Sexynisme

06.01.2006

En réponse au récent article foutrement scandaleux de notre compère Tifnord où il prétend impunément que des magmalgames carboniques de type xy xx seraient aptes à écrire de la S.-F., je me propose de partager avec vous cette couple de news afin de remettre de l’ordre dans la balance de l’univers, et dans celle du slip un peu aussi.


AeloraLane de Scifibrain.com nous offre son Top 10 des plus chaudes femmes de la S.-F., avec des photos à lécher pour prouver son propos:
 
Top 10 Hottest Women in Sci-Fi
1. Monica Bellucci (The Matrix Reloaded, Revolutions – Persephone)
2. Claudia Christian (Babylon 5 – Susan Ivanova)
3. Claudia Black (Farscape – Aeryn Sun)
4. Katherine Heigl (Roswell – Isabel)
5. Morena Baccarin (Firefly – Inara)
6. Tricia Helfer (Battlestar Galactica – Six)
7. Musetta Vander (Various)
8. Gina Torres (Firefly – Zoe)
9. Natalie Portman (Star Wars prequels – Padme)
10. Annette O’Toole (Smallville – Martha Kent)
 
Dommage qu’il s’agisse en grande majorité d’actrices de séries TV que je ne regarde jamais.
 
Et juste pour flatter le Tifnord et ses lectrices dans le sens de leurs duveteuses cuisses internes :
 
Top 10 Hottest Men in Sci-Fi
Attention, spoiler : ils ont tous dotés d’impressionnantes protèses mammaires! Vous noterez également l’absence de liens IMDb pour les acteurs, qui ne présentent aucun intérêt pour ma pomme. Et mon poignet me fait mal de toute façon après tous ces liens xy xx.
 
1. Adam Baldwin (Jayne Cobb on Firefly/Serenity)
2. Jason Momoa (Ronon Dex on Stargate: Atlantis)
3. Joe Flanigan (Colonel John Sheppard on Stargate: Atlantis)
4. Michael Rosenbaum (Lex on Smallville) [lui, je le connais!!]
5. Tom Welling (Clark on Smallville) [lui aussi, c'est son ami/ennemi]
6. Nathan Fillion (Captain Malcolm Reynolds on Firefly/Serenity)
7. David Hewlett (Dr. Rodney McKay on Stargate:Atlantis)
8. Josh Holloway (Sawyer on Lost)
9. Christopher Judge (Teal’c on Stargate:SG-1)
10. Sean Maher (Dr. Simon Tam on Firefly/Serenity)
 
Une fois encore, que des abdos de séries.



Capt_Xerox
du Website at the End of the Universe nous propose, apparemment comme chaque année, son Calendrier S.-F. illustré pour 2oo6. Le thème de cette année: Femmes en danger. Chaque mois est illustré par un scan de couverture de pulps de S.-F., d’horreur ou de fantastique, avec une pin-up en danger à chaque fois. Brilliant.
 


Une Akiza (par Robinson du collectif Tous les anges) dédiée au modèle Goth Marilyne

Au hasard de mes pérégrinations toilesques, je suis tombé sur un site plutôt amusant, un brin fétichiste, qui regroupe bon nombre de pages captivantes et complémentaires: The Alien’s Café. Une galerie d’artistes timbrés, une Cinquième dimension où l’on trouvera des portraits d’Erzsébet Báthory, de Vlad ?epe? ou encore d’Aleister Crowley, mais aussi un coquin recoin de mannequins enlatexés. Le tout dans un graphisme de train fantôme plutôt inspiré. Le projet, selon ses fondateurs :

« Site non commercial, The Alien’s Café est un espace de création et d’échanges. Sa mission : offrir des espaces d’expression aux plasticiens, poètes, nouvellistes, etc. Il peut offrir à chacun jusqu’à 20 pages/écran sous la forme de galeries (accompagnées ou non de textes), de pages façon magazine, livre, etc. De plus, le Café peut publier — de manière régulière — vos communiqués, annoncer vos événements, vous interviewer afin de mieux vous présenter à ses visiteurs… »

Soyez sages.

Tout ce que je mérite, c’est une bardée au knut-fléau en parpaing de 20 isotope 12 et que le ciel me tombe sur la tête et me défonce au moins trois vertèbres en commençant par celle en haut à gauche.

