Octavia E. Butler > La parabole du semeur
26.08.2006

Octavia Estelle Butler (1947-2006). Photo : droits réservés.
Californie, 2024. Lauren Oya Olamina, la fille d’un prédicateur noir, vit dans un quartier isolé de l’extérieur par un mur et du fil de fer barbelé. Dehors, le chaos, les meurtres et les viols incessants, mais aussi une drogue, la pyro, qui incite ses consommateurs à bouter le feu à tout ce qui bouge. Lauren ne croit plus au Dieu de son père, mais à un Dieu qui est changement et que nous pouvons façonner.
Un jour, malgré de nombreuses précautions, son quartier est saccagé et ses habitants tués, brûlés, violés et pillés. Lauren est jetée sur les routes, avec des milliers de déshérités qui ne pensent qu’à la détrousser, voire même la manger. Lauren porte sur elle un pistolet, mais son handicap est de taille : elle est hyperempathique. Elle éprouve tout ce que les autres ressentent — si elle blesse une personne, elle endure la même douleur qu’elle. Si elle la tue, elle s’évanouit. Pas pratique lorsqu’on est entourée de charognards…
Orson Scott Card avait raison de faire l’éloge d’Octavia Butler dans son How to Write Science Fiction and Fantasy (traduit en français chez Bragelonne sous le titre de Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction). L’écriture de cette grande dame de la S.-F. étasunienne, dont nous déplorions la mort aussi subite que stupide en février de cette année, est fluide, dynamique, tissée avec la précision d’une dentellière. Aucune surcharge, aucune lenteur, juste la trame lisse et terrifiante d’un récit conduit comme un road-movie post-apocalyptique.
Premier volume d’un diptyque, La parabole du semeur (Parable of the Sower, 1993) est sortie en 2001 chez l’excellent éditeur gardois Au diable vauvert. Suit La parabole des talents (Parable of the Talents, 1998) qui narre l’histoire d’Asha, fille de Lauren et créatrice de jeux virtuels, qui découvre le journal humaniste de sa mère, Semence de la Terre. Mais je ne vous en dit pas plus, parce que je n’ai pas encore lu ce deuxième volume et que je n’ai pas envie de me faire engueuler par le plus assidu de nos lecteurs (qui se reconnaîtra).

La parabole du semeur
La parabole des talents
(coffret)
Éditions Au diable vauvert
Vauvert, octobre 2001
388 pp. et 582 pp.
29 €
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