William Gibson

“We’re all doing VR [ndlr: Virtual Reality], every time we look at a screen. We have been for decades now. We just do it. We didn’t need the goggles, the gloves. It just happened. VR was an even more specific way we had of telling us where we were going.”

Dans Spook Country, William Gibson applique sa lucidité habituelle à son propre parcours, lui qui avait parmi les premiers mis en image le cyberspace. En dénudant le mythe de la réalité virtuelle, c’est les bases même de la science-fiction qu’il déconstruit pour justifier son nouveau roman, opus post-science-fictif par excellence.

Comme dans Pattern Recognition déjà, Gibson traduit à nouveau en fiction son célèbre adage: “The future is already here; it’s just not evenly distributed.” Et ce n’est donc même pas dans le présent mais dans un passé proche, en 2006, que se déroule Spook Country. Du “speculative presentism”, selon ses propres termes, dans lequel il “essaie d’extrapoler les implications surréelles du passé récent”.

Débarrassé des artefacts science-fictifs traditionnels, Gibson nous livre un roman de science-fiction à l’état le plus abstrait, dans lequel notre présent est si surréel qu’on y déniche, à l’état naturel, le propre de la science-fiction: le sense of wonder.

Ici, comme dans Pattern Recognition, l’intrigue gravite autour d’un mystère dissimulé dans les ombres de notre quotidien, découpé dans le tissu socio-techno-culturel du présent: de l’art alternatif sous forme de réalité augmentée, un énigmatique conteneur intraçable, le spectre incertain des agences gouvernementales américaines.

“Secrets are the very root of cool.”

Quand il ne la met pas au service de succulents articles et documentaires post-modernes, William Gibson affute sa perception aiguisée de notre biotope culturel dans ses fictions. Spook Country, plus que jamais, exacerbe son hypersensibilité aux mutations qui font de notre environnement une superposition de couches de réalités indépendantes.

“The pop star, as we knew her” —and here he bowed slightly, in her direction— “was actually an artifact of preubiquitous media.”
“Of—?”
“Of a state in which ‘mass’ media existed, if you will, within the world.”
“As opposed to?”
“Comprising it.”

Sous le couvert d’un cynisme baudrillardien, Gibson révèle, méthodiquement, les contradictions sur lesquelles reposent notre société. Plus fasciné qu’engagé, il lie la perte de repère, la fracture culturelle, à la politique et au 11 septembre, comme si cette date traumatisante signifiait la fusion finale de la fiction avec le réel.

“Are you really so scared of terrorists that you’ll dismantle the structures that made America what it is? [...] If you are, you let the terrorist win. Because that is exactly, specifically, his goal, his only goal: to frighten you into surrendering the rule of law. That’s why they call him ‘terrorist.’ He uses terriying threats to induce you to degrade your own society.”

Mais le terrorisme ne représente qu’une des nombreuses facettes de Spook Country. L’intrigue se balance entre les trois trames du récit avec une telle vivacité qu’elle semble souvent prendre vie comme un personnage à part entière. Les vrais protagonistes n’en sont pourtant pas plat pour autant; au contraire, ils dégagent un mélange très réaliste de maturité et de doute, lourdement assumé.

Inchmale had always been balding and intense, and Inchmale had always been middle-aged—even when she first met him, when they were both nineteen.

Plus indéniable encore, le style de Gibson atteint ici des sommets: le rythme, la simplicité, le cynisme des adverbes, le chant de la virgule hâchée, le phrasé inattendu et impossiblement élégant. Le délice seul de la lecture suffirait à justifier ce nouveau roman.

Beyond the box-pile were mountains. Beyond those, cloud. They made Milgrim uneasy, these mountains. They didn’t look as though they could be real. Too big, too close. Snowcapped. Like the logo at the start of a film.

Une richesse narrative qui se retrouve dans les mèmes culturels hypercontemporains qui servent de support au monde de Gibson — qui est aussi le nôtre: plurilinguisme improbable, mélange de traditions ancestrales et d’outils technologiques, omniprésence des marques comme repères cognitifs.

En épurant toujours plus tant le style que le sujet, seule subsiste l’essence pure d’une littérature résolument contemporaine. On pourrait alors reprocher à l’intrigue de n’être, au final, qu’une simple anecdote, mais là n’est pas le propos.

Spook Country est avant tout un témoignage sur l’état fondamentalement instable du présent. Quant aux spectres du titre, ils semblent refléter l’inquiétante incomplétude de nos perceptions, ou notre incapacité croissante d’appréhender la réalité.

They were heading down Clark already, and there, through the Prius’s windshield, were the orange Constructivist arms of the port, differently arranged now, and, after last night, quite differently resonant.

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William Gibson
Spook Country
Putnam Adult
Juillet 2007
384 pages

Ce week-end, à Yokohama, dimanche succédait péniblement à samedi.

