour trop peu. Et mon corps suivra tantôt sans trop de doutes amers.

En bref, si on aime la bonne S.-F. qui tient la route, teintée ici d’horreur lovecraftienne, là de romans noirs d’espionnage anglais, et encore un peu loin sur la gauche de cauchemars de sysadmin de base, en n’oubliant pas de passer par une pincée d’uchronie, on aime aussi The Atrocity Archives. On peinera même à résister à la maligne tentation de remplacer la chaleur humide de la matrice maternelle avec ce concentré de beau, bon, délicieux et bestial que sont les AA. Merci quand même maman.

Très très formidable pour ceux pour qui sont nés les Xénos.

(Et je ne vous ai encore même pas parlé d’Accelerando, autre monstre difforme de brillance enfanté par Stross. A juste titre car Accelerando mérite bien plus qu’une simple lecture. Une double ration diluée dans quelques gouttes d’eau pure s’annonce déjà si délicieuse que mes mollets en frémissent d’impatience engoncés dans mes fines chaussettes anti-economy class syndrom. Réjouis-toi populace assoiffée de sueur et de sang !).

Charles Stross > The Atrocity Archives
The Atrocity Archives

de Charles Stross
Éditeur : Ace Trade (3 Janvier 2oo6)
Format : Poche – 368 pages
ISBN : 0441013651

En fait, ça faisait quelques lurettes déjà que le Grand’Œuvre de Roland C. Wagner me tentait du bout de ses doigts inlassablement vrillés sur le mulot.

Et là, après la lecture de La saison de la sorcière, je ne sais quoi vous dire. J’ai des sentiments très divers sur ce bouquin, pensées que j’ai de la peine à mettre en forme pour ce papier, d’où le choix abject de lister lesdits sentiments sous forme de liste, non numérottée, la liste. Voici donc mes billevesées tripales sans analyse aucune :

  • J’ai bien aimé l’ouvrage dans son ensemble. Je l’ai lu sans anicroche, très prestement.
  • L’histoire est assez, voire très, délirante, et dans un sens plutôt positif. C’est même rafraîchissant, je trouve. Personnellement, je n’avais rien lu de similaire avant, mais une fois encore, le verso de mes über-oreilles de Dumbo sont loin d’avoir perdu leur humidité et ne feront donc jamais office de référence.
  • Je n’ai pas vraiment été attaché par les personnages que j’ai ressenti parfois un peu fades, mais peut-être qu’ils sont là juste pour servir de plus hautes sphères de l’histoire, un peu comme les bidasses-héros d’une guerre mondiale à l’échelle du monde entier.
  • Les guilis dans le slip n’étaient pas au rendez-vous. Sans toutefois que mère Déception n’y perde son chat.
  • Le côté rock et les références musicales ont canalisé certaines de mes pensées (les encore saines) en direction de Norman Spinrad, auteur que j’adore presqu’toujours. On y retrouve le ton engagé et rebelle un peu punk dudit N. S.. Pas étonnant que R.C.W. s’adonne au préfaçage de certains ouvrages traduits de Spinrad.

J’aimerais donc beaucoup lire les réactions/commentaires/analyses de ceux d’entre vous qui avez également lu La saison de la sorcière et en êtes sortis indemnes sous toutes les faces. Et par-dessus tout, j’aurais besoin des lumières de nos adeptes pour guider mes pas borgnes entre les méandres restant de l’œuvre de M. Wagner.

Et voilà, j’ai tellement perdu les pédales que je ne vous ai même pas présenté l’histoire de la Sorcière. Je vais de ce pas me pendouiller au bout d’une corde de remords ectoplasmiques en me passant Hey! (Rise Of The Robots) des Stranglers.

Sinon, si vous préférez le sérieux aux Xénos quelque peu délirants ces derniers temps, M. Wagner nous parle lui-même, et très bien en plus, de son bouquin via son blog :

La rançon du succès
Une leçon de modestie

Quatrième de couverture
La Chine a envahi la Mongolie, la France est occupée par les Etats-Unis, une guerre civile sans précédent menace l’Inde, lorsqu’une vague d’attentats à peine croyables bouleverse la planète. Un ptérodactyle géant arrache le Tout Eiffel, des statues de Mao ravagent Pékin, un Godzilla dévaste le port de Yokohama et des soucoupes volantes auraient procédé à des abductions dans l’Arkansas. Face à ce terrorisme surnaturel, la communauté internationale se lance dans une chasse aux sorcières d’un nouveau genre, enrôlant de force tout ce que la planète compte de magiciens potentiels. Le futur n’est plus ce qu’il était, et ce n’est décidément pas la bonne saison pour sortir de prison.