La Maison de la culture du Japon à Paris accueille, depuis des lurettes que je ne saurais compter, une exposition sur les ?? (monstres, fantômes, êtres surnaturels, et alii) du bestiaire fantastique japonais. Et comme l’expo se termine déjà le 28 janvier prochain, je suis sûr de ne pas pouvoir y aller.

Encore pardon, Professeur Girard. m(_ _)m

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L’une des huit illustrations du ?????? – © Waseda University Library, 2003

INFOS PRATIQUES
 
Y?KAI – Bestiaire du fantastique japonais
Du mercredi 26 octobre 2005 au samedi 28 janvier 2006
 
Salle d’exposition (niveau 2)
Horaires du mardi au samedi de 12h à 19h / Nocturne le jeudi jusqu’à 20h (Dernière entrée : 30mn avant la fermeture). Fermé les jours fériés
Fermeture annuelle du 24 décembre au 3 janvier inclus
Fermeture exceptionnelle de l’exposition le mardi 6 décembre
Prix d’entrée 6€ / Tarif réduit 4€ / Gratuit pour les adhérents MCJP, les enfants de moins de 12 ans (obligatoirement accompagnés par un adulte)
Visite de groupe (20 personnes maximum) sur réservation uniquement (avec ou sans conférencier). Tél. 01 44 37 95 01 du mardi au samedi de 12h30 à 18h30
Organisation Maison de la culture du Japon à Paris (Fondation du Japon), Association pour la MCJP
En collaboration avec S2 Corporation


Idle Hands, © Ojimbo/Jim Sheely, 2004

Jim Sheely, alias Ojimbo, se présente lui-même comme une sorte d’ermite qui, sans habiter une grotte loin de toute humanité, vit et travaille néanmoins au fond de la banlieue de Columbus, dans l’Ohio. Dès son plus jeune âge, il peint, dessine, mais ce n’est qu’à partir de la naissance de son fils Grae, en 1990, qu’il se met à sculpter le bois. Fasciné de longue date par les sociétés traditionnelles où cet art fait partie intégrante des croyances et de l’éducation (Maoris, Balinais, Tlingits et Haidas), il doit son coup de foudre pour la sculpture aux œuvres d’Elijah Pierce découvertes au hasard d’une exposition sur l’art populaire. L’honnêteté, le charme et la beauté crue du travail de ce fils d’esclave du Mississippi provoquent en lui un cataclysme sans retour. Il découvrira plus tard que cet artiste tenait autrefois une galerie-salon de coiffure juste à côté de l’école où il se rendait quand il était gamin.

Autodidacte humble et curieux, Ojimbo acquiert alors tout seul sa maîtrise de la gouge, du couteau et du ciseau à bois. Durant de nombreuses années, il ne montre son travail qu’à sa famille, mais commence peu à peu à frayer avec le reste du monde par le biais d’Internet. Aujourd’hui, il a de nombreux admirateurs de par le monde et des collectionneurs fidèles qui acquièrent ses œuvres sur eBay. Récemment, la galerie Roq la Rue de Seattle l’a contacté afin de mettre sur pied une exposition au titre évocateur : Bad Moon Rising. D’autres présentations de son travail sont prévues en 2006 au même endroit.

Valeur montante de l’art populaire, Ojimbo espère aujourd’hui qu’il saura inspirer d’autres artistes et les mener à découvrir la sculpture sur bois, tradition selon lui sous-estimée. Son conseil : Keep your tools sharp and your flesh out of the way.


Venus Flygirl, © Ojimbo/Jim Sheely, 2004

(Je tiens à remercier chaleureusement Ojimbo d’avoir répondu à mes questions avec autant de gentillesse. Les visuels de cet article sont reproduits avec l’aimable autorisation de l’artiste.)

Encore plus de fanfreluches pour vos achats sanglants du Solstice:

Les cafignons Cthulhu
Cafignons Cthulhu

Parfaits pour éviter la débattue les journées de fricasse.

Le bûcheron transformiste
Bûcheron transformiste

Attention, un miquelet peut cacher un gros méchant loup.