Les premières conférences s’éveillaient vers dix heures, au ralenti. L’affluence encore maigre en disait suffisamment sur la soirée de la veille.

Dès la fin de la cérémonie des Hugos, les room parties (fêtes de chambre?) commençaient à chauffer à petit feu pour peu à peu s’engorger d’une foule résignée à célébrer le fandom science-fictif. De toute évidence, les couloirs et chambres de l’hôtel Intercontinental n’avaient pas été conçues pour accueillir telle assemblée, d’où la température rapidement insupportable, qu’on nous invitait à calmer à coup d’alcool fort. Du sake, dans les chambres nippones (la majorité), ou de l’akvavit, dans le coin suédo-norvégien.

Trop de monde, trop d’alcool, trop de fans bruyants et trop peu d’auteurs.

Malgré les effectifs statistiquement internationaux, la foule était en réalité assez nettement scindée en deux groupes: les japonais, et les autres. La barrière linguistique était encore une fois à l’oeuvre, malheureusement. C’était par ailleurs déjà le cas durant les conférences, rarement bilingues, ce qui aura empêché à maintes reprises les curieux de découvrir les recoins obscurs de la SF nippone, débattue en long et en large, mais sans sous-titres.

J’espère de tout coeur que les organisateurs de la WorldCon 2009 à Montréal (félicitations!) y prêteront une attention toute particulière!

Loom Party
Room party sur tatami.

Ce matin-là, donc, pour se mettre l’eau à la bouche, une conf’ discrète en compagnie entre autres de Pat Cadigan, Jire E. Goezen et Takashi Ogawa (traducteur de Bruce Sterling), sur le thème du cyberpunk vu par différentes cultures. En l’occurrence, le Japon, l’Allemagne, les USA et l’Angleterre.

On en retiendra surtout le constat assez frustrant des deux critiques germaniques qui, sans trop simplifier, qualifient la science-fiction allemande contemporaine de daube commerciale, s’inspirant largement des succès anglo-saxons sans jamais même approximer de loin de leur qualité. Une manière peut-être de rattraper le retard acquis durant la Guerre Froide, lorsque le cyberpunk était snobé au profit de classiques venus de l’Est, en grande partie en raison de la qualité lamentable des traductions de l’anglais.

Au Japon, en revanche, le cyberpunk avait rapidement attiré l’attention. Un engouement directement lié au boom technologique qui avait marqué la société en parallèle, ce même boom qui a fait du Japon une culture plus “futuriste” que bon nombre de romans de science-fiction contemporains.

Les grands écarts entre nos différentes cultures expliquent facilement les approches très différentes qu’ont chaque milieu vis-à-vis de la science-fiction. Et plus intéressant encore, chaque pays possède sa propre perception des SF étrangères, souvent assez éloignée de celle des auteurs eux-mêmes.

Petite note pour ceux qui affectionnent cette discussion récurrente: oui, les américains sont parfaitement au courant de l’amour inconditionnel et relativement unique des francophones pour Philip K. Dick. Ou du moins, Pat Cadigan l’est.

Conf' sur le cyberpunk dans le monde
Takashi Ogawa, Pat Cadigan, Jire E. Goezen, un autre allemand aux cheveux verts, et une traductrice.

Chaque conférence crée sa propre dynamique, son propre esprit, en fonction de son thème, de ses invités et de son public.

Celle débattant de l’intégration de la science et de la religion dans la SF&F, par exemple, dégageait un sérieux à traumatiser un théologien en deuil. Une discussion riche, profonde et complexe, enrichie par les avis divergents de ses participants: Robert C. Wilson, clairement trop intelligent, ou Lisa C. Freitag, d’une intensité tragicomique assez effrayante.

L’occasion unique d’entendre des suggestions assez surprenantes, comme celle de “lire la Bible comme un roman de SF” (Wilson); ce qu’il a fait, et de conclure que ce n’est pas de la très bonne SF, trop incohérente et compliquée.

L’occasion, aussi, d’observer une espèce de substrat concentré du public de cette WorldCon, entre la religieuse extrémiste du fond des USA, le couple obèse mais discret qui écoute attentivement en prenant soin de ne pas s’en mêler, et un espèce d’engagé fanatique, borderline autiste, qui alimente et enrichit le débat de propos parfaitement incohérents.

Un sujet évidemment polémique que les auteurs dissèquent avec cet outil inattendu qu’est la science-fiction, démontrant une fois de plus la puissance de cette littérature de l’imaginaire conjectural. Mais un outil néanmoins compliqué, qui emporte le débat sur la limite très fine entre épiphanie et absurdité.

Hall, robot, etc
Un robot fan de science-fiction.

Ailleurs et plus tard, un auditorium bondé accueillait l’interview de Ted Chiang, la star à la biblio aussi flamboyante que rachitique. Son interlocuteur, un physicien japonais, n’a pas manqué pas de le relever, plusieurs fois, dans un anglais laborieux. En fait, Chiang semblait avant tout s’excuser d’un succès qu’il n’avait pas demandé, cherchant lui aussi des mots qu’il doit préférer écrire qu’expliquer.

