K-PAX

25.09.2006

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Fragment de l’affiche du film K-PAX avec Kevin Spacey et Jeff Bridges
Photo © United International Pictures (UIP), 2001

Il y a six ans, une entreprise tessinoise basée à Mendrisio commercialisait de la marie-jeanne par le biais d’Internet. Elle s’appelait Kpax. La cyberboutique n’existe plus, la police ayant liquidé ce qui promettait d’être une affaire aussi juteuse que fumeuse. Mais pourquoi diable les si sérieux et respectables (!) Xénobiophiles vous font-ils perdre votre temps avec des histoires de chanvre plutôt que de vous parler de votre violon d’Ingres, cette chère S.-F. déjà passablement sujette aux drogues, et pas des moindres (consulter, à ce sujet, l’excellent ouvrage de François Rouiller, Stups & fiction aux éditions Encrage / Les Belles Lettres) ? Parce qu’un film fantastique porte le même nom (à un trait d’union près), alors qu’il est sorti au cinéma une année après la fermeture de la boutique de tétrahydrocannabinol. Les producteurs du film s’approvisionnaient-ils sur la Toile helvétique ? Nous ne connaîtrons sans doute jamais le fin mot de cette énigme.

Après cette plantureuse mise en bouche, venons-en aux faits, ou plutôt au film d’Iain Softley, K-PAX. L’intrigue se base sur une nouvelle de l’écrivain new-yorkais Gene Brewer, généticien de formation et auteur d’un recueil éponyme édité chez St. Martin’s Paperbacks. Le film s’ouvre sur l’apparition, au milieu du hall de la gare principale de New York, d’un personnage aussi aimable qu’étrange : Prot (joué par l’excellent Kevin Spacey). Alors qu’il aide une femme à se relever, après qu’elle s’est fait voler son sac à main, la police l’interroge sans ménagement. Calmement, il explique qu’il ne voyage pas en train et qu’il vient… d’une autre planète. Ces quelques mots suffisent à le faire transférer dans un hôpital psychiatrique de Manhattan où il rencontre le professeur Mark Powell (Jeff Bridges). Habitué aux élucubrations les plus abracadabrantes, le praticien écoute d’une oreille condescendante les révélations de cet homme venu d’ailleurs.

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Prot (Kevin Spacey) supporte mal la lumière terrestre.
Photo © United International Pictures (UIP), 2001

Au fil de leurs entretiens, le médecin est forcé de reconnaître que s’il n’est peut-être pas un extra-terrestre, Prot n’en est pas pour autant un idiot. Son patient lui décrit son origine avec une grande précision : il viendrait de la constellation de la Lyre à quelque mille années-lumière de notre Terre et aurait voyagé dans l’espace à une vitesse plusieurs fois supérieure à la constante c. Powell présente son malade à Steve (Brian Howe), un ami astrophysicien. Ce dernier reste bouche bée devant la pertinence des propos de Prot. Les convictions du psychiatre se voient peu à peu émoussées face à ce patient aussi énigmatique qu’attachant. Parce qu’il le soupçonne de souffrir de catatonie, Powell décide de soumettre Prot à des séances d’hypnose.

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Le Dr Powell (Jeff Bridges) incrédule. Au début.
Photo © United International Pictures (UIP), 2001

Fluide, au bénéfice d’un scénario simple et efficace, K-PAX conserve tout son mystère jusqu’à la fin — voire même au-delà. La fascination qu’exerce le personnage joué par Kevin Spacey n’est pas sans rappeler (avec toutefois plus de sérénité) celle d’un Jack Nicholson dans One Flew Over the Cuckoo’s Nest. Bref, un excellent film qui m’a donné bien envie d’en savoir un peu plus sur ce cher Prot et le cycle de nouvelles de Gene Brewer (un nom à cultiver du houblon, et non du chanvre, reconnaissons-le). Ah, j’allais oublier — saluez votre vidéothécaire de ma part ; il me doit une fière chandelle.

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K-PAX, l’homme qui vient de loin
Universal Pictures, 2002
Durée : 115 minutes

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K-PAX
Gene Brewer
St. Martin’s Paperbacks, 2001
256 pages

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