Et si on schneuque un peu, le site d’Entertainment Earth cache encore plus de fontaines de jouvence à bave comme ces autres jouets lovecraftiens, et alii.

A quand la panosse USS Enterprise pour astiquer la péclette?

Slurp, ou bien.

Merci en bien, Boing Boing.

Une gallerie Flickr pour les fans de Dawn of the Dead ET de tricot. Hallucinant!

DOTD

Airport Zombie
Zombie Nun

La [nano-] nouvelle du jour [2oo5.12.o1] de 365 tomorrows, World Made Flesh, par Jared Axelrod, revisite une belle idée de la relation physique entre l’écrit et son auteur et de l’effet que cette (dés)incarnation peut avoir sur les proches de celui-ci.

Pas très profond mais joli, surtout la référence à ce bô pays producteur de rêves qu’est la Thaïlande.

Et je me permets même de rappeler que 365 tomorrows est donc un groupblog d’auteurs de SF publiant une nouvelle par jour pendant un an [2005.08.01 >> 2006.07.31], que je lis vaillamment, euh, tous les jours. Ca vaut parfois vraiment son taux d’usure jusqu’à la rotule de son iris.

Flux RSS des nouvelles

Une exposition mélangeant la cryptozoologie (comprenez Sasquatch, Yéti, Dahu et autres animaux phantasmés) et l’art. A voir au Bates College Museum of Art (Lewiston, Maine) de juin à octobre 2006.

Cryptozoology: Out of Time Place Scale

Merci Boing Boing.


© zéro50 fonds d’art-chives / Têtes à Clap, 2005

Ceux qui ont aimé — comme moi — l’univers crypto-uchronien de l’Institut Benway sont invités à découvrir le nouveau rejeton poétique de Mael Le Mée : le Fantasmatographe. Dans le contexte des Utopiales, le jeudi 10 novembre à 19h15, ce spectacle d’une demi-heure vous fera goûter les péripéties de Bob Huston Jr., « aventurier visionnaire et névrosé, enrôlé par le très secret Groupe de Recherche et d’Intervention Eidolique ».

Mais qu’est-ce qu’une eidolie ? Traditionnellement, il s’agit d’un type d’images mentales décrit par le psychiatre Henri Ey (1900-1977) dans le contexte de l’hypnose. Dans l’esprit foisonnant de Mael Le Mée et de son acolyte musicien Jérôme Noirez, il est question de formes troublantes, de visages ou d’animaux que l’imagination démasque dans les nuages, les vieux murs ou qu’elle déniche parmi les motifs du papier peint. Pour rendre justice à votre curiosité, voici un extrait du communiqué de presse annonçant l’événement :

« Étrange mélange entre le cinéma primitif et le diaporama, le Fantasmatographe est une projection narrative d’images d’archives, fixes et muettes, de la première moitié du siècle dernier. Personne ne bouge ni ne parle sur ces photographies d’un autre temps, et pourtant les plans s’enchaînent, les cadrages évoluent, la pellicule — virtuelle — défile, saute, et se raye, pendant que des cartons d’intertitres tissent l’intrigue. Sous l’écran, un musicien interprète en direct la bande sonore au Thérémin, un instrument électroacoustique de 1930, et à l’échantillonneur. »

Le montage de cette animation est due aux bons soins d’Aurélien Guégan, sa retouche à Aurélien Police. Le tout est produit par Ciné-Ouïe, Têtes à Clapzéro50 fonds d’art-chives et Badlands, avec « l’aimable autorisation de la Société Internationale d’Exploitation Fantasmatographique ».

Rendez-vous le 10 à Nantes, à 19h15 pétantes…

Non, non et non Landru, il ne s’agit pas de tentacle hentai porn du tout!

A Shoggoth on the Roof est tout simplement une comédie musicale dans l’univers bucolique de H.P. Lovecraft, père de ce bon vieux gluant Cthulhu (prononcez /k???u?lu?/, /k?????lu?/, ou /k??t???lu?/) et ses aminches, les Grands Anciens.

Shoggoths are protoplasmic entities of mutable form and are considered to be among the most frightful entities of the mythos. They look like gigantic amoebae made of tar with glowing eyes floating on the surface. The shoggoths are terrible things to behold—even the Mad Arab, Abdul Alhazred, writer of the Necronomicon, was terrified by the mere thought that they might have existed at all on Earth.