Ted Chiang
Beaucoup de japonais et un seul Ted Chiang.

La Masquerade conclusive était, pour tout dire, plutôt décevante. Forcément, dans un pays où se côtoient à tout bout de champ des femmes en kimono et des écolières habillées en soubrettes avec des cheveux roses et des pupilles de vampires, il ne suffit pas de se coller trois plumes sur les joues pour faire original. On retrouvait bien quelques design style anime japonais, mais au final, ce n’était guère plus impressionnant qu’un dimanche comme les autres sur le pont de Harajuku. Ou des soirées dans clubs tokyoïtes.

Masquerade: robot
Ou pourquoi les paysans japonais ont peur des robots.

Masquerade: poupées
Ou ce qui arrive quand on joue trop à la poupée.

Une petite consolation suivait toutefois le court défilé: un quatuor de ninjas de démonstration, s’affrontant à l’épée, au double-sabre, au bâton, bref toutes les armes que vous avez vues dans les deux derniers Tarantino, auxquels certains membres de la troupe ont d’ailleurs participé.

Ninjas... or something
Les tortues n’ont qu’à se rhabiller.

La convention terminée, on peut regretter une organisation aussi impeccable qu’impersonnelle, dans un espace n’invitant pas vraiment à la rencontre et l’échange. On aurait aussi espéré une mise en avant plus fière de la science-fiction japonaise et des débats anglo-nippons plus flamboyants. Mais comme on le sait, le mieux est l’ennemi du bien, et Nippon 2007 l’était tout à fait, bien. Et très intéressante, tant par ses débats originaux que ses rencontres uniques et inattendues. Si vous n’en avez pas encore assez vu, rendez-vous sur notre galerie Flickr de Nippon 2007!

Reste maintenant à déguster le butin du week-end, dont le flambant neuf recueil “Speculative Japan: Outstanding Tales of Japanese Science Fiction and Fantasy”.

Cosplay dans les couloirs
Quand Star Trek rencontre la tradition nippone… je vous laisse imaginer la progéniture. Un(e) futur(e) fan de SF!

Zines
Nippon 2007 dans toute sa grande splendeur. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Il doit désormais être de notoriété publique que deux joyeux drilles de l’équipe des Xénos ont rejoint les hordes anonymes de geeks et de nerds pour cette orgie S.-F. qu’est l’annuelle Worldcon. Pour la première au Japon (et en Asie), les organisateurs ont choisi le site de Minato Mirai à Yokohama pour se vautrer dans cette typique ambiance cyberpunk qu’ont pas mal d’endroits au Japon.

Pacifico Yokohama
Le centre de conférences Pacifico Yokohama avec les courbes généreuses de l’hôtel Intercontinental en arrière-plan. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Pacifico Yokohama
Une autre vue du Pacifico Yokohama et de l’Intercontinental. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

En fait, en parlant de hordes, je devrais plutôt parler de petites bandes, car, comme tout le monde s’y attendait certainement, le centre de conférences Pacifico Yokohama ne débordait malheureusement pas de visiteurs, dû notamment au fait que Nippon 2007 était justement au Japon et que la plupart des fans, ainsi que quasi tous les lauréats des divers prix Hugo d’ailleurs, ont financièrement boudé la chose du bout de leurs nez trop éloignés du rêve. L’avantage fut que les auteurs présents étaient bien plus accessibles qu’on aurait pu le penser :

Déjeuner de rêve
Les Xénos bavant autour d’une table de rêve. De gauche à droite: flou artistique, Robert Silverberg (sic !), Patrick Nielsen Hayden (éditeur), Alice (compagne de Cory Doctorow), Cory Doctorow (auteur-bloguer-altruiste), Charlie Stross (auteur), Theefer (collaborateur des Xénos) et Hau Ruck ! (collaborateur des Xénos, invisible et derrière son vieux DMC-FX9).

Sinon, empêtrés dans les mailles extrêmement serrées du truculent programme, nous avons eu la chance de suivre 2-3 discussions très intéressantes dont voici quelques extraits filmés d’une main tremblante d’émotion :

Is science fiction necessary? (montez le son et sortez votre méthode d’anglais, c’est de la faute au DMZ-LX9)
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Discutant du rôle de la S.-F. et de son avenir, on retrouve de gauche à droite: Inge Heyer, la remplaçante de Peter Heck (auteur) dont j’ai complètement oublié le nom, Robert Charles Wilson (auteur, lauréat du Hugo 2006 pour le meilleur roman avec Spin) et Paul Cornell (auteur et source principale des éclats de rire de cette discussion). Vous aurez également remarqué en passant un exemple effarant de la camaraderie qui existe entre les fans et leurs idoles. Cet ancêtre du fandom qui se lève pour ajuster le nom de Robert Charles Wilson est tout simplement émouvant. Merci Nippon 2007.

