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Moneta. Photo © Jean-Pierre Vaufrey, 2007

Né à Morteau, dans le département du Doubs, Jean-Pierre Vaufrey vit aujourd’hui à La Chaux-de-Fonds, « la plus gothique des villes romandes » selon les dires d’un ami. Depuis une quinzaine d’années, ce sculpteur — qui cultive l’humilité — expose ses œuvres tant en Suisse qu’à l’étranger (notamment à la Maison d’Ailleurs d’Yverdon et aux Utopiales de Nantes).

Jean-Pierre a travaillé sur l’un des projets de Hans Ruedi Giger : le Garden Ghost Train, un train fantôme privé construit dans le jardin du Maître suisse de l’horreur science-fictive. Il a aussi conçu le bar d’un club de rock chaux-de-fonnier, des décors de films, des costumes de carnaval et une kyrielle se sculptures d’acier dont tous les amateurs de SF rêvent d’orner leur salon.

Bref, découvrez sans plus tarder le site Internet de ce chirurgien de l’acier, de ce magicien du chalumeau, et priez Héphaïstos qu’un jour vous puissiez contempler ses œuvres in vivo.

C’est hallucinant ce que personne ne me tient au courant dans ce monde de brutes épaisses. Il a fallu que je retourne sur Monster Brains par hasard, dont nous vous parlions un peu plus tôt, pour découvrir avec une putride horreur cosmique que notre Maison d’Ailleurs préférée planifie une exposition basée sur The Commonplace Book de H. P. Lovecraft :

Concept
“An exhibition of unspeakable things” is an exhibition project of the Maison d’Ailleurs, Museum of science fiction (in Switzerland), based on a text by writer H. P. Lovecraft, the Commonplace Book. This work by Lovecraft, consisting of ideas to be developed at a later date, will be used as the basis for illustrations produced by brilliant comics authors/illustrators. The exhibition will present more than one hundred original works by artists whose only common ground is to be willing to embark on such a delirious journey.

Plus d’infos alléchantes et administratives chez Monstrer Brains.

Merci Under Vhoorl’s Shadow.

Le Star Wars Fan Movie Challenge 2oo7 est une compétition annuelle organisée par AtomFilms mettant en lice des films de fans basé sur la Guerre des Etoiles. C’est souvent assez drôlasse et même bien fait.

Et l’idée que George Lucas se prend pour la main de dieu dans ce petit jeu et fait aussi la pluie, le beau temps et les tartines au cenovis pour les vrais fans rajoute un peu de piment à la chose.

Star Wars Fan Movie Challenge 2oo7

Merci /.

Quand on est une personne PC on doit, après s’être habitué au comportement lunatique de sa femme, euh, je veux dire Windows, faire face à un certain manque d’esthétisme. Il y en a qui vous diront (avec un gros sourire enthousiaste): “Facile! T’as qu’à t’acheter un Mac!” Cependant, il n’est pas si facile que ça de quitter sa femme, euh, Windows. On doit alors trouver une autre solution: le modding (c’est un peu comme la mode pour la femme, mais en moins coûteux et plus durable). Un très bel exemple de modding (réalisé par un monsieur nommé Hieronymus Isambard “Jake” von Slatt) se trouve ici (en anglais, hélas).

 

Steampunk Star Wars

05.03.2007

On me reprochera une légère fixette sur Star Wars, au coup par coup, mais on ne peut qu’admirer les deux-trois merveilles steamwars dont Eric Poulton nous gâte via son blog Eric’s Terrible, Horrible, No Good, Very Bad Idea :

Steampunk Star Wars

Han Solo & Mr. Chewbacca
Han Solo & Mr. Chewbacca – © Eric Poulton

Han Solo & Mr. Chewbacca
Han Solo is a notorious gambler, con artist and smuggler. Mr. Chewbacca is his Wookiee partner in crime. The duo is wanted by both the Empire and a number of underworld crime lords, but they manage to stay one step ahead of their pursuers thanks to their ship, the Millennium Falcon, said to be the fastest ship in the galaxy. Solo is also known for his quick draw with a pistol. He boasts that of all the men he’s shot, not a single one was able to shoot first.

Merci Boing2.

Moon Beasts - Jeff Remmer
Moon Beasts – © Jeff Remmer

Le blog artistique Monster Brains a lancé une semaine H. P. Lovecraft et c’est pas de la tarte de poulpe. Du très beau monde au portillon. Dont Michael Komarck qui nous présente d’ailleurs aussi d’autres merveilles sur son site bien à lui.