Roland C. Wagner
C’est avec un humour tantôt grinçant tantôt désopilant, que Roland C.Wagner s’attache, depuis le début des années 1980, à dénoncer les dérives de l’impérialisme au travers textes engagés comme La saison de la sorcière, pax Americana ou plus récemment L.G.M. Ce qui ne l’empêche ni de rêver à des mondes lointains (Le chant du Cosmos, Les aventuriers des étoiles), ni de s’amuser (Les futurs mystères de Paris).

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La saison de la sorcière

de Roland C. Wagner
Éditeur : J’ai Lu (4 Juillet 2oo6)
Collection : Science-fiction (JL8071)
Format : Poche – 222 pages
ISBN : 2290325589
XLII – exliibris

Sinon, RCW nous signalait via son Gomeux Disparate que plusieurs de ses textes étaient à disposition, gratos, sur le ouèbe, notre ami dans la lutte contre les DRM :

De la lecture à l’œil

Merci pour tout.

L’honorable Escape Pod, souverain pontif des podcasts S.-F. et bientôt référence du genre si ce n’est déjà fait, nous embaume de temps en temps avec des chroniques/revues/critiques de films de derrière des fagots dont je préfère taire la cosmique terreur.

La dernière (2006.08.21!) mouture de ces EP Reviews nous vient du vénérable Dr. Sullivan, sorte de brilliant dandy au cynisme et à l’humour d’autant plus décalés que sa voix semble facturée pour éveiller le côté féminin en chacun de nous autres mâles humains, l’humidité en moins bien entendu.

En partant de Full Metal Yakuza, un film du japonais Miike Takashi, le réalisateur japonais le plus dégoûtant du moment, et en le comparant avec RoboCop, le Docteur traite du mythe de Frankenstein et de ses moultes versions/reprises/part II avec une aisance aussi dérountante que brève. C’est de loin l’une des meilleures revue/critique de film ever. Un pur délice qui n’a rien, mais alors rien du tout, avoir avec les miasmes habituellement putrides de vos serviteurs xénobiophiles.

J’adore ces gens qui me poussent entre les griffes des tétines chaudes et malsaines d’une frénésie compulsive de soif d’en savoir plus, sans que je prête plus gare à l’épée émoussée du divorce et de la déchirure familiale qui pendouille comme une parodie obscène de la vie au-dessus de ma tête à l’aérodynamisme progressif. Ouf alors.

http
mp3
Flux RSS pour Escape Pod

Le chroniqueur
Jonathon Sullivan MD, PhD, practices Emergency Medicine at Detroit Receiving Hospital, and conducts cerebral resuscitation research at Wayne State University. His fiction has appeared in Bones of the World, 3SF, and Maelstrom. He lives in Farmington Hills, Michigan, with his wife Marilyn, a.k.a Karuna, the Bodhisattva of Infinite Compassion.

James P. Kelly, auteur notamment de Burn, novella podcastée en lice pour le Prix Hugo 2oo6, nous raconte l’histoire post-singularité (?!#) du cerveau de M. Westphall dissecté en direct par un medbot dont les différentes partitions, et même les collègues, montrent un intérêt bien trop poussé pour leur patient et en pâtissent quand même un peu à la fin.

Ce n’est pas vraiment transcendant, ni source de guilis r00ts, mais l’idée est originale et m’a surtout donné vraiment envie de récupérer le podcast de Burn, publié d’ailleurs aussi gratuitement en ligne sous moults 4 formats. Merci bien Creative Commons.

Barry Westphall Crashes the Singularity
Podcast: Free Reads ~ James Patrick Kelly reads himself

Extrait
[...] “Where is he?” says the medbot, as all its partitions but V freeze on the anomalous images. “Back, go back.” By now most of the world’s intelligence collective has joined the session. V continues to manipulate the needles sunk in Westphall’s exposed cerebrum as the sensorium shows him putting an empty plastic glass on the bedstand of Room Seven at the Armadillo Lodge at 11:36PM.

A nanosecond later, he disappears from 2002. And instantly reappears in 2196. [...]

N.B. Jim Kelly tient également la rubrique On The Net sur Asimov’s Science Fiction.