Mundane or Transcendent? (1ère partie)
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Mundane or Transcendent? (2e partie)
Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Là, le sujet, et surtout son énoncé, était un tantinet plus précis et geeky que le précédent, avec de gauche à droite Patrick Nielsen Hayden (éditeur), Charlie Stross (auteur geek par excellent), Cory Doctorow (auteur-bloguer-altruiste) et Robert Silverberg (auteur-légende old school mais qui a bien tenu la route). Le débat a tourné autour de la S.-F. « mondaine », qui essaie de décrire un futur proche le plus réaliste et plausible possible et la S.-F. « transcendante » qui se consacre à un futur beaucoup plus éloigné avec de nombreux éléments fantastiques moins proches de notre réalité. Avec les occasionnels apartés sur Robert A. Heinlein (?*!!).

42
42. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

On signalera en passant que la Worldcon est également un haut lieu de la mode mondiale.

Cosplay
Le cosplay permet aux moins jolis d’entre nous d’être aussi pris en photo. Photo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Les Hugo Awards
La cérémonie de remise des prix Hugo s’est avérée un chouya bizarre car aucun lauréat, si mes souvenirs ne me jouent pas de mauvais tours, n’était présent à Yokohama. Même pas Vernor Vinge, réceptacle du Hugo du meilleur roman pour Rainbows End. Heureusement que Georges Takei, Ultraman et ses potes étaient là pour nous redonner des guilis dans le slip.

Voici la liste complète des Hugo 2007.


Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007


Vidéo Les Xénobiophiles, 01.09.2007

Sinon, pour conclure, Arte pense apparemment faire un sujet (date encore inconnue) sur la Worldcon pour son émission Tracks vu que les deux reporters qui s’étaient dépêchés sur place ont interviewé vos deux serviteurs sur le parvis de Minato Mirai, en cette belle nuit de 1er septembre. On verra bien l’horreur du résultat :

Les Xénos et Cory Doctorow
Les Xénos au quasi complet, heureux avec Cory Doctorow (tout à gauche, Hau Ruck ! au milieu et Theefer à droite).

Retrouvez toutes les vidéos des Xénos à Nippon 2007 ici.

Neuromancer

Une petite merveille pour finir la semaine en beauté. Une version audio de Neuromancer de William Gibson passée sur les ondes de la BBC les 11 et 18 octobre 2003 :

Vous pouvez l’écouter en ligne ou télécharger les 2 épisodes ici et .

Merci Posthuman Blues.

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Moneta. Photo © Jean-Pierre Vaufrey, 2007

Né à Morteau, dans le département du Doubs, Jean-Pierre Vaufrey vit aujourd’hui à La Chaux-de-Fonds, « la plus gothique des villes romandes » selon les dires d’un ami. Depuis une quinzaine d’années, ce sculpteur — qui cultive l’humilité — expose ses œuvres tant en Suisse qu’à l’étranger (notamment à la Maison d’Ailleurs d’Yverdon et aux Utopiales de Nantes).

Jean-Pierre a travaillé sur l’un des projets de Hans Ruedi Giger : le Garden Ghost Train, un train fantôme privé construit dans le jardin du Maître suisse de l’horreur science-fictive. Il a aussi conçu le bar d’un club de rock chaux-de-fonnier, des décors de films, des costumes de carnaval et une kyrielle se sculptures d’acier dont tous les amateurs de SF rêvent d’orner leur salon.

Bref, découvrez sans plus tarder le site Internet de ce chirurgien de l’acier, de ce magicien du chalumeau, et priez Héphaïstos qu’un jour vous puissiez contempler ses œuvres in vivo.

Pausestivale

16.08.2007

Space: 1999
Photo © lorihighfill, 2007

Voilà, on y est. La fin de l’été approche enfin et les Xénos sont prêts à se relancer de plein pied dans le monde palpitant des tentacules putrides et des barbus du tonnerre.

Vous l’aurez certainement remarqué, les Xénos ont subreptiscement entamé il y a une couple de mois déjà une légère pause estivale trop longtemps tue.

En effet, vos amateurs de corps étrangers préférés ont profité des beaux jours que dame Nature nous a assurés non seulement pour se prélasser dans le stupre mais aussi pour lancer un tout autre projet de blog francophone qui devrait secouer cette partie gauche de la blogosphère parfois trop silencieuse.

Or il est temps maintenant de reprendre du poil de la bête dont la repousse a déjà été assurée par Tifnord l’autre jour. Le prochain grand événement sous les faibles lueurs chaperonnes de Fomalhaut sera le reportage en direct et probablement en image des Hugo Awards lors de la WorldCon 2007 (o1.o9.2oo7) assuré par vos serviteurs Hau Ruck ! et Theefer.