Spawn of Cthulhu - Michael Komarck, 2oo4
Spawn of Cthulhu – © Michael Komarck, 2oo4

Merci Taro.

Calendrier 2oo7

L’effarant blogue S.-F. canadien The Website at the End of the Universe, maintes fois cité/pompé en ces humbles pages, nous offre comme chaque année son propre calendrier avec les anniversaires des grands noms du genre et illustré de couvertures de vieux magazines du genre aussi avec ses superbes nymphes en petites tenues dans des situations peu naturelles.

Dommage que les jours fériés officiels japonais n’y soient pas marqués. Flûte et reflûte :

Calendrier 2007 [pdf]

Merci The Website at the End of the Universe.

La Jetée en ligne

12.01.2007

La Jetée

La Jetée, extraordinaire et sombre court-métrage/photos-roman de S.-F. français, plus connu pour être à l’origine du bien plus adulé Twelve Monkey de Terry Gilliam, est visible dans son intégralité en ligne. Rue-toi, horde baveuse, c’en est de la bonne, et francophone qui plus est :

La Jetée

Merci The Website at the End of the Universe.

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Cory Doctorow à table, à l’heure du dessert, aux Utopiales 2006

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de se rendre aux Utopiales de Nantes et qui, du coup, n’ont pas pu suivre la conférence donnée par Cory Doctorow le dimanche 5 novembre à la Cité des congrès, il semble nécessaire de résumer les propos tenus par notre cher auteur de science-fiction canadien.

Avant toute chose, rappelons brièvement comment est venue au monde l’une des créatures les plus subversives du monde éditorial anglophone :

Nostr’homme est né le 17 juillet 1971 à Toronto, dans une famille d’enseignants trotskistes. Enfant déjà, Cory milite contre les armes de destruction massive et pour Greenpeace. Il s’emploie ensuite à mettre sur pied un centre consacré à la paix et à la justice sociale dans l’île de Grindstone, sur le fleuve Saint-Laurent. Il achève ses études secondaires dans sa ville natale puis fréquente quatre universités sans y obtenir de diplôme. Il travaille alors quatre ans à Londres pour l’Electronic Frontier Foundation (institution militant pour la liberté dans les médias électroniques) avant de s’installer à Los Angeles et de se consacrer (presque) entièrement à l’écriture romanesque. En janvier 2003, il publie son premier roman, Down and Out in the Magic Kingdom, lequel inaugure la licence Creative Commons. En septembre de la même année, Doctorow sort un recueil de nouvelles, A Place So Foreign and Eight More, sur papier, puis partiellement sous format électronique (et licence Creative Commons). Deux romans suivront, l’un en 2004, Estearn Standard Tribe, et l’autre en 2005, Someone Comes to Town, Someone Leaves Town ; ces ouvrages sont également disponibles dans leur intégralité — et gratuitement — sur Internet.

Dimanche dernier, aux Utopiales, la conférence donnée par Cory Doctorow reprenait en partie les idées décrites dans un article publié en juillet 2006 dans Locus Magazine : « Science Fiction is the Only Literature People Care Enough About to Steal on the Internet ».

L’auteur y retrace tout d’abord l’évolution des mentalités vis-à-vis de la musique. Les interprètes d’autrefois avaient perçu d’un mauvais œil l’avènement de la radio, média qui avait mué la production musicale en phénomène industriel. Septante ans plus tard, Napster allait prouver qu’il serait désormais impossible de forcer les récalcitrants à payer leur musique grâce au réseau d’échange poste-à-poste.

Doctorow rassure les artistes eux-mêmes : Internet permet aux musiciens d’atteindre une audience jusqu’alors inégalée, et cela à très peu de frais, favorisant du même coup une grande diversité musicale. Il rappelle aussi que le but du droit d’auteur est avant tout de décentraliser les bénéficiaires d’une création artistique. L’égide des papes et des princes a précédé le copyright, mais l’apparition de ce dernier a permis à la créativité d’être financée. Internet n’est qu’une nouvelle étape sur le chemin de la décentralisation — stade qui sera favorable à certains artistes et défavorable à d’autres. Pour Doctorow, la vraie question consiste à se demander si cela permettra de multiplier les acteurs de la production culturelle.