Sur les recommandations de notre commentateur le plus assidu, j’ai commandité le dévolu de mes impitoyables mirettes pour scruter les billets d’humeurs d’Henri Bademoude, rubrichroniqueur à la trempe rompue de la Yozone, haut lieu de la S.-F. francophone. Et ouf alors, parce que c’est de la bonne ! Une verve bien honnête, sans chichis ni retenue, qui nous brosse, nous aux Xénos, dans le sens du poil.

Délices et Daubes, c’est le bac à sable privé de M. Bademoude, où il partage ses expériences de lectures, tantôt jets de bile/venin, tantôt quasi dithyrambes., à coup d’un ou deux bouquins par papier.

Moi j’aime. Et j’aimerais même vraiment que la Yozone se mette aux flux RSS.

Manifesto (s’il en est)
Henri Bademoude, notre chroniqueur à l’humeur décapante, dit, en toute franchise et sans aucune diplomatie, ce qu’il a pensé de ses dernières lectures.

N.B. : Euh, avertissement à l’attention des vrais critiques littéraires : le dos de la cuiller de M. Bademoude est à peine entamée. Et lui, il lit ces bouquins avant d’en parler.

Merci Hervé.

Marrante cette opinion d’un scientifique sur Three Days to Never, le dernier opus de Tim Powers :

Tim Powers, Three Days to Never [Library of Babel]

Ça parlerait de voyage dans le temps, d’Einstein, de Chaplin et du ????? ???????? ????????? ???????. Bigre.

… au fait, qui l’a déjà lu ? Hein ?

Sinon, en son temps, moi, The Anubis Gates ça m’avait quand même bien fait sautiller d’un pied sur l’autre dans un élan d’excitation réfrénée.

Merci Uncertain Principles.

Notre désormais méta-prolifique Tifnord se plaignait, non sans justification, de notre manque de strabisme du côté de l’Asie, cette grande sœur dont les formes généreuses abreuvent les membres des Xénos depuis une bonne quinzaine d’années déjà. Et il a bien raison, notre héraut du permafrost en retrait. C’est pourquoi je, soutenu par ma bovine personne, m’en vais vous asperger d’une autre rasade de slime (à prononcer [slim] par les Biennois) aux relents de marée montante, ignorant copieusement les jérémiades de mon ur-compagnon de S.-F..

Donc, ma liste d’articles-à-faire était peuplée depuis plusieures conséquentes lurettes de moults sites/ouvrages consacrés à H.P.L. et au Mythe de Cthulhu qui méritaient tous une mention dans nos colonnes. Or, plutôt que de pondre un article par entité, la spontanéité, mère de ma créativité sans bornes, m’a poussé a tout empaqueter dans un gros même papier sans gêne.

Plouf :


The Official Cthulhu Mythos FAQ
Des FAQ assez succintes mais très utiles sur le mythe. On osera également consulter Wikipedia pour plus de détails et plus si affinité.
 

1.2.1. How do you say “Cthulhu”?
Very carefully.


Cthulhu Mythos Timeline
Une trame chronolgique du mythe depuis -2 trillions à +1 milliard.

January 2oo4: President Bill Clinton issues an Executive Order releasing any Innsmouth natives still held prisoner by the federal government, following the public revelation of the events in Innsmouth in 1928. A week later, Fred Carstairs dies. (”It Was the Day of the Deep One,” Cannon)


The Lurker in the Lobby
Site basé sur un bouquin, qui analyse les traces grasses des doigts oblongs de Lovecraft au cinéma et à la télévision. Ce qui me rappelle que j’avais adoré Re-animator [1985] [IMDb] en d’autres éons plus chevelus.

Re-animator [1985] - Herbert West


Cthulhu for president
Est-il besoin de commenter ce lien ? Hein ? Bon.

Cthulhu for President

This site is dedicated to the great old one, who should return from his slumber to take over the U.S. government and make this country a whole hell of a lot better as the leader of our executive branch. Or destroy it and drive everyone insane, kill us all, or something really nasty! Remember, Cthulhu for President, why vote for the lesser of two evils?


Tales of the Plush Cthulhu
Pour les âmes les plus facilement sensibles d’entre nous. Un chouette conte de Cthulhu raconté en finesse et avec brio au moyen de jolies petites peluches toutes chous. Très drôle et profondément débile.

