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Confocal Microscopy, image © University of Delaware, 2004

À tout seigneur tout honneur. Pas plus tard que vendredi passé, notre Administrateur xénobiophilique, Garde des Marches du Levant, Hérault des Armées de l’ombres et blogueur émérite publiait une hagiographie utopodienne digne de la Geste de sire Arzur Pendragon. Rendons-lui la politesse et annonçons l’avènement du plus abominable, du plus suintant, du plus profond et donc hautement passionnant blogue science-fictif : Under Vhoorl’s Shadow (traduisez : « À l’ombre des vieux poulpes en fleur »).

Tout le monde connaît le sieur Howard Phillips Lovecraft, hm ? Dans le doute, je m’en vais tout de même commettre un petit rappel des faits :

Nostr’homme naquit le 20 août 1890 à Providence, dans l’état de Rhode Island (nord-est des États-Unis). Enfant maladif, il fréquenta peu l’école mais lut beaucoup dès son plus jeune âge. Son grand-père se chargea (avec goût) de la construction de son imaginaire en lui mettant entre les mains Les mille et une nuits, L’iliade et L’odyssée et en lui narrant d’inquiétantes historiettes gothiques de son cru.
 
Le petit Lovecraft rêvait de devenir astronome, mais il ne put jamais suivre de formation universitaire, et pour cause : une dépression nerveuse l’empêcha d’achever ses études secondaires. L’impossibilité de parfaire sa formation fut, sa vie durant, une grande source de frustration. Si Lovecraft affûta ses premières armes littéraires en poésie, il se consacra, dès la fin des années 1910, à l’écriture de nouvelles fantastiques.
 
En 1924, il épousa Sonia Haft Greene et déménagea à Brooklyn. Le couple ne parvint pas à faire face à ses difficultés financières ; c’est sans doute de cette époque que datent les conceptions racistes et paranoïaques de Lovecraft, ce dernier ne comprenant pas qu’un homme de « race blanche » tel que lui fût incapable de trouver du travail au milieu d’une population immigrée et… laborieuse. Le mariage ne dura pas et Howard s’en retourna dans le Rhode Island chez l’une de ses tantes.
 
Les années qui suivirent son retour à Providence furent les plus prolifiques de sa vie. Il publia bon nombre de ses œuvres dans les colonnes des pulps, notamment Weird Tales. Bien qu’il produisît à cette époque ses textes les plus fameux, la misère ne le lâcha pas d’une semelle. En 1936, alors que Lovecraft souffrait de malnutrition, on lui diagnostiqua un cancer de l’intestin qui l’emporterait l’année suivante, le 15 mars 1937.

Le maître de Rhode Island est aujourd’hui encensé, adulé malgré ses zones d’ombre (à chacun son Céline), pour avoir créé l’un des plus célèbres mythes modernes : celui de Cthulhu, créature tentaculaire et divinité déchue du lointain système de Xoth. Cela faisait belle lurette que notre Ami Hau Ruck (prononcez « Hhaou’ Rrouqr ») tournait autour du pot lovecraftien, ses doigts le démangeant comme ceux de l’inspecteur louisianais John Raymond Legrasse. L’écho crépusculaire d’une affreuse litanie (Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn !) torturait à tel point son esprit fiévreux qu’il allait à son tour réveiller le titanesque syndic de R’lyeh.

Le frénétique — et néanmoins génial — créateur des Xénobiophiles lança donc, en février dernier et à son corps défendant, un blogue consacré exclusivement aux gargouillis délétères des Grands Anciens. Afin de respecter le sabir dans lequel s’exprimait l’antiprophète de Providence, notre ami oublia la langue de ses ancêtres ; c’est donc en anglais qu’il rappellera régulièrement à l’ordre la horde des adorateurs médusés, hébétés dans la scansion sempiternelle de ce mantra sybillin :

Iä, iä, Chtulhu fhtagn !

Aujourd’hui, heureux d’assister à la naissance d’un nouveau site horrifique, admiratif devant une telle confession de foi, inquiet cependant devant la montée en puissance de la Chose lovecraftienne (tremblez, tremblez, pauvres pécheurs !), je ne peux que vous encourager à risquer vos mirettes under Vhoorl’s shadow, c’est-à-dire dans le coin le plus sombre de la Toile…

Under Vhoorl’s Shadow
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