Reste à savoir quels seront les avantages d’Internet pour les écrivains et les amateurs de science-fiction. C’est là que Doctorow intervient : selon lui, la science-fiction est « le seul genre littéraire pour lequel les gens sont prêts à voler sur la Toile ». Comme lui, certains auteurs profitent des affinités entre S.-F. et Internet — Doctorow a publié tous ses romans sous licence Creative Commons, ce qui autorise ses admirateurs à partager librement son œuvre. Le premier roman de Doctorow aurait ainsi été téléchargé 650000 fois depuis son site personnel et édité six fois (!) sur papier.

Selon Doctorow, la diffusion électronique de livres augmente de façon évidente les ventes de leurs versions imprimées (le plus grand danger pour un écrivain de S.-F. étant de rester dans l’ombre, mais certainement pas d’être l’objet de piratages). En cela, le futur sera fait d’échanges entre artistes et public ; à l’ère d’Internet, les relations personnelles constituent une valeur difficilement remplaçable. Doctorow conclut ainsi :

Conversation, not content, is king. If you were stranded on a desert island and you opted to bring your records instead of your friends, we’d call you a sociopath. Science fiction writers who can insert themselves into their readers’ conversations will be set for life.

Pour en savoir plus, rendez-vous sans plus tarder sur le blogue créé par Cory Doctorow, le fameux Boing Boing (que nous avons maintes fois cité sur les Xénobiophiles) ou sur Craphound, le site personnel de l’écrivain.

Alors, convaincus ?

FMOM Industries > Wave Disrupter Gun
FMOM Industries – Wave Disrupter Gun

Manmelter 3600ZX – Sub-Atomic Disintegrator Pistol, Goliathon 83 – Infinity Beam Projector ou encore FMOM Industries – Wave Disrupter Gun. Autant de noms drôlement suggestifs pour ces incroyables pistolets à rayon steampunk créés par Weta, fameux fabriquant de bibelots de merchandising mais également de cottes de mailles « actor-friendly et légères », développées pour la trilogie du Seigneur des Anneaux. Et Weta fait apparemment aussi dans les effets spéciaux titille-pupille, notamment pour le LOTR (bis) et King Kong :

The Rayguns: Dr, Grordborts Infallible Aether Oscillators

The Rayguns: Dr, Grordborts Infallible Aether Oscillators

Merci Boing2.

Brilliant et bien ??? : un musée dédié aux superhéros noirs apparaissant dans les comics américains, le cinéma, la télévision ou les jeux vidéos :

Museum of Black Superheros

S’il s’avère que vous en connaissez un, ou plusieurs, qui ne figure pas déjà au panthéon, n’hésitez pas à rejoindre la grande famille du ouèbe altruiste et soumettez votre sombre héros [facile !] au musée.

Frozone - The Incredibles
FrozoneThe Incredibles [Disney / Pixar 2oo4]

Historical Overview
To begin with, the history of black superheroes is not easily assembled since early on, much of the work was not reported on. There aren’t volumes of books out there on the subject, and even if you look at historical books put out by major publishers – the coverage on their own black superheroes is sparse at best.

Also, companies prefer to sweep any negative and stereotypical characters from their past under the rug in order to preserve their images today. Therefore, the search for early black superheroes turns up more negative images than anything else. The history as a whole needs to be looked at in order to fully appreciate the black superheroes being created today.

Pour les rafraîchissements de la fin, notre Tifnord avait déjà blagué sur la multiethnicité dans la S.-F. en ces mêmes colonnes.

Chair fidèle,

Les Xénos et leur nouveau thème (basé sur Simpla, une merveille de M. Phu Ly), conçu avec une lenteur posée pour plus de sobriété et de clarté et avec une grosse emphase sur le texte plutôt que sur les fioritures, sont désormais quasi’prêts pour un nouveau lancement vers de plus vastes horizons encore, fraîchement enfumés de promesses d’augmentation d’intensité des guilis sub-slip.

En espérant que ce rabottage au parpaing de 20 rudement cisaillé vous donnera encore plus de plaisir à nous inonder de commentaires, je me réjouis déjà de l’approche en chute libre du premier anniversaire de votre blogue de chevet.