On signalera également en passant les trois derniers épisodes de notre palpitant cousin podcasté utopod :

utopod oo8 – La nuit des chasseurs, de Johan Heliot (4/6 sur l’échelle des guilis)
utopod oo9 + o1o – Huit harmoniques de Lumière, de Joël Champetier (5/6 sur l’échelle des guilis)

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Photo : droits réservés

En 2003, quand il était sorti, Pattern Recognition (en français : Identification des schémas) avait fait un tabac. Une consultante en design de réputation internationale s’y voyait confier comme mission de retrouver le créateur de vidéos diffusées sur la Toile. Son appartement londonien était visité, sa messagerie électronique piratée, le dossier de sa psy volé… et toute la technologie volatile du XXIe siècle lui tombait sur la tête.

Aujourd’hui, l’auteur du Neuromancien revient à la charge avec un tout nouveau roman : Spook Country. Je n’ai pas encore eu la chance de l’avoir entre les mains, mais j’ai préféré avertir nos lecteurs qui lisent l’anglais qu’ils peuvent dès aujourd’hui réserver cet ouvrage qui contiendrait, semble-t-il, une réflexion précise sur l’esprit du temps aux USA. Il est aussi disponible sous forme de livre audio.

Il serait truffé de personnages hauts en couleur : un jeune cubain russologue dont le travail est le transfert d’informations, une journaliste travaillant pour un magazine inexistant, un junkie qui se drogue avec une substance d’origine — manifestement — militaire, un réparateur d’équipements de navigation qui ne dort jamais deux fois à la même place…

Bref, ça sent bon, mais je ne peux pas vous en dire plus, vu que je n’ai pas encore lu le bouquin. Cela dit, vous serez sans doute intéressé(e) par la promo du livre :

Et pour vous procurer le bébé :

spook.jpg

William Gibson
Spook Country
Putnam Adult
Juillet 2007
384 pages

Merci LiLeLa

China Miéville - Perdido Street Station
Perdido Street Station © Gordillo, 2004

Presque jamais jusqu’ici je n’avais dévoré un livre aussi lentement et avec autant de délectation. Jamais ! D’habitude lorsque le 5/6 sur l’échelle des guilis est atteint j’essaie de finir le bouquin aussi rapidement que possible, mais là, avec Looking for Jake, faramineux recueil de nouvelles de China Miéville, musculeux pape du new weird et trop à gauche pour être honnête, je suis tombé de haut, un peu comme Humpty Dumpty dans la chanson ; sauf que je n’avais ni armée ni chevaux royaux pour tenter de me ramasser à la cuiller, juste une boîte de kleenex pour effacer les traces de mon embarras.

En gros, j’ai dû mettre un bon tiercé de mois pour uploader la totalité du tome dans mon cerveau encore trop peu posthumain, juste parce que je n’avais jamais envie que ça se termine, tant la texture, l’atmosphère et les idées de ces textes étaient délectables. Essayez de vous imaginer une raisonnable peufnée de g?y? champur? accompagnée d’un magnum de sh?ch? de patate douce (ou d’awamori pour les plus solides). L’analogie est parfaite. A part peut-être que si on tentait d’ingurgiter du China Miéville, on risquerait bien de se trouver nez à nez avec un relent/mélange âcre de poussière, de graisse de machine, de terreau humide dans la bouche et une forte impression de décalage.

Ô malaise-guili, quand tu nous tiens par la queue du derrière de la next door girl, ça devient carrément de la folie. Aïe.

Après avoir goûté à China Miéville, on en reveut, on en a des cauchemars de milieu de régime dissocié. Et c’est les détails qui en pâtissent. Attention au spoiler, je viens de glisser.

Details
Crackle © alankin

Quatrième de couverture
Step into a London ravaged by unearthly creatures at once utterly alien and chillingly familiar. In China Miéville’s award-winning novella ‘The Tain’, we learn the reason for the invaders’ terrible revenge. In addition to ‘The Tain’, this superb collection contains thirteen short stories, of visionary cityscapes and urban paranoia, ghosts, monsters and impossible diseases. Several of the stories are published here for the first time including one in comic-strip form, illustrated by Liam Sharp.

China Miéville > Looking for Jake
Looking for Jake and other Stories

de China Miéville
Éditeur : Pan Books (Août 2oo6)
Format : Poche – 32o pages
ISBN : o-33o-43418-7

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Photo © No Media Kings & Filmquake, 2007

Après Stranger Things, un nouveau podcast vidéo de science-fiction a vu le jour le mois passé : Infest Wisely. Basé sur un scénario de Jim Munroe, cette série cyberpunk en sept épisodes a comme point de départ l’apparition d’une nouvelle technologie permettant de prendre des photographies avec les yeux et… de guérir le cancer. Mais ça ne s’arrête pas là : les premières personnes à avoir adopté ce nouveau type de rinçage d’œil se voient gratifiés d’aptitudes imprévues. Trois épisodes ont été à ce jour publiés. Comme nous sommes charitables, vous trouverez ci-dessous la bande annonce du film. Bon vidéopodcast.

