L’affiche du film Star Wreck de Timo Vuorensola, image © Energia Productions, 2005

Comme nous en dissertions jadis autour d’un article de Pam Noles, la science-fiction sur petit et grand écrans manque foutrement d’exotisme. Étonnant pour un genre littéraire et cinématographique délibérément orienté vers l’outre-derche du cosmos, vers la décoiffade transsatellitaire, le vertige pangalactique, bref : l’autre, en tant que Du différent du Ich (das versteht sich von selbst). Bon, je ne vous promets ni les vahinés, ni les mines déconfites du roi Salomon, mais quelques virolets linguistiques qui ne devraient pas manquer de vous faire oublier (un court instant) l’affreux accent parisien ou, tout au moins, le légendaire manque d’humour des Klingon.


L’affiche du film (et non du feuilleton) Dans une galaxie près de chez vous.
Image © TVA Films, 2004

Tout d’abord une série québécoise qui a connu, dans sa Belle Province d’origine, un énorme succès à la fin des années nonante : Dans une galaxie près de chez vous. Voici, en gros, le départ des soixante-cinq épisodes de ce feuilleton réalisé par Claude Legault et Pierre-Yves Bernard :

Nous sommes en 2034, la situation sur la Terre est catastrophique: la couche d’ozone est complètement détruite par les gaz carboniques des voitures, l’industrie chimique et le push-push en ca-canne. Résultat : la Terre se meurt sous les rayons du Soleil. Il faut donc trouver une nouvelle planète pour y déménager 6 milliards de tatas. La Fédération planétaire se tourne vers la première puissance mondiale: le Canada. C’est le savoir-faire canadien qui permet l’envol, le 28 octobre 2034, du vaisseau spatial Romano-Fafard qui quitte la Terre vers les confins de l’Univers. Là, où la main de l’Homme n’a jamais mit le pied.

Pour ceux qui désireraient voir le film réalisé en 2004 sur le même sujet par Jean-Claude Desrosiers, rendez-vous sur Cinéma Montréal.


La magnifique actrice Karoliina Blackburn devant l’écran bleu de Star Wreck.
Image © Energia Productions, 2005

Toujours dans le registre des parodies de Star Trek, un film finnois cette fois, et pas piqué des hannetons (si vous aviez de la peine à piger les québécismes, cette fois, vous allez en baver) : Star Wreck: In the Pirkinning. Ce film amateur — qui constitue en soi le premier long-métrage finlandais de science-fiction — est l’œuvre de cinq autodidactes et de trois cents volontaires dirigés par Timo Vuorensola. Ce dont ça parle :

Star Wreck: In the Pirkinning is not your run-of-the-mill parody aimed solely at Star Trek fans. It is a motion picture for everyone with a taste for action, humour and zany characters. It is the story of Emperor Pirk — a star fleet commander who declares himself a global overlord and decides to expand his reign beyond the farthest reaches of the universe. The story that unfolds amidst the space battles is a stark reminder of how dangerous the mixture of ambition, cowardice and stupidity is. Star Wreck: In the Pirkinning begins with Captain James B. Pirk of the starship Kickstart shipwrecked on the 21st century Earth with his crew. Originally from the distant future, Pirk and his crew travelled back in time to save the Earth from hostile aliens, but lost their ship and became stranded. Pirk’s daily routine consists mainly of stuffing his face at the local fast food restaurant, and he is finding it difficult to convince the ladies he is, in fact, an intergalactic space hero from the future. As the prospects for humanity’s conquest of space look increasingly bleaker, Pirk comes up with a questionable plan to save mankind’s future…

Vous pouvez regarder la bande-annonce du film sur son site officiel, mais aussi, et surtout, télécharger gratuitement l’intégralité de l’œuvre ! C’est précisément ça, l’hospitalité finlandaise.

Au fait, comment dit-on What the hell en finnois ? Mauvaise surprise pour les lecteurs suisses…

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