Et encore : « Hau Ruck ! »

Monster ModRen 4

23.05.2006

Worth1000.com nous revient avec un concours de photoshopette sans gêne avec pour thème les monstres de films d’horreur qui guignent dans l’art classique :

Monster ModRen 4

Picasso - Don Quixote
D’après Don Quixote – Pablo Picasso, 1955.

Vermeer - La Jeune Fille à la perle
D’après La jeune fille à la perleJohannes Vermeer, 1664.

Merci Boing2.

Mardi (2 mai 2006), l’émission bon enfant Photos de famille de la Télévision suisse romande a invité trois personnes qui appréhendent l’imaginaire et l’avenir chacune à sa manière.


Patrick J. Gyger, image © TSR, 2006

Tout d’abord Patrick Gyger, conservateur de la vénérable Maison d’ailleurs d’Yverdon-les-Bains, qui nous a fait découvrir les caves de son musée et l’atmosphère de brocante galactique qui y règne. Il nous a aussi emmené à la Chaux-de-Fonds pour un petit aperçu express du Train fantôme, maison hantée kitsch-pop-gore (privée) créée par les artistes Jean-Pierre Vaufrey et Alain Margot. Cela dit, prochaine exposition à la MdA : le photographe Mario Del Curto à partir du 14 mai.


André Kuenzy, image © TSR, 2006

On retrouvait également André Kuenzy, architecte qui n’est rien de moins que le l’âme de l’Homme bleu (une fois qu’on l’a écorché). L’Homme bleu ? Un personnage énigmatique qui se balade sans mot dire (ni maudire) à travers la planète, histoire de provoquer un décalage ténu — mais marquant — de la réalité. Kuenzy a aussi eu la bonne idée d’acquérir une partie de l’ancienne usine Suchard à Serrières, dans le canton de Neuchâtel, qu’il a rebaptisée Rhinocéros. Dans cet espace gigantesque perdu au creux d’un vallon, il prévoit d’installer un studio de cinéma, rien de moins.


L’Homme bleu connaît un succès fou auprès des Japonaises. Photo © André Kuenzy et TSR, 2006


Marie Velardi, image © TSR, 2006

Enfin, Marie Velardi, fringante plasticienne, nous a fait part de sa fascination pour le futur et la vision que nos prédécesseurs en ont eu. Récemment, elle s’est imaginé à quoi pourrait bien ressembler Genève en 20006 (à la face cachée de la lune, en fait), mais aussi ce que pourrait devenir la cité de Calvin (et des banquiers privés) si la verdure y poussait franchement, envahissant les rues. Hélas, vous n’avez que jusqu’à demain pour découvrir son expo Chloropolis à l’espace d’arts contemporains Attitudes (4, rue du Beulet à Genève — Météo Suisse annonce de la pluie, c’est parfait).

Bref, si vous avez trois quarts d’heure devant vous, n’hésitez pas à visionner l’émission de la TSR depuis la Toile pour quarante-cinq minutes de détente rafraîchissante (la fin de l’émission est pathétique, vous pouvez la zapper en caressant votre souris).

Après un bref sabbat lové entre les mamelles revigorantes des montagnes tessinoises, admirablement abreuvé et bellement gavé de garganelli par peufnées, les Xénobiophiles vous reviennent pour une autre session de guilis d’anthologie. La preuve, ce concours de photoshopage chez Worth1000.com dont le thème était les robots dans l’art (classique ?) :

Worth1000.com > RoboRen 5 – Borgged art

Roboren5
d’après FruitAlfons Maria Mucha, 1897

Merci Boing2.

Dans son no 148 [mars 2oo6] télémessagé, SFcrowsnest, excellent zine rosbif, cherche des contributeurs de tout acabit, confession, taille de slip et coupe de cheveux, tous réunis sous la même bannière/étiquette « otakus angloscribes de S.-F. » :

Call for Writers
One of the nice things about being online is that SFcrowsnest can publish slightly off-the-wall material that would never find a home in a highly targeted advertising-ruled print magazine world. An article we always trot out as an example of this, is Uncle Geoff’s piece about what the heck fuel & engine combination the Thunderbirds craft might have used in the classic 1960s TV series of the same name.
 
Let’s face it, you’re not going to read the likes of that in SFX, Starlog, Starburst, Interzone or the rest of the printed world! If there’s an article inside you – could be continuity errors in Andromeda, your latest work of short fiction, or just why you think Iain Banks’ novels are the greatest SF since a little man called Verne put pen to paper – do drop Geoff a line below.
 