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Steam Trek

06.06.2007

Steam Trek

Table of Malcontents, excellent blogue souvent cthulhien, nous présente une jolie perle : un remake steampunk et muet de Star Trek, accompagné au piano, c’est donc peu dire :

Steam Trek – The Moving Picture

Merci Table of Malcontents.

La maison maudite
La “Maison maudite”, au 135 Benefit Street – © A la poursuite du paysage des contes de Lovecraft

Votre serviteur est une fois de plus tombé sur une perle rare, mais putride quand même : une autre lecture adaptée d’un texte du Maître Globuleux, La maison maudite, publié en 1928.

Et c’est monstrueusement bien enlevé, avec l’accent anglais torride de Jacques Dufilho en moins.

Pour plus d’horribles informations perdues entre les cuisses d’éons dont nous tairons pudiquement le petit nom, visitez, à vos risques, ces pages endormies :

Texte intégral [gb]
Wikipédia [gb]

utopod 006 > Goûter, savourer, en reprendre

Nos colocataires de l’utopod ont à nouveau sévi avec un épisode oo6 qui se présente comme une geste culinaire, bien goûteuse et juteuse à souhait et qui finit traîtreusement par nous montrer une putride croupe vénéneuse pleine d’une horreur cosmique aux éons non comptés. Pour les moins fragiles du diaphragme d’entre nous.

Ai-je besoin de mentionner que Jean-Pierre Andrevon nappé du fin accent chaux-de-fonnier de l’excellent Philippe Hertig vaut son pesant de cervelle trépidante et un 6/6 sur l’échelle de guilis obtenu bien trop facilement ? Une fois encore, c’est rageant en bien.

utopod 006 > Goûter, savourer, en reprendre, de Jean-Pierre Andrevon
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Illustration © L.A. Times Festival of Books, 2007

Cory Doctorow a eu la bonne idée — cette nuit — de déposer sur Internet Archive l’enregistrement d’une conférence donnée au Los Angeles Times Festival of Books le 28 avril : « Science Fiction: The Road From Here to There ». Les intervenants : Kage Baker, écrivain de science-fiction, de fantasy et d’horreur ; Cory Doctorow, fameux écrivain canadien de science-fiction et grand libérateur des droits d’auteur sur Internet ; John Scalzi, romancier et nouvelliste de science-fiction et de littérature générale.

Cette table-ronde était dirigée par par Harry Turtledove, historien et nouvelliste, maître de ce que l’on a appelé l’alternative history. Chacun des invités a pu parler, à sa manière, et généralement avec beaucoup d’humour, de sa vision du futur et de son usage dans l’écriture science-fictive.

Nous avons notamment retenu cette tirade du volubile Cory Doctorow :

“What we never had is a progressive apocalypse until the singularity came along. So the progressive apocalypse is: things get better and better and better until they get so good that they cease to exist.”

Pour écouter cette conférence, cliquez sur le petit lecteur ci-dessous, d’ac’ ?

Merci Boing2

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En 2003, après quelques faillites à répétition, les éditions Baleine se faisaient racheter par le Seuil. L’année suivante, un seul titre paraissait chez le maladif mammifère marin qui, au travers de la collection du Poulpe, avait lancé auparavant un joyeux (mais inégal) renouveau du polar francophone (aucun auteur n’étant édité deux fois au sein de cette série qui mettait en scène le fameux Gabriel Lecouvreur).

La semaine passée, lors de notre passage aux Imaginales, nous découvrions des bouches de MM. Heliot, Lebeau et Mauméjean que les éditions Baleine lançaient ce mois une nouvelle collection : Le Club Van Helsing (CvH ; il s’agit, vous l’aurez compris, du nom de ce professeur hollandais vampirocide inauguré par Bram Stoker).

Chacun des ouvrages du CvH réveillera un ancien monstre d’origine légendaire, littéraire ou cinématographique, lequel se verra combattu, comme dans un thriller fantastique, par un chasseur appartenant audit CvH. À l’instar des séries étasuniennes, les ouvrages sortiront par saison. Du coup, cinq bouquins à dix euros chacun débarquent ces jours dans les étals de nos libraires favoris (et donc défavorisés) :

    Gold Gotha, Guillaume Lebeau
    Mickey Monster, Denis Bretin et Laurent Bonzon
    Question de mort, Johan Heliot
    Les Griffes de l’ennui, Jean-Luc Bizien
    En Lettres de feu, Maude Tabachnik

Cela dit, inutile pour l’instant d’arpenter la Toile, car à l’heure où tombe ce cyberpapier, ni le site des éditions Baleine, ni la page du Club (coquille vide), ni même l’adresse du Seuil (en travaux) ne présentent lesdits ouvrages. Si votre libraire sent le moisi, armez-vous donc de gélules d’ail, d’un AK-47 à balles d’argent et… de patience.