A Shoggoth on the Roof

WonderFest

28.09.2005

WonderFest est une convention annuelle de turbinés collectioneurs fous de modelisme, de figurines et de jouets d’obédience SF, horreur, comics ou ??.

Voici les photos de l’édition 2004 et le e-flyer de celle de 2005.

What is WonderFest? A weekend of wonder in Louisville!
WonderFest is a weekend of hobby escape that’s held every Summer in Louisville, Kentucky USA! It features movie special effects guests, the largest model contest in the U.S. for sci-fi, horror & comics-related subjects, model and toy dealers galore, and seminars to entertain and improve hobbyists of all ages!

Vincent Price

iSciFiStory.com présente sa version du tableau périodique des éléments, dont nous avions déjà vu la version SF précédemment:

Tableau périodique des haïkus

56 Barium
the bitter cocktail
of a colonoscopy –
grin and barium

Encore un veineux qui doit certainement connaître une bonne déchirure dans le continuum espace-temps.

X-Wing Origami HOWTO

X-Wing

Un boulanger/artiste thai de 28 ans et portant le doux nom de Kittiwat Unarrom boulange des parties corporelles en plus et surtout moins bon état pour faire de l’art de boulanger. Délicieux.

TextImages
Yahoo!
X51.ENEMA [jap]
dannychoo.com

Human Bread

Merci Boing Boing.

cyberflower
Roman Verostko, Cyberflower Duet, Green, 2002

Si bien des genres littéraires épousent une fois ou l’autre le galbe onduleux de la science-fiction, la science-fiction, quant à elle, n’hésite pas à frayer avec les styles les plus inattendus. Dans la lignée de ces riches métissages scripturaux, mentionnons tout de même la poésie science-fictive (dont je vous entretiendrai avec plus d’ardeur dans un autre article) et, comble du raffinement, les haïkus (??) ou, plus correctement, haïkaïs science-fictifs. Petit rappel pour ceux qui — comme moi — n’entendraient pas couramment le japonais.

Grosso modo, les haïkus sont composés d’un heptasyllabe embrassé par deux pentasyllabes, avec l’obligation formelle de faire allusion, dans ce fameux deuxième vers en sandwich, à la nature ou à l’une de ses saisons (allusion appelée kigo (??)). Nul n’ignore la grande popularité de cette forme poétique à travers le monde, et nombreux sont ceux qui se targuent de composer de petites coquetteries stylistiques sans jamais pouvoir égaler des maîtres japonais de la trempe de Masaoka Shiki (?? ??, 1867-1902), réformateur du hokku d’un certain Matsuo Bash? (????, 1644-1694). À titre d’exemple, et pour se faire plaisir après tout, voici l’œuvre de ce poète la plus fréquemment citée sur la Toile (331000 occurences sur Google) :

?????????????
 
Paix du vieil étang.
Une grenouille plonge.
Bruit de l’eau.

Les amoureux de ce genre de gâteries (qui rafraîchissent de la belleté capiteuse de K?lid?sa) pourront avantageusement se rendre en pèlerinage au Haiku Bungakukan, musée tokyote entièrement consacré à cet art poétique :

musée_du_haïku

?169-8521
?????????3-28-10

3-28-10, Hyakunin-cho
Shinjuku-ku, Tokyo 169-8521

Il y a quelques lignes de cela, je vous annonçais l’avènement de cet enfant né des amours d’un lotus céruléen et d’un Vogon en tenue de latex : le sci-fi haiku. Il est temps pour moi d’en venir aux faits. En juillet 1995, une équipe de farfadets pangalactiques a pondu un SciFaiku Manifesto (traduisez par « Manifeste esseffaïkuique ») qui résume la démarche de la manière suivante :

“Traditional haiku is about nature. SciFaiku is about science fiction. It need not contain elements of nature, though it may. Traditional haiku contains a season word—a word which evokes a season, as snow evokes winter or tulips evoke spring. SciFaiku often contains a ‘science’ word that evokes a technology or science-fiction setting: words like space, genetics, robot, or laser. Every poem needs to clearly evoke a science-fiction premise as well as express its own observation of that premise, and this is perhaps the most challenging aspect of writing SciFaiku.”