Contact Uncle Geoff in the rainy English countryside at contributions@sfcrowsnest.com.
 
We still fund this puppy’s bandwidth and other miscellaneous expenses out of our own pocket, so the spirit of volunteerism is about the only thing that keeps our happy ship in hyperspace. Any time, articles, stories or reviews you can submit are always appreciated.
 
Current requirements: March 2006
 
- short fiction
- articles
- comment pieces
- convention reports
- book reviewers (see below)
- Television reviews … Stargate, Andromeda, Trek etc
- Movie reviews
- Games reviews … RPGs, scenarios, wargames etc
- SFF models and figures … reviews, painting tips, scratchbuilds, conversions
 
BTW, if you’re interested in becoming a book or DVD reviewer, we’d really, really (no, really) appreciate it if you were UK-based. Posting out the hundred of goodies we get every week is an expensive business, and extra airmail costs could lead to Geoff, Jessica, Mark and Steve eating dog food in a crazed economy-drive of death. Of course, if you’re based in the US, Canada or Australia and you fancy reviewing your own drip-feed of goodies resulting from your science fiction and fantasy addiction, then that okay by us … but we can’t supply you ourselves! Sorry.

Et pour rajouter un flux RSS dans votre précieux cabas, SFcrowsnest fait également mumuse via un groupe Google :

The Science Fiction Group
Flux RSS


Une affiche de concert © Messer Chups

Bon, je suis un peu triste d’avoir manqué le concert de Messer Chups samedi, au Bourg, à Lausanne. Très triste même. Alors, pour me consoler, je me fendrai d’un petit article sur ce groupe qui mérite pleinement sa présence sur les Xénos. Petit rappel des faits.

À la fin des années huitante, Oleg Gitarkin fonde à Saint-Pétersbourg un groupe du joli nom de Messer für Frau Müller. En 1998, après dix ans sous ce nom, il se sent un peu à l’étroit et crée en parallèle Messer Chups avec la hambourgeoise Annette Schneider. Malgré les (traditionnels) allers-retours de musiciens, sept albums suivront.


Oleg Gitarkin (guitare) et Sveta « Zombie Girl » (basse). Photo © Messer Chups

Groupe de retro-surf-easy-electronic-mondo-pop, Messer Chups utilise, retravaille et distord des musiques de films d’horreur des années soixante. Pour construire son atmosphère vampirique, il a recours à la fameuse joueuse de thérémine Lydia Kavina. Sur scène (j’ai des témoins), le physique avantageux de la bassiste-vamp et la projection d’images issues de comics et de films trash ajoutent à l’atmosphère décadente et fétichiste de la musique. Un pur bonheur à découvrir en concert ou — comme moi — dans les bacs de vos meilleures crèmeries. Pour finir de vous convaincre, voici une brève parue en mars 2003 dans The Wire :

“Embracing elements of decadent capitalism that even most Westerners would shy away from, zany Russian lounge mutant Oleg Gitarkin plays twangy sci-fi music for people who know that the future actually happened over 40 years ago, was scripted by Ed Wood and illustrated by Eric Stanton while Criswell and the faltering ghost of Bela Lugosi looked on. Rediscover the Power of the Omni analogue synth, The Man from Planet X and peppy little pop numbers with titles like The second Adwent of Elvis, The Pornoman, Cannibal Twist and Go, Satan,Go!. Above all, marvel at what sounds like sampled dialogue taken from, say it ain’t so, actual Soviet B movies. This is the start of the Leatherette Revolution.”

Ah, j’allais oublier — augmentez le volume et rendez-vous sur-le-champ dans le site officiel du groupe. Que du bonheur.


Carte de l’Atalie, l’un des trois états de l’Othanie, © Paul Arbear, 2004

Un pays aux confins du continent Espéra. Plus de cent vingt millions d’habitants dans un territoire qui s’étend sur plus de quatre fois et demie la France métropolitaine. Trois états composent la République fédérale d’Othanie : l’Apollinie, l’Athalie et la Melpothalie. Inutile de vous jeter sur Google Earth (désormais disponible pour Mac OS X.4) ou sur Wikipédia, vous ne l’y trouverez pas. Pas plus que dans le magnifique Dictionnaire des lieux imaginaires d’Alberto Manguel et Gianni Guadalupi. Mézalors, sur quelle planète se situe ce très sérieux pays doté d’un musée fédéral, d’une religion officielle, d’un festival de cinéma, d’une entreprise cinématographique et d’une chaîne de télévision musicale ? Dans le monde virtuel de l’Alliance (attention aux yeux), une « fédération de sites » où chacun peut créer son état virtuel, une sorte de jeu de rôle aussi bien qu’un projet commun de création artistique.
Dans un dialogue avec une femme qu’il venait d’inventer (ben ça c’est pratique), le créateur de ce pays virtuel, Paul Arbear, trahit ses motivations :

« La femme : Mais une idée, elle a toujours une cause, non ?
 