Professor Blue Smush DinoBaby

“Wait, you plush fools!” cried Professor Blue Smush DinoBaby. “‘In
his house at R’lyeh dead Cthulhu waits dreaming.’ Do not disturb Him,
or you will doom us all!”


Livres [ndlr: Attention lecteur sensible ! Par un mauvais jet du sort, votre rédaction préférée n'a pas encore lu ces livres et vous les présente quand même]

The Necronomicon Files – The Truth Behind Lovecraft’s Legend

de Daniel Harms

The Necronomicon Files
Éditeur : Weiser Books (août 2oo3)
Format : Broché – 342 pages
ISBN : 1578632692

Une étude exhaustive sur le Necronomicon sous toutes ses formes.

The Encyclopedia Cthulhiana: A Guide to Lovecraftian Horror

de Daniel Harms

The Encyclopedia Cthulhiana: A Guide to Lovecraftian Horror
Éditeur : Chaosium, Inc. (juillet 1998)
Format : Broché – 423 pages
ISBN : 1568821190

LE guide sur tout ce qui touche à tout.

Merci d’avance pour vos cadeaux par milliers.


Merci The Website at the End of the Universe, et alii.

Une fois extirpé, non sans bobos, du décevant Maître du Haut Château de Philip K. Dick, une gentille uchronie sur le thème alléchant d’une victoire de l’Axe à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, je me suis immédiatement plongé dans une autre uchronie un brin plus déjantée : le Rêve de fer de Norman Spinrad. Et ben, vous me croirez ou non, j’y ai trouvé mon bout de gras, un genre de petite laine qui réchauffe doucement le cœur au sens propre comme au sens figuré. Rien de moins. En fait, j’ai passablement adoré.

M. Spinrad nous sert là une belle tranche bien grosse et vertement grasse d’uchronie, également à la sauce Seconde Guerre Mondiale : le petit moustachu, à la moustache d’entretien facile (non-iron), se serait exilé aux Etats-Unis à l’issue désastreuse pour le Vaterland de la Grande Guerre et y serait devenu un écrivain de S.-F. adulé, dont l’ouvrage de référence s’intitule Le Seigneur du Svastika. Et, bigre de bigre, Rêve de fer, sous sa couverture francophone tout en joliesse (presqu’printanière), abrite justement ledit Seigneur. Voici donc l’œuvre majeure d’un Adolf écrivain de S.-F., mais toujours aussi malade et prêt à partager, de gré ou de force, sa perspective globalisante d’un monde/univers à une seule race de purhommes dominant les vils mutants putrides et autres télépathes de gauche.

On comprend assez vite le dégoût ou l’ennui qu’a pu causer Rêve de fer chez d’aucuns, car le tout est présenté comme s’il avait été vraiment écrit par un dérangé du bulbe, dans une langue qui n’est pas la sienne, obnubilé par la Kameradschaft masculine du cuir, les symboles ouvertement phalliques et la pureté raciale au service de cette verticalité.

Sans relâche et avec un réel brio, Spinrad nous livre les unes après les autres, en rafale, des descriptions lourdement burinées aux chenilles de Panzer de parades des troupes d’élite du Svastika dans leur cuirs et métaux luisants ou encore de batailles titanesques contre les forces mutantes à la bave et l’incontinence faciles, de gauche. Un style qui louche un peu du côté du maître incontesté de l’excès d’adjectifs percutants et sert parfaitement le propos du livre.

Finalement et en aparté, pour ceux à qui le martial industrial donne des guilis, l’ambiance rouleau-compresseur et hache à deux mains du Rêve me rappelle furieusement les hymnes bombastiques de Triarii, future légende du genre. Les détails se résument au sein de l’incroyable On Wings Of Steel de leur dernier album Pièce Héroique.

Donc : à ne pas mettre entre des mains trop simples ou facilement choquées, Rêve de fer ne permet ni le premier degré, ni le second.

Quatrième de couverture
Et si, écœuré par la défaite allemande en 1918, Adolf Hitler avait émigré aux Etats-Unis ? S’il s’était découvert une vocation d’écrivain de science-fiction ? S’il avait rêvé de devenir le maître du monde et s’était inspiré de ses fantasmes racistes et belliqueux pour écrire Le Seigneur du Svastika, un roman couronné par de prestigieux prix littéraires ? Etonnante uchronie et terrifiante parodie, Rêve de fer est une dénonciation sans appel et sans ambiguïté du nazisme.