Voici enfin quelques exemples de haïkus science-fictifs glanés çà et là — Comme une grenouille / Qui s’endort sous un prunier / Réveil cul-de-jatte :

Ramship prostitute:
Again spitting the copper taste
From her mouth.

(Tom Brinck, 1998)
 
Up there! Gamera:
Giant, jet-propelled turtle.
Quick! My camera…

(Romeo A. Esparrago Jr., 1998)
 
United planets reception
Live talkalaka
Puked realtime

(Todd Hoff, 2005)
 
Arrange them around
An External Tank perhaps.
I think it would work.

(Mike Kretsch, ?)
 
Going back in time
Is seldom easy
It takes lots of cash.

(James M. Palmer, 1999)

Et, cerise sur le gâteau, serpent stellaire se mordant la queue pour un ultime retour aux sources hédoniste :

??????????????
 
The year’s end…
In myself
These unborn eggs.

(Taku Nakajo, ?)

Ça fait du bien, non ? Ceux qui rêvent d’en savoir un peu plus pourront jeter un œil sur le (petit) site de référence du SciFaiku, faire un petit tour sur Yahoo!, ou encore parcourir le Scifaiku Review-O-Rama (sic).

Rappelez-vous :

Intro cinq syllabes
Puis sept un machin high-tech
Plus cinq c’est fini.

Laurie Lipton

01.09.2005

Pour ceux que le vortex de la petite mort chahute encore parfois, voici un semblant de tour du propriétaire, version Laurie Lipton.

Family Reunion
Family Reunion
66 X 96.5 cm, charcoal and pencil on paper, 2005

Facelift
Facelift
53 X 40 cm, pencil on paper, 2005

Hattori Naoto

31.08.2005

Aliens, virii, Mona Lisa cyberpunk et fées cruelles, quelles belles illustrations pour une chambre de fille! L’art c’est vraiment essentiel pour grandir.

Hattori Naoto

Biogasholic
Biogasholic
4.1″ X 5.9″, Acrylic on board, 2004

Merci Horrible.

Matrix Casemod

30.08.2005

Pour ceux qui aiment The Matrix et les ordis:

Matrix Regenerator

Matrix Regenerator

Merci Boing Boing

Ambrosius Engeli

19.08.2005

Ambrosius At Work

Dans la longue et coûteuse histoire du progrès (je parle ici d’argent, bien entendu), les rares moments de félicité sont fruits d’une augure toute aussi bonne que parcimonieuse.

C’est ainsi qu’à l’indigne factotum voûté, préposé aux candélabres, pisse-froid à la phlébite trébuchante se substituèrent peu à peu des hommes de la trempe d’Ambrosius Engeli, dont je souhaite en ce jour vous entretenir.

Né à Unterschtutzwil près Zürich, par un caprice du destin exactement vingt-sept ans et quelques mois après la disparition du grand horloger Abraham-Louis Breguet, le petit Ambrosius achevait ses études de crottes de nez derrière la grange quand son digne mais rigoureux agrarien de père (apparenté à la noble famille des Fatbert du Gros-de-Vaud) se mit à composer des odes aux astres lointains d’Ozbar et de Kwaksschtroutz.

Il n’est nul besoin de préciser à quel point l’émoi fut grand dans le village, et les bourgeois, dont Lipstik Engeli était un illustre membre, ne furent pas peu alarmés. Telle une grappe diurétique avant le pressage du moût, ces augustes représentants du sobre et tuant labeur tambourinèrent avec force jérémiades à la porte d’ébène du curé. Ce dernier, visiblement dérangé durant une pieuse leçon dispensée à un garçon d’église d’ailleurs un peu pâlot, ne se fit cependant pas prier pour aller mettre de l’ordre dans l’esprit de ce paroissien dissolu. Tout en enfilant sa chasuble ignifugée, il s’assura cependant que son pupille -dont il attendait encore quelque assiduité- fut bien là à son retour. Les vocations se construisent ainsi, l’ouvrage, sur le métier.

Or donc, ce ne furent pas moins de trente membres de la petite communauté d’Unterschtutzwil qui suivirent avec ferveur et clous dans les semelles les rédempteurs pas du curé Artarias Klagenfett.