Le créateur : Disons plutôt une impulsion. Dans mon cas, par exemple, c’est un ami avec qui je m’amusais à parler de mes états d’âme par métaphores. Par exemple, pour parler d’un coup de blues, on parlait d’une grève interne. Ou encore d’une guerre civile quand nous étions en colère. La femme rit. Et quand c’était passé, c’est que la police psychique avait bien fait son travail.
 
La femme : Vous êtes vraiment bizarre, vous.
 
Le créateur : Non. Mais un étudiant ne trouvant d’attrait à un cours que l’occasion d’imaginer les tortures qu’il pourrait infliger à cette horrible prof d’économie.
 
La femme : Et après ?
 
Le créateur : Après ? Hé bien… Les choses en amenant une autre, la fertilité de l’imagination fait que tout un monde se met en place dans mon esprit. Alors, je me suis mis à écrire… Puis j’ai trouvé le support idéal pour révéler ce monde imaginaire : Internet. »

Pour ceux d’entre vous qui désireraient immigrer en Othanie, rendez-vous sur le site officiel du Conseil protectoral. Bon voyage en utopie.

phrenologik

20.01.2006

C’est un peu par hasard qu’au gré de mes pérégrinations aggrégaires je suis tombé sur phrenologik, le site de l’illustrateur Aurélien Police. Et là, mon pôvre ami, mes sens artistiques tout à fait balbutiants, ainsi que ma prédilection pour les choses faites de sueur, de vapeur et d’acier, n’ont fait qu’un tour de manège merveilleux! Sans parler de la gigue qui a secoué mon côté « korboz calvitié » et « rôliste frénétique ».

Un étonnant et superbe mélange de steampunk technologique à la The Difference Engine et occulto-scientifique à la Homunculus / The Anubis Gates.

« Est-ce une odeur de lampe à gaz que je sens, ou es-tu juste heureux de me voir ? »

Sinon, quelle intéressante surprise lorsque je reçus bien humblement l’autorisation de M. Police d’illustrer mon papier de quelques-unes de ses oeuvres. Il me signalait qu’il avait également travaillé sur le projet de l’incroyable Institut Benway sur lequel notre Tifnord s’était épanché longuement dans un précédent papier.

Et, cerise (noire), je me permets d’ajouter que M. Police fait également partie des artistes de l’association Art et Fact (AAISFFM).

Une immense génuflexion à Aurélien Police pour sa générosité et son talent.

About
Illustrateur, Aurélien Police travaille dans plusieurs domaines passant de la réalisation de pochettes de disque à la couverture de roman, illustration d’articles de presse ou de jeux de rôle. Son travail étant quasi exclusivement accès sur le numérique, il se sert de l’outil informatique comme d’un creuset pour y mêler toutes sortes de matières premières allant de la photographie aux scans de peintures, dessins…
Son univers proche du steampunk reflète ce mix de technique en abordant des thèmes où le mécanique rime avec l’organique au sein d’un univers résolument urbain.

Et bien entendu, merci Erebos.org.


N.B. Les images présentées ci-dessous ont été réduites. Il suffit de les cliquer pour les voir dans toute leur splendeur cuivrée.

L'Express [2oo5]
L’Express – © Aurélien Police, 2oo5

Noir d'encre [2oo5]
Noir d’encre – © Aurélien Police, 2oo5

Ombrelle [2oo4]
Ombrelle – © Aurélien Police, 2oo4


Phrénologie
La phrénologie [du grec ???? et ?????] (ou « crânioscopie ») est une théorie pseudo-scientifique, développée au XIXe siècle par l’Allemand Franz Joseph Gall, selon laquelle il serait possible de déterminer le caractère, la personnalité, voire même la criminalité d’un individu en se basant sur la forme de son crâne.