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Rêve de fer

de Norman Spinrad
Titre original: The Iron Dream (traduction de l’américain par Jean-Michel Boissier)
Préface : Roland C. Wagner
Éditeur : Editions Gallimard (2o mai 2oo6)
Collection : Folio SF
Format : Poche – 382 pages
ISBN : 2070320529
XLII – exliibris

Un monde peuplé exclusivement d’athées où la religion est tombée en désuétude et où nos chérubins étudient Nietzsche et Descartes au berceau ? Un monde où les-dits athées achètent des divinités à leurs enfants en lieu et place d’animaux domestiques avec pour règle principale de ne jamais leur vouer un culte ? Cthulhu dépité et un peu lent à la détente ? Des montées incontrôlées de testostérone dans le slip de pré-adolescents presqu’pubères ? Le tout mariné dans le jus rance de crampes d’abdos compulsives ?

On retrouve Charlie Stross dans ce qu’il fait de mieux : un humour tordu en pleines ténèbres bercées par des Grands Anciens pas vraiment trop immondes et certainement pas innommables :

A Boy and His God

C’est notre Tifnord national qui va être content, si ce n’est comblé. Je viens effectivement de terminer une courte nouvelle de Paul Di Filippo traitant du sujet favori de notre coblogueur champion des terrains gelés : les bouquins.

Canto, Vellum, Incunabula, Papyrus, Breviary, Septuagint ou encore Microfiche sont les livr’héros de The Reluctant Book, ce conte merveilleusement délirant, très philosophique, cruel même. Et ne me prenez surtout pas pour un pervers tombé dedans tout petit, mais ces bouquins sont loin d’être des cousins, même germains, de ces parangons de souplesse parfaitement typographiés que sont les poches enfantés dans la douleur par un autre héros du genre, l’éditeur Suhrkamp. Les livres de Di Filippo sont de bizarres petites créatures poilues, au service des « Maîtres Bibliopléxistes », et dont une partie de la mémoire peut être utilisée pour stocker/uploader des textes/livres/articles/encyclopédies. Bref, on baigne une fois encore en pleine histoire de furries, plaquée d’une fiche couche de steampunk à la bonne morale.

Le livre conçu comme un être vivant, agréable et chaud au toucher, rassurant et dont le contenu est maléable selon le bon vouloir de son propriétaire, c’est du bien beau comme je les aime.

Extrait
[...]
Canto had not asked to be born a book, any more than he had chosen the ratios of his mixed genotype and his consequent motley appearance. But having received such an assignment from fate (in the case of the subservient Canto and his fellow books, of course, fate wore an all-too-human guise), he generally tried to make the best of things. Being a book–at least in this collection–did not hold the terrors associated with many other chimerical employments: toxin tester, vacuum worker, seabed miner. Boredom, lack of freedom, the rigors of new textual creation and mixing–these were the worst things a book generally faced.
[...]
© Paul Di Filippo 2000, 2001
“The Reluctant Book” was first published in Science Fiction Age, May 2000.

Entre les gastro-entérites virales et autres virées extra-vaterland de votre serviteur, les Xénos ont essoufflé leur flambeau un court instant, le temps de voir la demi-finale du concours de l’Eurovision en toute tranquillité et de vous revenir avec de nouvelles aventures encore plus fraîches. Vous nous remercierez quand vos petits-enfants vous écouteront genoux fléchis et ébahis.

Bref, avant toutes ces folles péripéties, je suis tombé sur Little Worker, une petite merveille de Paul Di Filippo diffusée via le mirobolant podcast Escape Pod et lue avec une maestria plus efficace qu’un massage interne de la vessie. Hourras de délire garantis.

Bienvenu dans le monde des furries génétiquement modifiés et améliorés pour subvenir à TOUS les besoins de leurs maîtres et maîtresses. Attention, ça peut glisser :

Little Worker
Flux RSS du podcast

Extrait
At home, Little Worker could do pretty much as she pleased, as long as she was there should Mister Michael need her. At the office–and in other public places–she had to be more circumspect and diligent. Little Worker was on duty her, in a way that was more intense than behind the electrified fence and active sensors of the estate. (Once, one of the men at the Training School had said: “Little Worker, you are the most diligent companion I’ve ever trained.” The men of the school had been nice, in their stern way. But no one was like Mister Michael.)

Today, however, Little Worker’s mind was not on her work.