C’est en arrivant à la ferme des Engeli, par-delà le beau tas de fumances des derniers jours qu’ils eurent la surprise de rencontrer Myrtilla Engeli, digne épouse de Lipstick ainsi que leur nombreuse progéniture, tous affichant dignement des larmes verticales, happées à des degrés divers par les forces du dessous du sol qui sent la bouse.

Le curé Klagenfett n’eut même pas le temps de s’enquérir des causes d’un tel émoi. Myrtilla vint à sa rencontre, lui expliquant brièvement que son mari avait chantonné depuis le matin, s’était préparé un demi pain de seigle, une tomme d’alpage et quelques saucissons, emballant le tout dans la belle nappe brodée, parlant à la cantonade et aux autres aussi, disant qu’il partait le matin même pour la galaxie Frischtivella, où on l’attendait depuis moult parsecs.

Tout en narrant son incroyable récit, Myrtilla Engeli roulait ses grands yeux bleus jusqu’à ce qu’une larme prise de tournis ne s’échappe avec regrets.

« Aber wo isch dini Ma ? » renchérit immédiatement le curé.

Incapable d’articuler le moindre son tant son plexus était sous vide, Myrtilla, connaissant les bienfaits du curé, demanda au petit Ambrosius de montrer dans quelle direction était parti Lipstick.

Et c’est en marchant le long du chemin menant à la forêt Steinmock, sous l’œil humide du curé, que le jeune Ambrosius, cherchant la trace de son père, fut saisi d’effroi. Klagenfett marchait deux pas en arrière, il s’agissait donc d’autre chose. Un bruit inconnu irrigua soudain la paisible forêt d’un air à base gazeuse et au goût de lactose, saisissant brutalement nos amis à la gorge.

Puis une forme immense fit son apparition, surplombant toute la forêt, au moins. Et de cette énorme masse aux contours indéfinissables de crasse rougeoyante jaillit aussi soudainement que je vous le raconte, un rai de lumière. Et ne voilà pas que cet assidu mari, ce bourreau de travail, chantre du martinet d’argousier se manifesta, précisément à l’endroit où cette étrange lumière fréonée touchait le sol, nimbant au passage quelques panneaux de parcours Vita d’une réalité givrée.

La foule était silencieuse, mais nul autant qu’Artarius Klagenfett, curé de son état, qui, pour retrouver une foi qui vrillait dangereusement, passa sa main tremblante dans les cheveux du jeune Ambrosius.

Lipstick Engeli, quasiment embarqué dans cette machine qui était aussi étrange que gigantesque, bien entendu, sembla apercevoir la petite troupe, qui était toute vérolée d’incertitudes, en tout cas jusqu’au prochain sermon. Mais malgré cette collectivité du déni (classique somme toute), le petit Ambrosius arborait un large sourire, une frange de blancheur que Lipstick entraperçut et salua d’un geste paternel, juste avant de monter dans le vaisseau boucherie exploratif de Zbrosk 9.

Nul ne sait si Ambrosius était joyeux en constatant que les élucubrations de son père étaient finalement aussi fondées que la sale dominante en ut mineur de ce monde terrestre, ou si Artarius Klagenfett avait subitement retrouvé la foi.

Toujours est-il qu’en âge de travailler, Ambrosius Engeli se promit d’obtenir une fonction qui lui permettrait de guetter -avec espoir et discrétion- le retour du vaisseau mystérieusement lactosérumé, histoire de pouvoir enfin faire un tour vers cet infini sans complexes.

Cette photo (seul document que la famille Engeli a bien voulu nous faire parvenir) a été prise peu après le 63ème anniversaire d’Ambrosius, juste avant qu’il ne se fissure le crâne durant une convention Yakari à Grindelwald.

Une collection de cartes de visite de personnages de Star Trek. Le slogan de celle du Klingon est parfait:

WARS ARRANGED
PLANETS CONQUERED
NO WAR TOO SMALL

Merci BoingBoing.


Mis à jour 20050811 @ 2100
Star Wars a aussi ses cartes de visite. Ca commence à être du vrai délire. A la verge de la syncope, pardieu.