La concurrence étant ce qu’elle est, votre serviteur, rongé par des seilles de jalousie en ces jours sombres au goût fadasse de fin du web, s’est finalement décidé à vos offrir l’intégralité de cette perle de la science perdue de l’audiobook francophone qu’est Le Monstre sur le seuil lu par Jacques Dufilho dont nous vous entretenions il y a quelques jours.

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Confocal Microscopy, image © University of Delaware, 2004

À tout seigneur tout honneur. Pas plus tard que vendredi passé, notre Administrateur xénobiophilique, Garde des Marches du Levant, Hérault des Armées de l’ombres et blogueur émérite publiait une hagiographie utopodienne digne de la Geste de sire Arzur Pendragon. Rendons-lui la politesse et annonçons l’avènement du plus abominable, du plus suintant, du plus profond et donc hautement passionnant blogue science-fictif : Under Vhoorl’s Shadow (traduisez : « À l’ombre des vieux poulpes en fleur »).

Tout le monde connaît le sieur Howard Phillips Lovecraft, hm ? Dans le doute, je m’en vais tout de même commettre un petit rappel des faits :

Nostr’homme naquit le 20 août 1890 à Providence, dans l’état de Rhode Island (nord-est des États-Unis). Enfant maladif, il fréquenta peu l’école mais lut beaucoup dès son plus jeune âge. Son grand-père se chargea (avec goût) de la construction de son imaginaire en lui mettant entre les mains Les mille et une nuits, L’iliade et L’odyssée et en lui narrant d’inquiétantes historiettes gothiques de son cru.
 
Le petit Lovecraft rêvait de devenir astronome, mais il ne put jamais suivre de formation universitaire, et pour cause : une dépression nerveuse l’empêcha d’achever ses études secondaires. L’impossibilité de parfaire sa formation fut, sa vie durant, une grande source de frustration. Si Lovecraft affûta ses premières armes littéraires en poésie, il se consacra, dès la fin des années 1910, à l’écriture de nouvelles fantastiques.
 
En 1924, il épousa Sonia Haft Greene et déménagea à Brooklyn. Le couple ne parvint pas à faire face à ses difficultés financières ; c’est sans doute de cette époque que datent les conceptions racistes et paranoïaques de Lovecraft, ce dernier ne comprenant pas qu’un homme de « race blanche » tel que lui fût incapable de trouver du travail au milieu d’une population immigrée et… laborieuse. Le mariage ne dura pas et Howard s’en retourna dans le Rhode Island chez l’une de ses tantes.
 
Les années qui suivirent son retour à Providence furent les plus prolifiques de sa vie. Il publia bon nombre de ses œuvres dans les colonnes des pulps, notamment Weird Tales. Bien qu’il produisît à cette époque ses textes les plus fameux, la misère ne le lâcha pas d’une semelle. En 1936, alors que Lovecraft souffrait de malnutrition, on lui diagnostiqua un cancer de l’intestin qui l’emporterait l’année suivante, le 15 mars 1937.

Le maître de Rhode Island est aujourd’hui encensé, adulé malgré ses zones d’ombre (à chacun son Céline), pour avoir créé l’un des plus célèbres mythes modernes : celui de Cthulhu, créature tentaculaire et divinité déchue du lointain système de Xoth. Cela faisait belle lurette que notre Ami Hau Ruck (prononcez « Hhaou’ Rrouqr ») tournait autour du pot lovecraftien, ses doigts le démangeant comme ceux de l’inspecteur louisianais John Raymond Legrasse. L’écho crépusculaire d’une affreuse litanie (Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn !) torturait à tel point son esprit fiévreux qu’il allait à son tour réveiller le titanesque syndic de R’lyeh.

Le frénétique — et néanmoins génial — créateur des Xénobiophiles lança donc, en février dernier et à son corps défendant, un blogue consacré exclusivement aux gargouillis délétères des Grands Anciens. Afin de respecter le sabir dans lequel s’exprimait l’antiprophète de Providence, notre ami oublia la langue de ses ancêtres ; c’est donc en anglais qu’il rappellera régulièrement à l’ordre la horde des adorateurs médusés, hébétés dans la scansion sempiternelle de ce mantra sybillin :

Iä, iä, Chtulhu fhtagn !

Aujourd’hui, heureux d’assister à la naissance d’un nouveau site horrifique, admiratif devant une telle confession de foi, inquiet cependant devant la montée en puissance de la Chose lovecraftienne (tremblez, tremblez, pauvres pécheurs !), je ne peux que vous encourager à risquer vos mirettes under Vhoorl’s shadow, c’est-à-dire dans le coin le plus sombre de la Toile…

Under Vhoorl’s Shadow
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Charlie Stross vient de mettre en ligne sur son blogue l’intégralité d’une conférence donnée par ses impressionnants soins la semaine dernière et reflétant sa vision de notre futur proche :

Shpaing the future

Merci Charlie’s diary.