Rated X. Contains sex, violence, domestic slavery, and furries you don’t want to mess with.
© Paul Di Filippo

Hier Avant-hier, 365 tomorrows nous offrait une charmante petite chose sur le rôle des implants post-singularité dans la disparition des agendas tels que nous les connaissons. Encore mieux que la SIT.

Internal Clock
Flux RSS des nouvelles

A se demander si je fais vraiment une fixation sur la Chose ou si c’est plutôt l’effet d’un tour de passe-passe de derrière des fagots dont je préfère autant taire le nom ici, mais voici encore un papier caressant les sensibles aisselles poudrées de H. P. Lovecraft.

Voilà quelques petits éons déjà que mon aggrégateur RSS me nourrit régulièrement des trames XML de The Temple of Dagon, blog extraordinaire voué à la diffusion de la parole du Maître de nos pires cauchemars et au mythe de Cthulhu. Véritable source de guilis pour les mordus, The Temple of Dagon propose des études sur le mythe, de la poésie et de la prose, de l’art et d’autres délices à ne manquer sous aucun prétexte, si ce n’est la peur d’une mort certaine et horrible. Et on y trouve des contes aussi :

The Last Weblog of Jonathan Lippincott, en suivant une trame lovecraftienne des plus pures, a une approche singulièrement moderniste du mythe en ce sens que le narrateur s’exprime via son blogue tout frais et qu’il le fait dans un style un tantinet simple(t), très « je blogue les choses de ma vie de tous les jours que je veux partager avec ma grande famille sur la toile ». Et, horreur !, malheur !, malheureusement, et bien contre son gré, cet ambitieux désir de partage communautaire mènera notre homme à sa perte. Ah le ouèbe et ses innommables dangers ! J’écouterai les conseils avisés de ma femme la prochaine fois.

En regards de ces périls cachés, là, tout près, on ne peut qu’admirer cet éclair d’humoristique lucidité par lequel A. R. Yngve nous révèle la terrible vérité qui se cache derrière le spam et les arnaques nigérianes.

En fait, j’aime. Et ça rigole, si si.

The Last Weblog of Jonathan Lippincott
Flux RSS de The Temple of Dagon

Extrait
“Go home, sergeant. You may want to check what your kids are doing with the computer.”
 
A flash of worry crossed Bolland’s face, and he hurried out through the door.

Ouf, je viens de terminer l’écoute du podcast de Come, Let Me Whisper, condensé de nouvelles de Russell L. Burt, que j’ai découvert en divaguant sur Podiobooks.com (l’hôte de Voices: New Media Fiction, l’anthologie S.-F. dont je vous parlais un peu plus tôt).

Et, en toute sincérité, j’ai vraiment bien aimé. M. Burt nous sert de l’horreur, du bizarre, du macabre, du fantastique, du lovecraftien (gniark!), et même un peu de gérontophilie, tout ça mariné dans une ambiance sudiste très particulière vu que la plupart de ses nouvelles se passent au Tennessee, d’où vient justement l’auteur. Et son lent accent chuitant ajoute une bonne couche de faux exotisme colonialiste au tout et trouve bien sa place dans l’atmosphère générale de l’oeuvre. Assez dépaysant.

J’ai particulièrement apprécié Wedding Vows, une drôle d’allégorie sur le mariage entre conjoints de confessions différentes, et Casey’s Sacrifice, autre hommage au maître de l’excès d’adjectifs. Mais aussi Work Ethic, magnifique coup de chapeau au rude boulot du patron. Pour ce qui est du reste, Come, Let me Whisper nous prend la main et nous ballade dans l’horreur et le fantastique, quelquefois très (trop?) classiques, les histoires de fantômes et trempe même le bout d’un gros orteil dans la litière de la S.-F..

Et le bougre a décidé de continuer l’expérience en sérialisant son roman Revelations, à coup de tranches mal aiguisées d’une quinzaine de minutes chacunes de quinze à beaucoup de minutes. Bigre.

Come, Let me Whisper
Promo audio sur Podiobooks.com
Flux RSS du podcast

Russell  L. Burt > Come, Let me Whisper” /><br />
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Manifesto
Come, let me whisper, words that no man should speak aloud
Their rightful place a page, to be torn from its source
Shredded from existence, At least hidden from light
That only a darker man may read, For flighty society
defines no place, Save that of closets with locks
Clubs without signs, And, of course, their minds

Voyez comme votre serviteur se vautre dans la simplicité, la panse à l’air secouée par les vagues impies d’un rire aux spasmes nauséux. Deux articles à la queue l’un de l’autre, un quasi zeste d’ouroboros sur Neil Gaiman, que je n’avais jamais lu auparavant et qui remonte déjà dans mon estime à peine forgée.