Dieu existe-t-il ? Certes non, hahaha.

Par contre, ce dont nous n’étions pas encore totalement convaincu jusqu’à hier au sein de la monomaniaque rédaction des Xénos, c’est si le Patron a eu une influence quelconque dans toute cette histoire rocambolesque bien de chez nous. Et, hélas, là non plus ce nouveau miracle du Swiss Dream n’est pas le résultat d’un heureux coup de soufre d’en-bas.

Pourtant nous sommes bien en face d’une catastrophe naturelle, d’un incroyable chamboulement climatologique, d’une fenêtre béante sur l’abîme de notre petit à petit quotidien. Si, si ! Croyez-moi ! Et vous allez même en pleurer. De joie sûrement, de jalousie peut-être.

Voici la bête :
utopod

Tifnord, notre Grand Chambellan du Permafrost, fidèle gardien du bon goût au sein de l’équipe des Xénos, s’est associé à un autre larron gaga de S.-F., fantastique et fantasy (l’horreur reste le chouchou exclusif des Xénos, heureusement), Lucas Moreno, bien connu dans des milieux aussi variés que la traduction de genre ou encore la modération de mailing lists sauvages, pour nous pondre utopod, la perle qui manquait si douloureusement au monde de la S.-F. de chez nous : un podcast francophone des littératures de l’imaginaire.

Ce qui signifie tout bonnement qu’Escape Pod a pensé à la postérité et engendré un rejeton digne de son prestige (et qui le toise déjà presque de haut). Enfin autre chose que la voix rauque et nasillarde de Scott Sigler ou la verve soporifique de l’hôtesse de Pseudopod pour agrémenter mes pérégrinations matinales vert-rose !

On le croira difficilement, mais malgré un vernissage officiel daté du 9 mai dernier, l’orgie a déjà commencé avec pas moins de 5 épisodes en ligne (une intro plus deux nouvelles brutalement hachées par la moitié), prêts à lécher sans gêne l’intérieur de vos oreilles cireuses et vous laisser un arrière-goût amer qui semble dire : « Mais où en était la S.-F. francophone avant utopod ? ».

Votre petit cœur palpitant d’émerveillement puceau va ainsi pouvoir allégrement balancer entre La faim du monde, de Xavier Mauméjean (6/6 sur l’échelle de guilis), et Les noces d’orage, de Jonas Lenn (4/6, parce que c’est quand même de la fantasy à cornes légèrement moralisante sur la fin).

Conclusion : les Xénos vous recommandent bien entendu et tout vivement de vous abonner à utopod sans hésiter et d’encourager l’altruisme sans bornes de ces pôvres bougres d’un sous ou deux. Sous peine de vraies menaces en ces mêmes colonnes.

http
rss + podcast
dons

Manifesto
Lucas Moreno et Marc Tiefenauer ont le plaisir de vous annoncer la naissance de leur toute nouvelle émission audio consacrée à la science-fiction, au fantastique et à la fantasy :

utopod
podcast francophone des littératures de l’imaginaire
www.utopod.com

En clair, nous offrons périodiquement à nos auditeurs des lectures à voix haute de nouvelles relevant des genres de l’imaginaire. Vous y retrouverez les plus grands auteurs francophones du moment.

Utopod est un podcast, c’est-à-dire une émission diffusée via Internet à laquelle on s’abonne totalement gratuitement en quelques clics à peine. Vous trouverez la marche à suivre ici :

www.utopod.com/abonnement

Pour en savoir davantage sur notre concept, vous pouvez écouter notre émission inaugurale ou visiter notre site (www.utopod.com) : une mine d’informations vous y attend.

Les émissions 001 à 005 sont d’ores et déjà disponibles, avec des textes de Xavier Mauméjean et de Jonas Lenn.

Une petite merveille audio pour vos feuilles verdoyantes, chers fidèles. Jacques Dufilho lisant Le Monstre sur le seuil de H. P. Lovecraft (le fichier audio n’offre malheureusement que la première partie du texte). Et le mieux, c’est quand même bien les efforts que le pôvre Jacques fait pour tenter de prononcer les topo/patronymes correctement en anglais. Et il est beau son accent à Jacques. Je vous recommande tout particulièrement son fascinant « Miskatonic » :

Le Monstre sur le Seuil – H.P. Lovecraft – Jacques Dufilho

dufilho.jpg

Merci Under Vhoorl’s Shadow.

Vous aimez la Seconde Guerre Mondiale ? Les méchants robots en images de synthèse qui cassent tout ? King Kong sans les poils jetant des camions à tout va ?

Code Guardian, de Marco Spitoni, est fait pour vous :

1re partie

2e partie

Manifesto
“Finally, Code Guardian is here!
After almost five years of wait and hard work in my spare time, my last short movie project is available.
I wish to warmly thank everyone who helped”

Merci Boing2.