C’est effectivement en visitant son site pour me (laissez-moi rire) documenter un tantinet avant de pondre mon précédent opus que j’ai heureusement trébuché sur A Study in Emerald, l’une des trois nouvelles offertes à la lie sur ledit site. Et là, paf ! Classique claquement de rotule, ou de gencive (ça revient au même), au rude contact du fameux parpaing de vingt de la surprise : une imparable uchronie lovecraftienne, et d’obédience steampunk de surcroît, qui, même si j’avoue ne pas encore l’avoir lu, me rappelle insidieusement L’Instinct de l’équarisseur de Thomas Day dont l’Horrible nous entretenait jadis.

Hmm, c’est très trucculent tout ça. Et teinté d’humour noir, voire émeraude, mais là je brode. Et hop :

A Study in Emerald .pdf

Neil Gaiman nous aide à maigrir des abdos pour l’été à venir avec une sorte de revisite du mythe de Cthulhu et de sa bible, le tout chou Necronomicon : notre cher mais fétide divinité colérique dicte ses mémoires à un élu de la race humaine. Ça sonne très « fait à la main », un peu comme si mon parrain posait sa bière un instant et décidait d’écrire ses mémoires en dialecte bernois, mais sans les tentacules :

I, Cthulhu
or What’s A Tentacle-Faced Thing Like Me Doing In A Sunken City Like This (Latitude 47 ° 9’ S, Longitude 126 ° 43’ W)?
Google Maps

Pour ceux à l’oeil aguerri voire aiguisé aux sottises du ouèbe, vous noterez l’orthographe volontairement torturée du nom de notre immense pieuvre difforme dans l’URL pointant vers ce texte :

http://www.neilgaiman.com/exclusive/shortstories/chulthhustory

Et même si d’aucuns doutent de l’orthographe de son petit nom, il est universellement connu que « Cthulhu » se prononce /k?’?u?lu?/, /k?’???lu?/, ou /k?’t???lu?/ [1]

Extrait
Down from the skies they came, with filmy wings and rules and regulations and routines and Dho-Hna knows how many forms to be filled out in quintuplicate. Banal little bureaucruds, the lot of them. You could see it just looking at them: Five-pointed heads – every one you looked at had five points, arms whatever, on their heads (which I might add were always in the same place). None of them had the imagination to grow three arms or six, or one hundred and two. Five, every time.

No offence meant.

We didn’t get on.

They didn’t like my party.

They rapped on the walls (metaphorically). We paid no attention. Then they got mean. Argued. Bitched. Fought.

Okay, we said, you want the sea, you can have the sea. Lock, stock, and starfish-headed barrel. We moved onto the land – it was pretty swampy back then – and we built Gargantuan monolithic structures that dwarfed the mountains.

You know what killed off the dinosaurs, Whateley? We did. In one barbecue.

© Neil Gaiman, 1986

Les Chulthhus en vacances
Les Chulthhukrs en vacances

Merci The Website At The End Of The Universe.

[1] Selon la translitération IPA que cet imbécile d’Internet Explorer ne supporte pas. Désolé. Si l’effacé Tifnord, notre expert en textose, avait une meilleure idée, je veux bien m’y soumettre.

J-F S. de l’excellent blogue Au-dessus de Chiba vient de présenter un essai de Rémi Sussan, Les utopies posthumaines : Contre-culture, cyberculture, culture du chaos, qui, ma bonne foi, m’a l’air tout à fait tiptop pour le gaga d’échangisme p2p, de posthumanisme et de singularité que je suis.

Site officiel : Les utopies posthumaines

R. Sussan > Les utopies posthumaines” /><br />
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Les utopies posthumaines : Contre-culture, cyberculture, culture du chaos
de Rémi Sussan
Éditeur : Omniscience (17 octobre 2oo5)
Format : Broché – 288 pages
ISBN : 2916097015


Mis à jour 2oo6o310 @ 1119
Notre commentateur préféré me signale avec une fine justesse mon manque de rigueur et l’existence de plusieurs commentaires/interviews en relation avec Les utopies posthumaines :

ActuSF
Interview
Critique

Le Cafard Cosmique
Interview
Critique

Merci Hervé.